‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 17 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

de la vibration. Mais, précisément pour cette raison, M. Mach, avec sa formule , ne peut pas substituer à un mouvement de niême vitesse de A et de B un courant en sens opposé ; A et B restant en repos, un simple courant, ainsi que je Tai déjà fait remarquer à Tart. 16, transportera bien certainement avec plus de rapidité les ondes dont il s’est chargé, et les fera se succéder pour l’observateur suivant un rhythme accéléré. M. Mach a pris trop de liberté avec les formules de Doppler , et , dans son désir de réfuter M. Petzval, il est allé plus loin que son maître.

M. Mach invoque dans ce Mémoire les expériences de M. Fizeau^), qui ont montré que le mouvement dans lequel des prismes de verre sont entraînés avec la Terre augmente la déviation du plan de polarisation du rayon réfracté par ces prismes.

Ces expériences forment le complément de celles que l'auteur avait déjà faites sur l’eau en mouvement et que nous avons citées plus haut ; elles prouvent pour les corps solides ce que les précédentes avaient établi pour les liquides, savoir, que l’éther est entraîné par les corps matériels conformément à l’hypothèse de Fresnel. Or, quelles que soient ks conséquences qui découlent de là, bien certainement on n’en conclura pas que la direction du rayon transmis est changée par le mouvement de la Terre.

Quant à l’expérience avec les miroirs à interférence de Fresnel, que M. Mach propose ensuite, il n’y a, ce me semble, d’après la propre théorie de Doppler , rien à en attendre , puisque l’observateur et les miroirs possèdent des vitesses égales, et que par conséquent l’un des mouvements est compensé par l’autre. Si l’expérience ne donne aucun résultat, cela importera donc peu pour la question en litige.

Enfin, je ne puis laisser passer sans protestation l’assertion

*) Comptes rendus, T. XLIX, p. 717. 1859. Voir Faye, C.R., T. XLI^, p. 870 et 993, et T. L, p. 121, 1860. Voir aussi: V Ânnalen , B. CIX,

p. 162, et Tessan, C. R., T. XLIX, p. 980, et T. L, p. 78.

Comptes rendus, T. XXXIII, p. 319. 1851. Poggend. Annaleti, Brgànzungsband III, p. 457. 1853.

DE LA PROrOSITION QUE LA REFRACTION DES RAYONS, ETC. 75

suivante ^ ) : „Pour un corps en mouvement , non -seulement la direction de la réflexion devient autre, mais la longueur d’onde est également changée, comme on Ta constaté dans les expériences bien connues faites sur les chemins de fer.” Evidemment il s’agit ici des expériences de MM. Buys Ballot et Scott Bussel, que j’ai déjà rappelées précédemment; mais, s’il en est ainsi, je dois déclarer ne pas comprendre comment , de la surélévation du ton , constatée par l’observateur au repos ou en mouvement, on peut conclure à un raccourcissement de la longueur d’onde dans l’air. Rien n’autorise à attribuer à ce phénomène, qui s’explique si aisément par l’arrivée accélérée d’impulsions de condensation successives sur un ensemble circonscrit , la valeur d’un argument péremptoire dans une question aussi importante de la théorie des ondes.

Dans une dernière Notice^), M. Mach décrit un appareil à cylindres métalliques, qui doit donner une représentation de la manière dont une impulsion se propage. Cela semble indiquer que l’auteur part encore de l’idée qu’une impulsion peut cheminer comme telle dans un milieu élastique indéfini ; or, l’impulsion de condensation ou de dilatation dans l’air , dont on parle si volontiers , n’est partout et toujours qu’une expression abrégée pour un phénomène sommatoire, — la poussée d’onde, — qui naît des vibrations de milliers de molécules, lesquelles vibrations n’ont même pas besoin de correspondre toutes à une même longueur d’onde ; si effectivement les longueurs d’onde diffèrent, ou si les molécules sont assujetties simultanément à des vibrations de durées différentes, l’impulsion sommatoire se désagrège -dès la vibration suivante, preuve de son instabilité propre.

Ni Doppler, ni aucun de ses partisans ou de ses adversaires n’ a jusqu’ici mis bien en lumière que l’explosion ou l’impulsion [condensation ou dilatation pour le son) ^ dont il est toujours question y ne

Cari, Repertorium der Phÿsik , B, III, p, 324, et Fortsçhritte der Phpik , B. XXIV, p. 237, Berlin, 1872.

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