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XII

47. Mais, dira-t-on, des observateurs tels que Huggins i), Lockyer et Vogel ont vu les raies spectrales , et en particulier la raie F de Thydrogène, déplacées, soit comme raies d’absorption dans les spectres des étoiles , soit comme raies brillantes dans les spectres des émanations gazeuses qui se produisent subitement à la surface du soleil. Je ne doute nullement qu’ils aient en effet observé ces déplacements, seulement, qu’on ne me demande pas de les attribuer au mouvement de la source lumineuse ou du prisme. Faisons-nous une idée nette de ce qui a été observé, et examinons alors si la méthode d’observation, les instruments employés ou d’autres causes physiques peuvent en donner une explication satisfaisante.

Le déplacement dont il est ici principalement question concerne la partie bleue du spectre , car c’est là que se trouve la raie F. Dans toutes les observations il a été fait usage de lunettes. Or on sait que même les meilleurs de ces instruments sont encore toujours affectés d’un défaut d’achromatisme, et qu’on y laisse le bleuet le violet, comme rayons les moins intenses , aller , pour ainsi dire , leur train ; en outre , le foyer des rayons marginaux est naturellement encore diffèrent de celui des rayons centraux. J’ai exécuté

' ) Furtîier observations on the spedra of some stars and nehulae witJi an attempt io détermine therefrom wether the hodies are moving toicards or from the earth, also observations on the spedfa of the Sun and of Cometli.\^^%. Phil. Transad .y 1868, vol. CLVIII, p. 549. 1869.

Û7i the spedrjim of the great nebula of Or ion and on the motions of some stars towards or fro7n the earth. Phil. Magaz. 4e Sér., vol. XLV , p. 133. 1873.

*) On recent discoveries in solar physics made by mea?is of the spectroscope . Phil. Magaz. 4e Sér. vol. XXX VIII, p. 342. 1869.

*) B eobachtmigen auf der Sternwarte zu Bothkamp. Heft I, p. 38. 1872. •

trop de mesures de réfraction et de diffraction avec le spectromètre , par conséquent à Taide d’une lunette , pour ne pas savoir que ce sont précisément les mesures effectuées dans la partie la plus réfrangible du spectre qui souffrent le plus du défaut d’achromatisme , c’est-à-dire du défaut de précision dans la mise au point , et de l’aberration de sphéricité. Il n’est donc pas étonnant que j’aie cherché en partie dans l’usage des lunettes et des lentilles l’explication des déplacements des raies qui viennent d’être rappelés.

48. Il suffit de lire le Mémoire de M. Huggins et de voir avec quel soin il procède à l’ajustement de l’étincelle électrique et de l’image de l’étoile , pour être convaincu qu’il a très bien reconnu la nécessité de les centrer parfaitement l’une et l’autre sur l’axe de son spectromètre , pour pouvoir comparer les raies des deux spectres. Et pourtant il ne paraît pas avoir songé au défaut d’achromatisme et à l’aberration sphérique des verres de son spectromètre , car autrement il aurait senti que les deux cônes de rayons incidents devaient, à la rigueur, avoir aussi le même angle au sommet, c’est-à-dire, qu’ils devaient partir absolument du même point de l’axe.

lorsque les spectres de deux sources lumineuses sont comparés entre eux, ou bien V les deux faisceaux peuvent tomber sur les prismes en venant d’une distance infinie ou de distances finies égales , et en même temps leurs axes peuvent coïncider ou ne pas coïncider; ou bien 2® les deux faisceaux peuvent tomber sur les prismes de distances différentes, et alors encore les axes peuvent ou non coïncider entre eux. Toutes les raies homologues des deux spectres ne se correspondront exactement, cela est indubitable, que si les deux sources peuvent être regardées comme placées à / des distances rigoureusement égales des prismes , ou plutôt de la lentille du collimateur, et si de plus les axes des deux faisceaux coïncident. Si les axes continuent à coïncider , mais que les sources se trouvent à des distances différentes , les raies des deux spectres peuvent se séparer; c’est sous cette rubrique que tombent les observations de M. Huggins, quand l’ajustement est parfait.

Dans tout spectromètre il y a un collimateur > qui rend les rayons

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