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V. s. M. VAN DEU WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

que nous n’ayons pas à nous occuper ici de ses variations.

Peut-être parviendra-t-on plus tard à vérifier, par une sorte à! experimentum crucis , l’explication que je viens de donner; il suffirait, pour cela, de s’assurer si les expériences de M. Fizeau sur l’interférence avec de grandes différences de chemin, qui exigent un grand nombre de vibrations parties successivement du même point de l’espace, réussissent aussi bien avec la lumière de l’étincelle électrique qu’avec la lumière émise par d’autres sources , spécialement quand le rayon suit la direction du mouvement de la source.

34. Pour ce qui concerne la manière dont les vibrations de la source lumineuse sont transmises à l’éther ambiant , et la manière dont les choses se passent aux surfaces limites, voici l’idée que je m’en fais. Chaque molécule lumineuse de la source lance en tous sens dans l’éther ses vibrations courantes, que les molécules de l’éther de la source même , rangées autour d’elle et exécutant peut-être les vibrations fixes , transmettent sans altération , d’après le principe de la superposition des petits mouvements , jusqu’aux surfaces limites, où elles passent à l’éther libre. La similitude et le parallélisme des orbites de toutes les molécules vibrantes primaires contribuent sans doute beaucoup à rendre la superposition facile; la différence de phase et peut-être aussi la différence d’amplitude, entre la vibration fixe dont une molécule est déjà animée et la vibration courante qui s’y superpose, deviennent seules plus grandes à mesure que la molécule considérée est située plus près des surfaces limites et nodales.

Si donc la particule lumineuse, foyer circonscrit de vibrations, possède un mouvement de translation , alors , à raison de la multitude des molécules dont elle se compose , la place de chaque molécule emportée est immédiatement prise ' par une autre , qui remplit exactement le rôle de centre d’émission joué par la première. L’amplitude seule de la vibration changera graduellement dans cette source d’une molécule à l’autre, et sera par conséquent aussi sujette à de petites variations dans la vibration courante. A l’endroit précis des lignes et des surfaces nodales, si elles

existent, se produirait un écart de phase d’une demi-circonférence , par suite duquel une seule vibration courante deviendrait impossible; mais comme, sur ces lignes ou ces surfaces et dans leur voisinage, l’amplitude de la vibration est égale à zéro, nous n’avons pas à en tenir compte ici. Peut-être toutefois, en cas d’existence de pareils nœuds , avons-nous à attendre , après chaque suite de milliers de vibrations d’une intensité progressivement croissante et décroissante, un écart de phase d’une demi-circonférence dans le rayon lumineux.

Selon ma manière de voir , malgré le déplacement de la source , les impulsions différentielles transmises à l’éther trouvent donc toujours, dans le point même d’où elles sont parties, l’appui continu dont elles ont besoin pour leur propagation -intégrale. Peu importe que la molécule de la source, qui donne cet appui , change d’instant en instant, pourvu seulement qu’au moment voulu il en parte Juste la phase ou l’impulsion convenable. Ne sommes-nous pas habitués , dans la théorie des ondes , à considérer séparément le mouvement et la molécule qui en est le support ? L’onde progresse ; mais les molécules qui la portent ne participent pas à cette progression.

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