XL
40. Pour résumer, je vais maintenant suivre, en m’appuyant sur ce qui a été dit aux § II et VIII , un rayon lumineux depuis son origine dans la source lumineuse en mouvement , à travers un prisme en mouvement, jusqu’à l’observateur en mouvement. Si Fon compare les développements du § VIII avec le résumé de la théorie de Doppler présenté à la fin de Fart. 10, on reconnaîtra que j’avais raison de donner provisoirement à entendre, à la fin de Fart. 20, qu’entre Doppler et moi, malgré la différence des points de vue, il y aurait bien encore accommodement sous certains rapports ; dans le paragraphe actuel , les points de dissidence s’accuseront d’une manière plus claire.
Je ne veux pas m’appesantir en ce moment sur la nature propre de l’absorption que la lumière éprouve en traversant des vapeurs
placées sur son trajet; ce qui est certain, c’est que cette action dépend de la durée de vibration,' de telle sorte que les vibrations absorbées sont précisément celles qui ont la même durée que les vibrations émises par la vapeur au moment où elle devient lumineuse.
Nous admettrons d’un autre côté, avec M. Veltmann, que la déflexion d’un rayon luminenx n’est influencée en rien par le mouvement qui entraîne le prisme avec la Terre , et que par conséquent elle aussi dépend uniquement de la durée de la vibration.
41. Eeprésentons-nous une source lumineuse associée à une masse de vapeurs et emportée avec elle à travers l’espace , par exemple , une étoile avec son atmosphère, qui se meuvent ensemble dans la direction de l’observateur. L’étoile , ou plutôt les particules de matière ou d’éther qui occupent ou avoisinent la -surface , exécutent des vibrations lumineuses fixes , qui , d’après les considérations développées aux § I et VIII, se transmettent sans altération de période à l’éther en repos; chacune des molécules vibrantes primaires émet incessamment ses vibrations vers le dehors et tend à se décharger de sa force vive sur l’éther ambiant. L’étoile, c’est-à-dire la masse lumineuse , se déplaçant dans l’espace , à une molécule vibrante primaire qui est entraînée vient se substituer la molécule suivante , qui prend pendant un instant son rôle de centre d’une vibration courante déterminée, pour être aussitôt après remplacée par une molécule nouvelle. L’éther qui occupe l’espace reste en repos , et il en est de même des centres des séries respectives de vibrations courantes , séries qui persistent aussi longtemps que par leurs centres continuent à passer des molécules de la source vibrant toutes dans des orbites semblables et parallèles, avec la même période et la même anomalie. Mais pourtant, quand tout est en marche, le système entier des centres d’où les vibrations émanent change peu à peu, et le résultat est le même que. si ce système se déplaçait avec la même vitesse que l’étoile ; car , bien que chacun de ces points émette successivement des milliers de vibrations complètes avant de cesser ses fonctions , il n’en demeure pas moins vrai qu’à chaque instant un de ces centres est retranché