C. Escaut oriental
100 parties d'eau contiennent:
Matières
solides.
Acide
sulfurique
Chaux
Magnésie.
Chlore.
Poids
spécifique
Devant Veere
" Kortgeene
// Zierikzee
// If
Dans le canal de
Wemeldinge
Devant Stavenisse
// Yerzeke,banc
d’huîtres
U Tholen
// Bergen op Zoom e. h.
Dans la Mosselbreek,
à St Phüipsland
Devant Bruinisse
Dans le tableau D est donné le rapport entre Teau de mer et Teau de rivière, calculé d'après la proportion moyenne des matières solides, de l’acide sulfurique , de la magnésie et du chlore. Eau de rivière signifie ici eau pure.
100 parties d’ean de TEscaut oriental contiennent:
Eau de mer- Eau de rivière.
Devant Veere e. h 100 0
// Kortgeene e. h 100 0
// Zierikzee e. h 100 0
Dans le canal deWemel-
dinge e. b 100 0
Devant Stavenisse e. h 100 0
// Yerzeke, banc
^ d’huîtres e. h 98,48 1,52
// Tholen e. h 98,40 1,60
// Bergen op Zoom e. h 97,28 2,72
Dans la Mosselbreek de
St. Philipsland e. h 87,88 12,67
Devant Bruinisse e. h 87,76 12,24
Les résultats communiqués établissent que devant Veere, Kortgeene et Zierikzee la proportion des matières dissoutes est presque exactement la même, aussi bien à marée haute qu’à marée basse, et que Teau doit y être regardée comme de Teau de mer pure.
Devant Stavenisse, lorsque Teau est haute, elle ne renferme pas non plus une quantité appréciable d’eau de rivière, tandis que pendant le reflux le mélange d’une petite quantité d’eau douce se fait sentir. Le fait s’explique par la circonstance qu’un peu d’eau du Krammer descend jusqu’à Stavenisse à l’heure du reflux, pour être de nouveau refoulée quand la marée monte.
Dans le canal de Wemeldinge, en eau haute, il n’y pas de
trace sensible d’eau de rivière ; en eau basse on constate le mélange d’une très petite quantité d’eau fluviale.
Près de Yerzeke, l’analyse accuse la présence constante d’une très faible quantité d’eau de rivière, quantité un peu plus grande à marée basse qu’à marée haute.
Près de Tholen, la composition de l’eau est à peu près la même qu’à Yerzeke.
A Bergen op Zoom , la quantité d’eau de rivière , en eau basse , est notablement plus grande que devant Tholen et Yerzeke. Cette eau de rivière ne peut donc pas venir d’une de ces dernières localités, mais doit, selon toute probabilité, être attribuée à des canaux qui débouchent ici , du moins en tant qu’elle ne tire pas son origine, comme dans les autres localités , de l’eau de la Meuse déviée jusqu’en ces parages. Même ici toutefois, la quantité en question n’a pas encore grande importance.
Au premier abord, les résultats relatifs à l’eau de la Mosselkreek de St-Philipsland paraissent très surprenants, vu qu’ici le maximum de richesse saline observée ne coïncide pas avec le flux , mais avec le reflux, de sorte que, à l’inverse de ce qui a lieu ordinairement, l’eau tient en mélange une plus forte proportion d’eau de rivière lorsqu’elle est haute que lorsqu’elle est basse. Peut-être le fait doit-il s’expliquer en admettant que, à marée descendante , de l’eau de l’Escaut oriental , passant devant Tholen , par l’Eendragt, s’écoule par la Mosselkreek; taudis qu’à marée montante, de l’eau du Krammer est refoulée dans cette crique; celle-ci, lors du reflux, serait donc remplie principalement par l’eau plus salée de l’Escaut oriental , et lors du flux , au contraire , principalement par l’eau de la Meuse, moins riche en matières salines. Cette explication est confirmée par le fait que la proportion de sel, dans la Mosselkreek, est, en eau basse, à peu près la même que celle de l’Escaut oriental, et, en eau haute, sensiblement égale à celle qu’on trouve dans le Krammer, à Bruinisse.
Près de Bruinisse, l’eau est mélangée d’une beaucoup plus grande quantité d’eau de rivière que dans l’Escaut oriental, et sa composition n’est presque pas affectée par les changements de hauteur de la marée.
De Tensemble des résultats précédents on peut tirer la conclusion que TEscaut oriental ne doit plus, aujourd’hui, être considéré comme une bouche fluviale, attendu qu’il ne livre plus passage à de l’eau de rivière. Il faut y voir plutôt un bras de mer qui s’insinue entre les terres ; à sa partie postérieure , il y pénètre bien un peu d’eau douce, mais celle-ci reflue, mêlée d’une forte proportion d’eau de mer, par les mêmes voies qui l’ont amenée.
Les résultats du tableau D ont été inscrits sur la carte, pour qu’on puisse en saisir l’ensemble d’un seul coup d’œil.
E. Krammmer et Haringvliet,
100 parties d’eau contiennent:
Matières !
solides.
Acide
sulfurique
Chaux.
Magnésie.
Chlore.
Poids
spécifique
Devant Herkingen e. h.
Onde Tonge e . li .
Ooltgensplaat e . h ,
Hellevoetsluis e . h .
Middelharnis e, h.
Stad aan ’t Haringvliet e. h.
Pour déduire de ces nombres le rapport entre l’eau de mer et l’eau de rivière, tel qu’il est donné dans le tableau suivant F, j’ai dû procéder un peu autrement que dans les cas antérieurs, et cela pour la raison que voici. Dans la plupart des localités indiquées, l’eau de rivière domine fortement; surtout la chaux, principal élément salin de l’eau de rivière, se trouve, comparativement aux autres éléments, en proportion plus considérable, ce qui se fait d’autant plus sentir que l’eau de mer contient relativement peu de chaux, l’eau de rivière, au contraire , beau-
coup. La proportion de magnésie et d’acide sulfurique est aussi légèrement augmentée par les éléments appartenant à Teau de rivière. En général , ce sont les éléments représentés en petite quantité dans Teau de mer qui ont éprouvé une augmentation, tandis que la proportion de chlore et la somme des matières solides ne se montrent pas sensiblement influencées par des éléments faisant partie de Teau de rivière. Au lieu de calculer la proportion d’eau de mer d’après l’ensemble des éléments particuliers, on approchera donc plus de la vérité en prenant pour base du calcul seulement la somme des matières solides et la proportion du chlore ; en conséquence , c’est cette dernière méthode qui a été suivie pour obtenir les résultats du tableau F.
100 parties d’eau du Krammer et du Haringvliet contiennent:
Eau de mer. Eau de rivière
Devant Herkingen e. h 87,26 12,74
// Onde Tonge e. h 46,26 53,74
// Ooltgensplaat e. b 54,07 45,93
// Hellevoetsluis e. h 38,61 6], 39
// Middelharnis e. h 36,04 63,96
// Stad aan ’t Haringvliet e . h 30,09 69,91
On voit, par ces résultats, qu’à Herkingen l’eau de îner n’est que faiblement diluée par de l’eau de rivière. Même à marée basse, la quantité d’eau de rivière en mélange n’est pas beaucoup augmentée; il faut remarquer, toutefois, que le 28 septembre, au moment où l’eau fut puisée , le reflux était très peu prononcé.
En remontant le Krammer, on trouve qu’à Oude Tonge l’eau de rivière est déjà dominante, et qu’elle l’est beaucoup plus lors du jusant que lors du flot.
Près de Ooltgensplaat, bien que ce point soit situé plus en amont sur le Volkerak, la proportion de sel est, contre toute
attente, plus élevée qu’à Oude Tonge; il y a donc ici, de nouveau, plus d’eau de mer dans le mélange. Cet accroissement de salure pourrait s’expliquer en admettant que de l’eau de mer de l’Escaut oriental pénètre dans le Krammer et s’y fait sentir jusqu’à Ooltgensplaat ; mais cette hypothèse ne rend pas compte du fait que la proportion de sel est plus grande à Ooltgensplaat même à marée basse. Il semble donc plus probable que ce n’est pas un afflux d’eau de mer à Ooltgensplaat , mais un afflux d’eau douce à Oude Tonge, qui occasionne l’infériorité de salure près de cette dernière localité, et cet apport d’eau douce ne peut provenir que des écluses qui déchargent près de Oude Tonge l’eau des polders. Mais cette évacuation n’ayant lieu qu’à marée basse, elle ne nous fait pas comprendre pourquoi , même à marée haute, le degré de salure est moins élevé à Oude Tonge.
Si l’on admet à la fois les deux hypothèses, celle d’une décharge d’eau douce, comme cause de la salure plus faible devant Oude Tonge à marée basse, et celle d’un afflux d’eau de mer venant de l’Escaut oriental, comme cause de la salure plus forte devant Ooltgensplaat à marée haute , la différence de salure observée se trouve expliquée complètement.
Abstraction faite des modifications , d’ailleurs peu considérables, qui résultent des deux causes mentionnées, on peut dire que dans le Krammer l’eau de mer prédomine fortement vers la partie inférieure, tandis que de Oude Tonge à Ooltgensplaat l’eau de rivière a déjà le dessus.
Dans le Haringvliet l’eau contient , en moyenne , environ un tiers d’eau de mer et deux tiers d’eau de rivière ; en aval un peu plus de la première , en amont un peu plus de la seconde.
En résumé, ces recherches nous apprennent donc dans quelle mesure l’eau de rivière, provenant en partie de l’Escaut et en partie de la Meuse, se mêle, par l’effet des marées, près des localités indiquées, avec de l’eau de mer; de quelle source dérive l’eau de rivière qui entre dans le mélange , et quelles sont les directions suivies par le courant dans les estuaires de la Zélande , en résultat du conflit des marées avec l’eau charriée par les fleuves.
Middelboürg , juillet 1874.
SUR