‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 18 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

peut être transportée que par des vibrations ^ et que la durée de ces vibratmis est tout à fait arbitraire ^ sans le moindre rapport nécessaire avec la durée de la vibration fixe de la source sonore qui fournit éventuellement V impulsion. Et la structure de l’oreille, et la construction des instruments musicaux employés dans ces expériences autorisent cette , interprétation , puisque toutes les condensations et les dilatations émises par l’instrument, et dont les temps sont réglés par les maxima d’écart ou de vitesse des vibrations fixes successives, n’ont besoin d’agir chacune qu’une seule fois sur l’oreille, savoir, par la première poussée sommatoire.

Je termine ici mes remarqnes sur une période pendant laquelle une discussion souvent passionnée a été soutenue, uniquement parce qu'on avait attribué à un phénomène très simple d'excitation de vibrations fixes un degré d'importance qu'il ne comportait pas, et qu'on s'était par là fourvoyé dans les questions fondamentales concernant la propagation des vibrations. Dans l'ardeur de la lutte, on ne prit pas le temps d’appliquer la règle d’or: quibene distinguit bene docet , et on tomba ainsi dans une inextricable confusion des idées d'impulsion, d'onde, de poussée d’onde, de vibration, etc. Ce n’est pas sans raison que le ton satirique fut plus d’une fois employé par M. Petzval; mais lui-même ne sut pas échapper au courant général et y fut entraîné malgré tous ses efforts. Les erreurs qu'il commit, lui et l’analyse elle-même ont dû les expier chèrement , par le persifflage auquel son travail d’ailleurs si distiugné fut en butte de la part de ses adversaires , persifflage déplacé, mais que, de son côté, il avait provoqué trop légèrement.

Pour montrer à quel point la conception de Doppler avait jeté des racines profondes, je citerai encore cette seule ligne des Fortscliritte der Physilc fur 1861 ^): „ En présence de la simplicité et de l’évidence de la théorie de Doppler, nous croyons etc.” La simplicité, certes, on ne saurait la refuser à l'explication à donner des expériences de Buys Ballot, Scott Russel, Mach et

autres, qu’on apporte à l’appui des vues de Doppler'; mais ces expériences n’ont rien à faire avec la théorie de la transmission instantanée de la vibration de la source au milieu et du changement de longueur de l’onde , théorie qui est encore aussi dépourvue de preuves et de fondement que le jour où elle a pris naissance.

24. Après les développements où je suis déjà entré, on prévoit facilement quelle doit être l’explication vraie de ces expériences sur les voies ferrées. Tout comme le tuyau à anche de M. Mach , les instruments employés pour produire le ton , savoir des instru-, ments à vent, expulsent, principalement aux instants de l’écart maximum de l’anche, des quantités d’air relativement assez grandes , — à peu près de la même manière que , dans la sirène de Seebeck, on lance un volume d’air, au moyen d’un tuyau de plume , à travers la petite ouverture qui passe devant Jui ; cette expulsion d’air est d’autant plus considérable que la vibration de l’anche a une amplitude plus grande. Les particules de ces volumes d’air ont des vibrations propres, tout à fait arbitaires, par lesquelles la poussée sommatoire ou l’impulsion de condensation progresse , à la façon du cercle produit à la surface de l’eau par la chute d’un caillou. Il est probable que les vibrations ainsi excitées sont très diverses et de durées très différentes, comme cela est le cas partout où de l’air vient se briser contre un bord tranchant ; ces vibrations peuvent bien persister pendant un temps fort court , mais très certainement elles ne fourniront pas à l’oreille ou à quelque autre objet une seconde impulsion intégrale de condensation, parce que les croupes de leurs ondes se séparent aussitôt entre elles, par suite de la différence de longueur de ces ondes. L’anche , en sa qualité de bord tranchant , contribue ici à exciter ces vibrations; elle peut même très bien y faire une place prépondérante au ton dans lequel elle vibre , mais , pour l’explication du phénomène, cela est entièrement indifférent.

Ces expulsions d’assez grands volumes d’air ont lieu suivant un rhythme marqué par le ton de l’instrument, et les points de l’espace d’où elles partent sont réglés par le mouvement de la source. Portées , pour ainsi dire, par les vibrations , ces impulsions

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