V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETE
de la source parallèles entre eux ; dans l’appareil de M. Huggins , ce collimateur est représenté par la lentille achromatique qui est placée en avant des prismes et au foyer de laquelle se trouve la fente. Si j’ai bien compris, l’image de l’étoile , formée par l’objectif du réfracteur, tombe exactement sur la fente, tandis que l’étincelle électrique ou le tube à hydrogène est placé à une assez grande distance en avant ; les deux sources lumineuses sont amenées dans l’axe de la lunette ; je suppose le spectromètre dans la position du minimum de déflexion, et la lunette d’observation ajustée avec soin sur la fente.
Nous avons maintenant affaire en premier lieu au cône de rayons de l’étoile, qui a la fente pour sommet et la surface de l’objectif du réfracteur pour base ; lorsque la distance de la fente à la lentille du collimateur est connue, on peut assigner la base du cône de rayons stellaires qui tombe sur cette lentille. La fente occupant le foyer du collimateur , nous admettons que la masse des rayons tombe parallèlement sur les prismes, où elle subit le minimum de déflexion; la lunette du spectromètre, pointée sur la fente, réunit aussi bien que possible, en un spectre stellaire net, les couleurs les mieux acbromatisées ; la raie F de l’hydrogène est un peu moins nette , parce qu’elle se trouve à une petite distance en avant du foyer de l’oculaire.
Le cône de rayons qui vient de l’étincelle électrique, ou du tube à hydrogène, a cette étincelle pour sommet et la largeur de la fente pour section, de sorte que, sur la lentille du collimateur, sa base a probablement, dans le sens perpendiculaire à la fente, une dimension très petite, et d’autant plus petite que l’étincelle est plus éloignée de la fente. Les rayons de l’étincelle ne sont donc guère que des rayons centraux pour la lentille du collimateur, et par suite ils éprouveront, de la part de cette lentille , une réfraction moins forte que les rayons marginaux de la lumière stellaire, laquelle possède, si je ne me trompe , une base beaucoup plus grande. Comparés à cette lumière de l’étoile, que nous nous figurons sous une incidence parallèle , ces rayons tomberont donc sur les prismes en divergeant ; la distance plus grande
de Tétincelle ne corrige rien sous ce rapport , parce que la lunette est pointée sur la fente et non sur rétincelle. Lorsque les rayons de l’étoile , émergés parallèlement à l’axe , éprouvent la réfraction minima, les rayons de l’étincelle, qui tombent sur le prisme en divergeant, subiront en partie une réfraction plus forte, parce que leur direction s’écarte à droite ou à gauche de celle des premiers. — Même lorsque tout est convenablement ajusté, la raie pourra donc de cette manière , dans le spectre de l’étincelle , être un peu dilatée à son côté le plus réfrangible ; par suite du défaut d’achromatisme, elle ne sera d’ailleurs, pas plus que dans le spectre de l’étoile, vue avec netteté.
On comprendra maintenant comment, dans les circonstances ordinaires, avec le meilleur ajustement, la raie F de l’étoile peut paraître un peu moins réfrangible que celle de la source terrestre , de sorte que, suivant Doppler, l’étoile semble s’éloigner de la Terre. Ce sont les raies les plus réfrangibles qui auront le plus à souffrir de l’influence indiquée, parce qu’un même écart entre le rayon incident et la direction de déflexion minima donne lieu, pour un plus grand indice, à un plus grand écart dans la direction du rayon réfracté. En outre, comme ils tombent pour les deux spectres en dehors du foyer de l’oculaire, et peut-être même à des distances différentes de ce point, une comparaison exacte deviendra de nouveau plus difficile.
49. Laissons maintenant encore la source de comparaison et l’image de l’étoile à leur place; mais supposons l’axe du spectromètre légèrement déjeté, ce qui peut facilement arriver, de sorte que cet axe , — qui est en même temps l’axe du collimateur , — ne coïncide plus avec l’axe du réfracteur, sur lequel se trouvent ' les deux sources lumineuses ; l’appareil est d’ailleurs supposé mis convenablement au point. Une des deux sources lumineuses , cela est certain, tombe alors un peu en dehors de l’axe du collimateur; mais ce qui est le point essentiel, c’est que l’axe du cône lumineux de l’étoile cesse nécessairement de coïncider avec cet axe du collimateur ; l’axe du cône lumineux de l’autre source peut d’ailleurs s’en écarter tout autant. A cause de la différence entre