‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 34 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

théorie des ondes exprime une vérité physique, il est impossible que des vibrations de durée ditférente se fondent en une seule; deux sinusoïdes dissemblables par leur période ne peuvent, en effet, jamais en donner une troisième par leur combinaison.

Lorsque la masse gazeuse, par exemple notre atmosphère terrestre, se déplace, Téther renfermé, ou du moins la partie qui possède la densité normale de T espace vide, reste de nouveau, suivant Fresnel, en repos; seul le léger excédant dû à la présence de l’air partage le mouvement de celui-ci. Cet éther de densité normale , à l’intérieur de la masse gazeuse , nous voulons le supposer maintenant dans un état de tension, en vertu duquel il puisse exécuter des vibrations fixes déterminées. Les molécules gazeuses, avec l’éther adhérent additionnel, sont les centres d’où émane l’influence qui produit cette tension ; elles forment en même temps, pour ainsi dire, les points d’appui fixes qui absorbent la force vive des vibrations de l’éther normal. Quant à la manière dont ce dernier prend cet état de tension , ou à la nature de l’action qu’exercent sur lui les molécules gazeuses , c’est un point que nous n’essayons pas de préciser.

Ainsi, l’éther qui apporte les vibrations de la source lumineuse , et l’éther qui à l’intérieur de la masse gazeuse doit être mis par elles dans un état de vibration fixe, restent tous les deux en repos ; il n’y a donc aucune raison pour que cette vibration courante , en se transformant en vibration fixe , allonge ou raccourcisse sa période. Le principe de la conservation de la durée de vibration est encore pleinement sauvegardé dans le passage dont il s’agit.

Veut- on voir cette vibration fixe se transmettre encore plus loin , aux molécules gazeuses et à l’éther adhérent? eh bien, à raison de l’étendue de la masse d’éther de densité normale qui se trouve déjà en vibration fixe, cette transmission pourra s’opérer tout aussi bien sans changement de période que la communication , traitée en détail aux art. 31, 32 et 33, de la vibration fixe d’une source en mouvement à un milieu en repos. Quant à ce que cette force vive devient ultérieurement, lorsqu’elle est passée dans la matière , nous ne le savons pas et, pour le moment, cela importe peu.

Ce qui est vrai de notre atmosphère s’applique aussi à une couche quelconque de vapeur , à un milieu absorbant quelconque. La comparaison avec le phénomène connu du son, où un tout limité, capable d’exécuter des vibrations, est mis en branle par la succession accélérée ou retardée de poussées d’onde proprement dites , — d’impulsions de condensation ou de dilatation , — cette comparaison serait ici tout à fait déplacée.

En parlant de la source lumineuse, j’ai, dans un passage précédent, pour simplifier, laissé l’éther inclus exécuter les vibrations fixes et se déplacer avec la vitesse de la source. Cette vue n’est , il est vrai, pas d’accord avec l’hypothèse de Fresnel, qui vient d’être appliquée ici ; mais cela ne touche pas le point en question. En tout état de cause , c’est la translation de la matière qui donne lieu à un renouvellement incessant des molécules d’éther mises en vibration , et on doit laisser progresser avec la source les points mathématiques d’où la vibration fixe émane.

46. La reconnaissance comme vérité physique , dans son application à la doctrine des ondes, de la formule de Fourier forme évidemment la base sur laquelle je fais reposer la persistance individuelle de vibrations élémentaires de même période dans mon rayon lumineux incessamment renouvelé , ou du moins leur apparition séparée lors du passage dans une autre matière. Il va sans dire que, parmi ces vibrations, je me figure réunies en un seul tout celles dont l’anomalie et l’amplitude restent constantes dans le cours d’une vibration entière; je laisse aussi à l’interférence sa juste part d’influence. Le mouvement résultant d’une molécule d’éther est une sinusoïde, qui change à chaque instant d’anomalie 'et d’amplitude; et précisément à cause de cela, il se décompose , au moment même du passage, en sinusoïdes élémentaires à anomalie et amplitude constantes, malgré l’égalité de période de toutes ces sinusoïdes. Le théorème de Fourier , élevé au rang de vérité physique aussitôt que la force développée par le déplacement de la molécule vibrante est prise proportionnelle à la première puissance de ce déplacement , jette , par le fait même de ce dédoublement du mouvement composé en sinusoïdes indépendantes , un

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