V. s. iM. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETE
sivement chacun des deux bords d'un pareil tourbillon, on porte Taxe de toute cette masse lumineuse une fois à gauche et une fois à droite de Taxe du spectromètre. Quant aux protubérances , par leur forme ramifiée et capricieuse elles occasionnent peut-être sur une grande surface une distribution sporadique de la matière lumineuse , ee qui ne saurait rester sans influence sur la position relative des raies peu nombreuses , dans lesquelles cette lumière se résout , par rapport aux raies correspondantes du spectre solaire.
Pour les dessins que M. Lockyer (Roscoe, fig. 76)etM. Vogel (p. 40) donnent des spectres pris au voisinage d’une facule ou sur une tache avec pont- transversal , nous pouvons faire d’autres remarques, qui toutefois sont encore fondées sur la présence de deux sources lumineuses. Faisons d’abord observer que le processus entier à la surface du Soleil, aussi bien dans les protubérances et les tourbillons qu’ici, paraît se borner à une simple émission de vapeur incandescente; je ne vois aucune nécessité d’admettre en outre une ascension ou une chute rapides de gaz refroidi, comme semblent le vouloir MM. Roscoe et Vogel.
Le dessin de M. Lockyer , tel qu’il nous est donné par M. Roscoe , s’explique, à mon avis, d’une manière satisfaisante par l’élargissement, à droite et à gauche, de la raie brillante F, à côté de laquelle , vers le milieu du dessin, se distingue encore^ la raie obscure F, en quelque sorte refoulée; j'y vois donc en deux points, savoir au milieu et plus vers le haut, de simples renflements de cette raie brillante, pour lesquels j’admets deux centres d’émission d’hydrogène incandescent.
Pour ce qui concerne les observations de M. Vogel, j’ai de la peine à croire que son spectre fût tel qu’il est dessiné dans son travail, c’est-à-dire avec des raies obscures b qui d’un côté du pont étaient déplacées à gauche, et de l’autre à droite; cela me semble un peu trop symétrique. L’ondulation et le mouvement de l’air, devant le disque du Soleil, doivent nécessairement rendre peu net un pareil spectre, de si petite hauteur; tout ce que je conclus de ce dessin, c’est la présence de la vapeur incandescente du magnésium, qui donne des raies brillantes dilatées à droite et
à gauche, à côté desquelles, tout comme chez M. Lockyer , s’aperçoivent encore les raies obscures, courbées de dedans en dehors.
Comment il serait maintenant possible , dans le cas d’un déplacement éventuel des raies, d’en déduire sans aucune peine, conformément à la théorie de Doppler, la vitesse avec laquelle les gaz sont émis, c’est ce que je ne comprends guère. En effet, les parties de ces gaz qui sont les plus éloignées du Soleil, et par conséquent les plus rapprochées de nous , n’ont certainement plus de vitesse ascendante , mais probablement , à la place , une vitesse latérale ; en outre , leur température ne peut pas différer beaucoup de celle de l’atmosphère lumineuse ou absorbante qui les entoure immédiatement. La vitesse réelle, supposé qu’on pût la déduire du déplacement des raies, devrait donc être trouvée par l’intégration d’une fonction du pouvoir lumineux et de la vitesse d’ascension des couches gazeuses; or cela ne laisserait pas d’offrir des difficultés.
Mais d’ailleurs, et en laissant cette question de côté, je crois pouvoir donner une explication beaucoup plus simple des deux dessins cités. Elle est fondée' sur la circonstance que, si le plan d’incidence et de réfraction d’un rayon lumineux n’est plus perpendiculaire à l’arête réfringente du prisme , l’angle réfringent est ou plus petit ou plus grand que l’angle caractéristique du prisme ; je\appellerai en outre que, par exemple, pour un prisme de flint pesant, d’un angle réfringent de 60°, chaque changement dans cet angle se traduit par un changement d’une valeur à peu près double dans la déflexion minima.
Donnons donc au collimateur, pour simplifier, une lentille cylindrique ; s’il arrive alors que la source lumineuse perde justement la pièce qui se trouve dans l’axe du collimateur, la partie du spectre , qui à travers la lunette est encore vue à la place de la pièce supprimée, sera certainement produite par dé la lumière diffuse provenant des portions conservées de la source, situées plus haut et plus bas, laquelle lumière aura nécessairement traversé les prismes suivant d’autres plans de réfraction et avec un autre angle réfringent; les raies que cette lumière fournit encore