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en ce point du spectre seront alors déplacées à droite ou à gauche , selon que T angle réfringent idéal résultant est devenu plus grand ou plus petit. Avec un assemblage de cinq prismes , combinés en un spectromètre ordinaire ou en un spectromètre à vision directe , cette petite déviation peut très facilement prendre par sommation une valeur appréciable , tout aussi bien que celle qui résulte d'un déplacement de la source à droite ou à gauche. Avec un seul prisme , il serait évidemment impossible de fournir encore un rayon réfracté coïncidant avec Taxe.
Les incurvations des raies d'absorption au devant d’une émission gazeuse, qui seules sont ici en question, sont alors dues à ce que la lumière qui les fournit doit provenir des parties du disque solaire situées plus haut ou plus bas. Quant aux raies brillantes , d'après les dessins, je ne puis pas y voir des incurvations , mais seulement une dilatation simultanée à droite et à gauche ; or cette dilatation ne donne lieu à aucune difficulté, puisque l'intensité supérieure et la nature de la source suffisent à l'expliquer.
Plus on emploie de prismes , plus devient grande la complication qui résulte de la suppression d'une partie de la source. Un pont de vapeur incandescente de magnésium produit un effet équivalent à l'extinction partielle, en cet endroit, de la lumière solaire ordinaire. Comme on l'a vu , les déviations observées par M. Lockyer concernent ici de nouveau la raie F, ainsi toujours. des rayons très réfrangibles , pour lesquels, en outre, l'achromatisme laisse beaucoup à désirer. Les déviations trouvées par M. Vogel ont rapport aux raies b de Fraunhofer.
51. J’aurais beaucoup désiré voir moi-même les appareils employés, pour pouvoir mieux juger du fondement de mon interprétation des phénomènes; avec cette connaissance et celle des journaux d’observation, on pourrait décider s’il y a lieu de soupçonner des causes constantes, qui, p. e. pour toute une soirée, auraient simulé une même direction pour le mouvement des étoiles observées.
En général , on doit considérer que la raréfaction des gaz incandescents a une influence très appréciable sur la largeur des raies ,
surtout dans la partie la plus réfrangible du spectre ; cela indique que, dans certains cas, il y a émission de vibrations supplémentaires, dont la longueur d’onde s’écarte un peu de la longueur normale. De la même manière , un gaz dont la densité est modifiée absorbera encore des vibrations d’une longueur d’onde un peu difiérente. Un allongement du chemin de la lumière à travers l’atmosphère du corps céleste, et aussi à travers la nôtre, peut donner lieu à un élargissement unilatéral des raies d’absorption et à un déplacement de leur milieu ^ ; on n’a qu’à se rappeler la nature de l’élargissement des raies atmosphériques du spectre solaire vers le coucher du Soleil. En outre , le point le plus obscur d’une raie nébuleuse d’absorption est très difficile à calculer ; il est fonction de la distribution de la lumière dans cette région du spectre et de l’absorption.
La seule chose que je relèverai encore, c’est que tous ces savants doivent admettre que la longueur d’onde de la vibration absorbée varie, aussi suivant la loi de Doppler, avec la vitesse de rapprochement ou d’éloignement de l’atmosphère absorbante, et que par là ils se créent des difficultés inextricables dès que la direction du rayon diffère de la direction du mouvement de l’atmosphère.
52. Je n’ai pas encore parlé de l’influence que les changements de température exercent sur la réfraction. A raison d’une remarque de M. Vogel ^) , je rappellerai ici qu’il résulte de mes mesures ^), qu’avec un prisme de flint pesant, soit de Merz soit de Hofmann , d’un angle réfringent de 60°, l’indice de réfraction augmente de une à deux unités de la cinquième décimale pour chaque degré dont la température s’élève sur l’échelle centigrade ; que pour une espèce de crown de Merz cet indice croît d’une demi-unité de cette même décimale , et que pour un autre crown de Merz , ainsi que pour un crown de Steinheil, il décroît d’environ une demiunité. Avec un ou plusieurs prismes du flint en question , une raie donnée avancera donc vers le violet quand la température s’élève ,
O Voyez. Vogel, 1. c. , p. 35, la note, et Huggins, 1. c., p. 147.
*) Archives du Musée Teyler , Vol. I, p. 225, et Vol. II, p. 189 et 192 — 198.
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et avec un spectromètre a vision directe, composé de prismes alternatifs de flint et de crown, la chance d’un pareil déplacement sera encore plus grande, si Ton suppose que le crown soit de la seconde espèce. Postérieurement, M. Blaserna a aussi déterminé pour du flint-glass cette variation de l’indice avec la température. Par une singulière méprise, toutefois, il dit que l’indice décroît quand la température s’élève, tandis qu’il a certainement voulu énoncer , conformément au résultat de mes propres observations, que l’indice et la température croissent ensemble.
Considérons maintenant les résultats où, par le déplacement des raies, la rotation du Soleil serait mise, dit-on, en évidence. En tant qu’il y était question' de mesures, ces résultats ont été obtenus avec un spectromètre ordinaire à vision directe, composé de cinq prismes. Le spectromètre était dirigé sur le bord occidental du Soleil, et la raie F amenée en coïncidence avec une pointe d’acier placée au foyer de l’oculaire ; le Soleil glissait devant le spectromètre, par l’effet du mouvement diurne, et lorsque son bord oriental se présentait , la raie était vue déplacée vers le côté réfrangible. Le changement de la longueur d’onde de F , en passant d’un des bords solaires à l’autre, s’élevait à un peu plus de un cent-millionième de millimètre, valeur d’où l’on déduisait la vitesse de rotation du Soleil, qui toujours fut encore trouvée trop grande. Si je comprends bien ce dont il s’agit , une augmentation de température de 0°,1 C de mon prisme pesant suffirait déjà à produire le déplacement de la raie .vers l’extrémité réfrangible , tel qu’il a été observé. Le diamètre du Soleil a besoin de quatre minutes pour passer devant le spectromètre ; or il est très possible que dans ces quatre minutes la température de l’appareil s’élève légèrement, d’autant plus que cette élévation peut être occasionnée non-seulement par le rayonnement direct, mais aussi et surtout par le contact d’un air échauffé. Si au voisinage du pôle nord ou sud du Soleil on n’a pas observé de déplacement de la raie , cela s’explique par la durée beaucoup plus courte qui s’est écoulée
*) Pogg. Annalen, B. CXLIII, p. 655. 1871.
entre le passage des deux bords. Si , en ramenant le spectromètre du bord oriental au bord occidental, on a constaté de nouveau une déviation plus faible, on peut très bien en trouver la raison dans un abaissement de température, si Ton suppose que, par le mouvement rapide imprimé à la lunette, Tair échauffé à Tintérieur du spectromètre a été remplacé pâr de l’air plus froid. Je présume aussi que les évaluations ou mesures proprement dites ont eu lieu seulement dans le passage graduel du bord occidental au bord oriental. Quant aux dérangements qu’un assemblage de prismes peut subir par une petite variation de température, il est impossible de rien en dire. Le plus simple est d’exécuter avec son spectromètre une série de mesures sur une autre source lumineuse , par exemple un tube à hydrogène de Geissler , à des températures différentes, mais restées longtemps constantes, de l’air ambiant; lorsque, comme c’est ici le cas, il ne s’agit que d’une différence de température de 5° C. par exemple, la condition de constance n’est pas difficile à remplir.
Comme en beaucoup d’autres circonstances analogues, j’ai dû regretter que l’on n’ait pas publié, dans sa simplicité primitive, le journal des observations ; une pareille publication est ordinairement beaucoup plus instructive que le résumé fait par l’observateur, qui se place presque toujours à un point de vue plus ou moins exclusif et est si facilement entraîné à séparer d’une manière arbitraire le bon grain et l’ivraie.
53. Pour ce qui regarde le spectroscope à réversion de M. Zollner ^), je crois que provisoirement je puis me dispenser d’en parler , et attendre qu’il ait fourni quelques résultats décisifs. En effet, on ne voudra sans doute pas faire passer comme tels les / résultats obtenus par M. Vogel dans les observations, mentionnées ci-dessus, sur les bords solaires; aucune mesure n’y est indiquée , parce que l’influence de l’élévation de température n’a pu être évitée ou parce que l’air était trop agité. J’espère qu’avant de
Pogg. Annalen, 1869, B. CXXXVIII, p. 32. BericMe über die Verhandlungen der Kmiglich Sdchsischen Gesellschaft der Wissenschafien zu Lei]}zig , 1869, p. 70, et 1871, p. 300.