V. s. M. VAN ÜER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ
d’où partent, exactement au même instant, ces vibrations concordantes en phase et en durée. — Un rayon de lumière homogène est pour moi un ensemble complexe; à chaque instant arrivent en chaque point une multitude de vibrations à phases et amplitudes diâerentes , qui , conformément au principe de la superposition , conservent toutes une existence indépendante; et l’intensité du rayon est l’intensité totale de toutes ces vibrations , en tant qu’elles ne se contrecarrent pas par interférence. — A mesure que la source avance , des centres de vibrations se perdent en arrière et d’autres se forment en avant. Composons par la pensée toutes ces ondes ou vibrations en une seule; nous obtenons alors une onde ou poussée d’onde résultante, qui, si la source restait en repos , avancerait avec la vitesse de propagation ordinaire et aurait ses croupes à la distance normale, mais qui maintenant change continuellement d’anomalie , et chemine le long du rayon non-seulement avec la vitesse normale de propagation , mais , de plus , avec la vitesse de la source; par là, ses croupes se succéderont plus vite, précisément comme les poussées d’onde de Doppler. En arrière, par contre, les croupes s’écarteront davantage, suivant la même loi. Mais toutes ces vibrations, que chaque molécule d’éther située sur le rayon exécute à la fois, qui se traduisent en sinusoïdes, et qui sont et restent tout à fait indépendantes les unes des autres, conservent invariablement la même longueur d’onde et la même période. , — Je nie formellement qu’il soit permis de regarder ces vibrations comme fondues en une vibration unique résultante, parce que l’anomalie et l’amplitude de cette vibration résultante changeraient d’instant eninstant. — Tout ce que je viens de dire par rapport au renouvellement continu des centres de vibration , n’a cependant de signification absolue que pour le rayon visuel qui coïncide avec la direction de translation de la particule lumineuse ; pour toutes les autres directions , il dépend de la forme de cette source et de ses dimensions perpendiculaires à la direction de translation, si l’on peut encore parler d’un tel renouvellement continu.
Une partie de la force vive de la source s’éparpillera probable-
ment en vibrations spontanées , et se dissipera sous forme de lueurs indéterminées. On peut même concevoir un déplacement assez rapide pour que toute lumière primaire cesse de nous arriver , non , comme le dit quelque part M. Petzval, parce que la longueur d’onde deviendrait infiniment petite, mais parce qu’aucune molécule de l’éther en repos ne serait plus capable de recueillir intégralement la vibration primaire de la source. Si l’on se refusait à admettre la' transmission de la vibration sans changement de période , telle que j’ai essayé de l’établir, je contesterais hardiment, de mon côté , qu’aucune autre vibration d’une durée déterminable d’avance , comme le veulent MM. Petzval , von Ettingshausen , Klinkerfues , etc., puisse être transmise à l’éther; cette opinion, je suis persuadé que je ne serais pas seul à la soutenir.
La même complexité que le rayon présente dans le cas du mouvement de la source, il la possède aussi déjà, à certains points de vue , dans le cas du repos. Avec ces rayons lumineux composés, tous les. phénomènes qui font appel à la durée des vibrations élémentaires, ceux d’interférence, de diffraction, de réflexion, de réfraction, etc., resteront d’ailleurs, j’en ai la certitude, également faciles à expliquer, soit que la source demeure fixe, soit qu’elle se déplace.
D’autres causes que celles signalées jusqu’ici peuvent contribuer à donner cette complexité au rayon; je crois, en effet, que la matière lumineuse déplacée laisse encore , après son départ , l’éther dans un état de vibration fixe pendant une courte durée. La première de mes raisons , c’est qu’il est difficile de comprendre comment cet éther abandonné, qui, d’après Fresnel, vient de sortir de la source lumineuse , pourrait retomber instantanément , en ce qui concerne sa vibration, dans un repos absolu. Ma seconde raison, d’une nature plus expérimentale , c’est que l’œil a indubitablement besoin , pour donner naissance à une perception, de plusieurs vibrations successives parties du même point; or, si la masse animée de vibrations fixes concordantes se meut, par exemple, dans une direction perpendiculaire au rayon visuel, elle change à chaque instant de place pour l’œil , et néanmoins nous la voyons en chaque