V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ
produire à Tappui des idées que je combats de nouvelles observations faites au moyen de ce spectroscope , on voudra bien peser avec soin toutes mes objections; à mesure que la finesse de l’instrument augmente, des sources d’erreur plus faibles doivent se faire sentir dans les résultats, et une étude approfondie de l’influence de ces erreurs pourra épargner bien des peines.
Quant à moi, lors même qu’on parviendrait à obtenir avec ce spectroscope des résultats positifs de mesures, je suis pleinement convaincu que ceux-ci n’auront aucune valeur démonstrative, en ce sens qu’ils seront uniquement dus à des causes analogues à celles qus j’ai déjà signalées, causes qui seront restées inaperçues des observateurs ou dont on n’aura pas tenu compte.
Dès à présent je veux faire remarquer que , même dans ce cas , . où on n’emploie pas de source de comparaison au moment de l’observation, une pareille source n’en a pas moins dû être mise en œuvre à un moment antérieur, par exemple, pour comparer la position du micromètre du spectroscope à réversion. Tout ce que j’ai dit concernant l’influence de l’angle des cônes de rayons directs, qui sont projetés sur la lentille par la source de comparaison et par l’image de l’étoile, trouve donc encore ici son application.
' Seulement , avec le spectroscope à réversion de la construction primitive , à deux systèmes de prismes , on est atfranchi des conséquences immédiates d’un changement de position de la source; mais pour cela on ne l’est pas encore du ejaangement de déflexion du rayon réfracté, en tant que, par ce déplacement de l’axe du faisceau incident, les rayons directs qui tombent sur le prisme sont détournés de la direction exigée pour le minimum de déflexion ; en effet, soit que les rayons tombent à droite de cette direction précise , soit qu’ils tombent à gauche, dans les deux cas la déflexion du rayon réfracté est augmentée. — L’avantage se perd toutefois , à mon avis, dans les dispositions nouvelles données à l’instrument, avec un objectif à réversion ou un oculaire à réversion.
Je ne crois pas que les spectroscopes à réversion puissent être recommandés de préférence pour les déterminations qu’on a en vue, et les systèmes nouveaux me paraissent moins favorables
que raneien , parce que l’avantage indiqué leur fait défaut et parce que les lentilles de correction les rendent plus compliqués. La raison qui me les fait juger, aussi bien dans leur forme première que dans les deux formes postérieures , peu propres à ces recherches comparatives, c’est qu’on y doit supposer qu’aucun changement n’est survenu à l’appareil et que la température est restée parfaitement constante dans le cours des comparaisons. Si l’on réfléchit qu’une variation de température de 0,1 C. suffit probablement pour produire un changement appréciable dans la déviation des raies avec un prisme unique, on comprendra quelles précautions la température seule impose déjà, et on sentira qu’il faudrait proprement commencer par dresser une table des positions pour les raies , mesurées pour des températures fixes différentes. Alors , mieux vaut encore employer un spectroscope ordinaire , en observant toutes les précautions requises, notamment pour la coïncidence des deux sources qui fournissent simultanément leurs spectres. De cette manière , on est tout à fait indépendant des changements du spectroscope et des variations de température des prismes ; tandis qu’en faisant porter l’observation d’abord sur la source de comparaison et ensuite sur la source à comparer, outre qu’on n’échappe à aucune des précautions ordinaires , on reste exposé à toutes les conséquences du moindre petit dérangement dans l’appareil ou^ de la plus légère modification des prismes.
54. Daüs l’intéressant ouvrage que M. Secchi a publié sur le Soleil, on retrouve les dessins de raies déplacées ou courbées, d’après M. Lockyer, ainsi que d’autres empruntés à M. Young. On y trouve aussi , de nouveau , la même confiance illimitée dans le raisonnement de Doppler , regardé comme applicable à la couleur et à la réfraction du rayon ; le même appel aux observations relatives au son, faites au moyen de locomotives, observations que j’ai exposées plus haut dans toute leur simplicité et avec leur signification réelle; le même saut périlleux, de l’impulsion accélérée, qui excite un ton plus aigu dans un ensemble circonscrit, à la
D Sonne, herausgeg. von Schellen, p. 488 — 501. 1872,