‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 30 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

lions différentes, soit que Ton dirige la ligne visuelle sur le milieu de A B ou sur* quelque autre point. Dans nos expériences d’interférence, il est vrai, nous faisons agir de concert des surfaces d’onde dont les normales divergent entre elles; mais alors, ou bien ces normales sont ensuite rendues parallèles par la réfraction , ou bien les phénomènes sont observés sur un écran , c’est-à-dire , dans une lumière diffuse , qui naît en quelque sorte de vibrations fixes des particules de l’écran et où les rayons interférents dispersés ont de nouveau des normales parallèles. En outre il n’y a absolument rien qui nous lie au point ci-dessus déterminé, comme origine de la vibration enroulée; nous aurions pu prendre tout autre point sur la ligne A B ou en dehors d’elle , ce qui aurait entraîné une autre valeur pour le changement de la durée de vibration. Au sujet de l’indétermination de la direction dans laquelle la source lumineuse sera vue , ce qui a été dit pour l’idée primitive de Doppler s’appliquerait encore beaucoup mieux ici ; il est inutile de le répéter. En résumé, on voit donc que la théorie dite ,

partie d’une abstraction en ce qui concerne la source lumineuse , doit maintenant faire encore abstraction de toutes les directions autres que celle dans laquelle la source se meut.

38. Similitudo clàudicat , dit-on ; cet adage est parfaitement de saison , lorsque , pour montrer comment des chocs ou des pulsations isolées se transmettent dans un milieu élastique, homogène et indéfini, on nous cite des phénomènes tels que ceux offerts par des billes élastiques ou par les cylindres de Mach. Dans ces deux exemples, en premier lieu, il n’est question que de transmission suivant une seule ligne droite ; dans un milieu homogène indéfini , au contraire, la transmission se fait d’une manière égale en tous sens , et toutes ces directions sont solidaires entre elles ; en d’autres termes, les impulsions doivent ici se distribuer selon des enveloppes sphériques. Mais, ce qui est tout à fait décisif, c’est que l’impulsion, en quelque point du milieu qu’elle se trouve, doit partout se propager aussi bien en arrière qu’en avant. Si en ap-

parence, comme partie intégrante d’une vibration qui émane d’un point fixe, elle ne rétrograde pas, cela tient à la successsion régulière des autres impulsions difîerentielles venues du même point. Sans doute , je ne puis pas en appeler ici au retour du choc qui , dans le cas de la série de billes, a lieu après que la dernière s’est soulevée ; car on m’objecterait que c’est là une conséquence de la limitation du système. Mais alors aussi il faut convenir qu’une douzaine de billes élastiques pesantes, suspendues à des cordes l’une à côté de l’autre, sont une bien singulière représentation d’un milieu élastique indéfini.

Si l’on avait considéré de plus près cette expérience des billes , on aurait remarqué, en second lieu, que la transmission visible du choc repose sur une vibration courante des molécules des billes. Enfin, à chaque point de contact entre deux billes consécutives , il s’opère, au moment de l’ébranlement, un partage de la force vive du choc, une moitié se communiquant en arrière , l’autre en avant; la première des deux billes reste au repos, précisément parce que la force vive en recul détruit l’autre moitié de la quantité de mouvement, celle que la bille avait conservée. Ces billes ne prouvent donc nullement qu’un choc isolé puisse se transmettre , sans division et suivant une seule direction, dans un milieu indéfini. La science n’a rien à gagner à des comparaisons aussi superficielles.

39. Similitudo claudicat ; cela me fait hésiter à produire , à l’appui de mes idées, des phénomènes qui ont rapport au son. Pourtant je rappellerai, en premier lieu, les expériences mentionnées par A. Seebeck ^), où des tons réguliers se détachent du bruit que fait le papier chiffonné entre les doigts ; le froissement du papier imprime à l’air de petits chocs ou impulsions, qui se résolvent en vibrations régulières. Je rappellerai ensuite l’effet acoustique d’un coup de fouet rapide, de l’étincelle électrique, et aussi de la foudre et de la sirène , qui tous communiquent aux molécules de l’air des impulsions instantanées , lesquelles se transforment et se propagent en vibrations plus ou moins régulières. Je rappellerai

i) Repertonum der Rhysik,'^ VI, p, 26, Berlin, 1842.

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