V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ
les rayons du bord et ceux du centre, la lumière d’un des cônes peut, après réfraction par la lentille, tomber sur le prisme en convergeant ou en divergeant, tandis que celle de l’autre cône se présente dans l’état de parallélisme ; si le faisceau parallèle est alors dans la direction précise du minimum de déflexion, l’autre pourra fournir des raies montrant, surtout celles de l’indice le plus fort, un élargissement au- côté le plus réfrangible. Mais, à part cela , la non -coïncidence des axes des deux cônes , sur laquelle je voulais ici attirer spécialement l’attention, aura toujours pour effet un écart entre les raies des deux spectres.
L’article précédent a expliqué pourquoi , dans les circonstances •ordinaires, les étoiles peuvent paraître s’éloigner de la Terre; celui-ci met en lumière la circonstance extraordinaire qui, en admettant les idées de Doppler, semblera éventuellement communiquer aux étoiles, par rapport à la Terre, soit un mouvement de rapprochement, soit un mouvement d’éloignement. Il est clair que toutes les raies , quelle que soit leur réfrangibilité , seront relativement déplacées de la même manière , mais que ce déplacement sera de nouveau plus considérable pour celles dont l’indice de réfraction est ’ plus élevé ; le défaut d’achromatisme rendra aussi ces dernières moins distinctes, et par suite leur comparaison rigoureuse plus difficile.
Qu’on ne se méprenne pas sur ma pensée. Je n’affirme nullement que dans les observations de M. Huggins ou de M. Vogel les choses se sont passées de telle ou de telle manière; mais j’indique des causes dans lesquelles de petits déplacements constatés pourraient trouver une explication plausible. Il est singulier que l’interprétation acceptée n’ait encore soulevé aucun doute, alors que, après correction pour le mouvement de la Terre , M. Huggins était conduit à assigner aux étoiles qui se rapprochent du Soleil un déplacement 2 ou 3 fois plus rapide que” celui des étoiles qui s’en éloignent i). Le même observateur trouve le mouvement deSirius
D Phil. Magaz. 4e Sér. , Vol. XLV, p. 133 (la liste), et Proceedings of the royal Society , Vol. XX, p. 393.
uu des plus grands, tandis que le mauvais temps le forçait de se contenter de la probabilité que Procyon et Capella se meuvent dans la même direction que Sirius. Les résultats obtenus par M. Vogel, dans une même soirée, pour Sirius, Procyon et Capella, tombent, comme ceux de M. Huggins, tous dans le même sens, et pour Procyon le résultat est même plus grand que pour Sirius ; un autre soir le mauvais temps ne lui laissait retrouver le résultat que pour Sirius seul *). Ceci n’exclut pas encore l’action d’une cause constante, qui pourrait être cherchée dans une non- coincidence des axes des deux faisceaux lumineux réfractés : les observations, spécialement celles de M. Vogel, sont trop peu nombreuses , pour autoriser à assigner des valeurs incontestables aux déplacements des centres des raies.
J’aurais encore à appeler l’attention sur la possibilité qu’une raie éprouve une dilatation physique, à l’un ou à l’autre côté, par l’apparition de raies d’absorption voisines, appartenant aune autre matière contenue dans la couche de vapeurs; mais je ne crois pas avoir besoin d’invoquer cette nouvelle influence , d’ailleurs peu probable.
50. Dans les observations de M. Lockyer et aussi dans celles de M. Vogel, en tant qu’il s’y agit du disque solaire, ou d’une partie de ce disque , et d’une émission de gaz lumineux , — presque toujours de l’hydrogène, — il y a constamment deux sources lumineuses, qui envoient simultanément de la lumière à travers la fente du collimateur.
Pour ce qui est des recherches concernant les courants gyratoires de la chromosphère, ou le phénomène des protubérances, on peut de nouveau y supposer une divergence entre les axes des deux faisceaux incidents^, laquelle aurait pour effet de déplacer les raies d’un des spectres par rapport à celles de l’autre. Dans les tourbillons de la chromosphère il peut exister deux ou plusieurs maxima de lumière; et à coup sûr, lorsqu’on vise succès-
H. E. Roscoe, Die Spedralanalyse ^ uehersetzt von Schorlemmer , 1870 , p. 225 .
Archives Néerlandaises, T. IX. 8