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V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

en arrière et un nouveau ajouté en avant. Nous avons donc affaire , dans notre rayon lumineux , à de nombreuses séries de vibrations , originaires de centres qui se renouvellent ou en apparence se déplacent lentement, et par conséquent à un mouvement complexe, — une poussée d'onde composée, pour parler avec Doppler, — qui procède vers l'observateur avec la vitesse de propagation de la lumière augmentée de la vitesse de translation de l'étoile. La période de vibration reste la même , malgré le mouvement de l'étoile; et déjà l'atmosphère absorbante entraînée exige, comme tout autre milieu réfringent, que cette poussée d'onde, ou le mouvement complexe des molécules d'éther , se résolve en ses éléments , c'est-à-dire en toutes ces vibrations distinctes , de même durée ou longueur d'onde , qui se développent suivant des sinusoïdes. Cette durée ou longueur d'onde est-elle égale à celle des vibrations qu'émettrait l'atmosphère, alors les vibrations émanées de la source seront absorbées ; il n’y a pas lieu de s’occuper ici du mouvement de l’atmosphère, ne fût-ce que par cette raison que , ce mouvement lui étant commun avec l'étoile, les temps des poussées d'onde ne subissent pour elle aucun changement. Quant aux vibrations qui ne concordent pas avec les siennes, la masse gazeuse les laisse passer sans obstacle.

42. Une atmosphère d’hydrogène absorbe les vibrations des trois raies de l'hydrogène. La lumière ainsi tamisée arrive alors, avec sa poussée d'onde accélérée, au prisme entraîné dans le mouvement de la Terre. Comme nous le montre si clairement, d’une autre manière, le phénomène de la dispersion des couleurs, la matière réfringente exige de nouveau la décomposition de la poussée d'onde ou, mieux encore, du mouvement complexe de la molécule d'éther, parce qu'elle ne peut avoir égard qu’à des vibrations qui suivent une sinusoïde. Le mouvement complexe se résout juste en autant de vibrations à anomalie différente qu’il y a de séries superposées dans le rayon. La réfraction ou déflexion dépend alors uniquement, suivant l'explication de Fresnel amendée par M. Veltmann , de la durée ou de la longueur d'onde de la vibration élémentaire, qui est restée intacte dans toutes les composantes. Les

raies obscures de l’hydrogène, ou plutôt les vibrations lumineuses voisines, sont donc encore réfractées exactement comme si tout était en repos. La lumière se rend ensuite à l’œil de l’observateur ; admettons qu’ici la perception de la couleur soit déterminée , comme on le prétend, par la fréquence des poussées d’onde, et non par la période ou la longueur d’onde des vibrations élémentaires dont cette poussée est composée; eh bien, la lumière au pourtour des raies éteintes pourra alors avoir, par l’effet du mouvement de l’étoile, une teinte un peu modifiée, un peu avancée vers le violet ; mais , en dépit de cela , la déviation mesurable des raies du spectre sera inaltérée.

43. Si la source lumineuse en mouvement n’est pas entourée d’une atmosphère absorbante, si c’est une masse émettant des vapeurs ou des gaz lumineux , — par exemple le soleil , qui expulse avec une grande vitesse de l’hydrogène incandescent, — les phénomènes, à l’absorption près, restent encore les mêmes.

La source transmet de nouveau ses vibrations , sans changement de durée, aux molécules de l’éther en repos, l’onde composée s’élance de nouveau d’un pas accéléré à travers l’espace vers l’observateur; le passage dans la substance réfringente exige de nouveau la résolution du mouvement composé en ses vibrations élémentaires, les seules dont il tienne compte; la réfraction ou déflexion de ces vibrations par le prisme interposé reste encore la même, et les raies brillantes ne subissent aucun déplacement dans le spectre. Les partisans de Doppler conservent toutefois le droit de rechercher si la teinte observée n’aurait pas éprouvé une très légère modification.

Pour simplifier, je m’en suis tenu ici à un mouvement dirigé directement vers l’observateur , et à l’hydrogène avec ses raies peu nombreuses; mais il va sans dire que le raisonnement est tout à fait général.

44. Par diverses considérations, et indépendamment de ce qui a été dit à l’art. 36, la modification de teinte, à laquelle je viens de faire allusion , me paraît elle-même encore des plus douteuses. D’abord, lorsque deux couleurs agissent simultanément sur l’œil.

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la perception de la couleur composée ne saurait être ramenée à des pousées d’onde se suivant régulièrement à des intervalles égaux , et par conséquent , dans ce cas au moins , ce n’est pas la poussée d’onde résultante qui détermine la couleur. Deux couleurs, en éffet, donnent pour résultante une couleur d’une longueur d’onde intermédiaire ; or , la courbe qui résulte de la composition de leurs deux lignes d’onde est très loin de constituer elle-même une ligne d’onde, ayant ses croupes à une distance toujours la même, qui devrait tenir à peu près le milieu entre les distances des croupes sur les deux lignes composantes. En second lieu, je présume que l’œil matériel, à l’égal de toute autre matière perméable à la lumière et réfringente , exige que le mouvement complexe des molécules d’éther se résolve en vibrations sinusoïdales, et alors la poussée d’onde s’effondre complètement. Enfin , conformément à la remarque de M. von Ettingshausen , rappelée dans l’art. 13, et à l’éclaircisssement donné dans l’art. 14, on ne doit pas se former une représentation trop caractérisée de cette poussée de l’onde, qui pourrait bien, à raison de la multitude des séries dont elle se compose, avoir un contour très peu accidenté.

L’œil de l’observateur étant maintenant supposé lui-même en mouvement dans l’éther immobile, cet œil, s’il va par exemple à la rencontre de la lumière , recueillera par cela seul à des intervalles plus courts les poussées d’onde et même les croupes et les dépressions des vibrations élémentaires ; pour cette raison la couleur doit se déplacer, suivant Doppler, vers le violet. Mais tout dépend ici de la preuve que cette couleur est déterminée par la poussée d’onde et non par la durée de vibration des molécules de l’éther. Dans le cas du mélange des couleurs, cité ci-dessus, on peut très bien concevoir que les vibrations élémentaires suscitent directement des perceptions, d’où naîtrait ensuite par combinaison une autre perception, celle de la couleur composée. De cette manière, la vibration simple se trouverait maintenue dans tous ses droits. Mais de ce que , dans les conditions du mélange des couleurs , la perception ne serait pas déterminée par la poussée d’onde, on ne pourrait pas encore conclure, avec une certitude absolue, qu’ici.

dans le cas spécial qui nous occupe, le mouvement n’influe en rien sur la perception de la couleur. On doit toutefois remarquer que l’œil seul est en mouvement avec une certaine quantité d’éther adhérent à sa masse, tandis qu’une autre partie de l’éther, celle qui représente sa densité normale dans l’espace, reste, suivant Fresnel, toujours en repos. En admettant maintenant que l’influence directe des vibrations courantes ne s’étende qu’à cet éther de densité normale contenu dans la rétine, et qu’elle y excite par exemple des vibrations fixes , dont la force vive serait immédiatement absorbée par la matière de la rétine et son éther adhérent, le mouvement de l’œil n’aurait plus aucun effet, puisque cette dernière communication, pour les raisons développées en parlant de la transmission de la vibration de la source à l’éther ambiant, peut se faire sans altération. — Peut-être la seule considération de la normale à la surface des ondes mettra-t elle déjà un terme à ces discussions; car c’est cette normale qui détermine la place de l’image sur la rétine ou, en d’autres termes, la direction dans laquelle l’objet est vu ; et les partisans de la vision par pulsations auront beaucoup de peine à nous donner une définition de ce que c’est que la normale à la surface des pulsations. Mais laissons cette digression, car personne ne nous a encore dévoilé la nature réelle de la perception visuelle.

45. Ceci me ramène à une question que, pour simplifier, j’avais écartée jusqu’ici, et qu’on pourrait pourtant facilement s’adresser : la question de savoir si l’absorption est modifiée par le mouvement de l’atmosphère absorbante. Nous nous trouvons ainsi de nouveau, malgré notre désir de l’éviter, en face du problème de l’essence de cette absorption. I/idée la plus simple qu’on puisse s’en faire est peut-être celle-ci: l’éther renfermé dans la vapeur est capable seulement d’exécuter des vibrations d’une ou de plusieurs périodes déterminées, et il absorbe à leur profit la force vive des vibrations courantes qui l’atteignent, en tant que celles-ci suivent la même période ; les vibrations courantes qui ne satisfont pas à cette condition ne peuvent servir à cet usage, parce que, d’après la formule de Fourier, qui dans son application à la

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