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V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

durée raccourcie de la vibration courante dans le milieu indéfini , qui changerait la déviation du rayon réfracté, enfin, pour couronnement, l’observateur qui, armé de son spectroscope , détermine la composante, suivant le rayon visuel , du mouvement relatif de l’étoile et de la Terre. L’écrit de M. Secchi, traduit et augmenté par M. Schellen, est le dernier dont j’aie à' m’occuper; la gradation qui nous attendrait partout ailleurs est maintenant , pour ainsi dire , connue d’avance : les expériences sur le chemin de fer ou avec l’appareil à anche de M. Mach, la couleur de la lumière , la réfraction du rayon , le déplacement des raies , et le mouvement de l’étoile après déduction de celui de la Terre ; le tout enveloppé' de nuages de plus en plus épais , sous lesquels l’idée et le raisonnement finissent par disparaître.

Les causes spéciales que j’ai signalées, comme pouvant rendre compte des phénomènes observés, sont aussi énumérées en partie par M. Schellen, mais rejetées comme insuffisantes. Il ne dit rien de l’aberration de sphéricité ni du défaut d’achromatisme des lentilles et de ses conséquences, sur lesquelles j’ai appelé l’attention; rien de l’influence que peut avoir un petit changement de l’angle réfringent du spectroscope, dû à l’incidence oblique des rayons qui viennent du haut et du bas; pas un mot non plus de la dilatation physique que les raies obscures ou brillantes, surtout les plus réfrangiblcs , éprouvent en cas de changement de densité du gaz et d’allongement du chemin que la lumière y parcourt.

Les observations solaires n’y donnant pas spécialement lieu, l’ouvrage de M. Schellen ne s’occupe pas de l’inégalité entre les distances au collimateur de l’image de l’étoile et de la source de comparaison, inégalité à laquelle j’ai attaché tant d’importance; on n’y trouve non plus aucune mention du cas où l’image solaire ne tombe pas juste dans le plan et sur l’axe de la fente , défaut qui peut changer notablement l’étendue angulaire de la source lumineuse et avoir une grande influence sur la situation de Taxe et les dimensions du faisceau direct incident ; enfin il n’y est pas appuyé suffisamment sur la distribution inégale et la dispersion sporadique de la matière lumineuse dans les protubérances et les

ponts, ni sur ses déplacements latéraux. Or, tous ces points me paraissent non moins dignes d’attention que les autres.

Je répète ici la question que j’ai faite plus haut: comment faudra-t-il évaluer la vitesse verticale des gaz , vitesse qui est nécessairement nulle au point le plus élevé, où néanmoins les gaz ne peuvent pas encore être beaucoup refroidies , puisque autrement ils absorberaient de nouveau la lumière des couches inférieures?

Je dois aussi faire remarquer la circonstance assez singulière qu’on ne trouve ici figurée nulle part une raie brillante régulièrement courbée , mais toujours des raies élargies à droite et à gauche , ou des raies diffusées tout à fait irrégulièrement; ce sont seulement des raies d’absorption que les dessins nous montrent affectées, au milieu du spectre, d’une courbure régulière: les figures 77 de M. Koscoe et 162 de Schellen ne concordent guère avec les déplacements ou incurvations symétriques des fig. 66 de M. Koscoe et 161 de M. Schellen. Je m’étonne que cette différence n’ait jamais éveillé de doutes au sujet de la validité de l’explication.

En ce qui concerne l’incurvation ou le déplacement des raies dans l’étincelle électrique, je renvoie aux figures du Mémoire de M. Angstrom ^ ) , cité plus haut ; elles nous apprennent ce que peut produire un déplacement latéral durable de la source ou de la matière lumineuse.

L’ouvrage que j’analyse présente à tort les résultats de M. Vogel, dont celui-ci déduit la rotation du Soleil, comme obtenus avec un spectroscope à réversion. M. Vogel dit bien qu’il a vu avec cet appareil le déplacement des raies, mais c’est avec son spectromètre ordinaire à vision directe qu’il l’a estimé ; et lors de cette estimation , si je ne me trompe , l’influence de réchauffement “/n’était pas directement empêchée.

L’ouvrage traite ensuite des spectres des taches et nous les montre, dans une couple de dessins, tels qu’ils ont été observés

i) Poggend. Annaleti , B. CXIV, pl. IV, fig. et 1855, *) 1. c., p. 500.

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par M. Secchi et M. Young; la fig. 167, de M. Secchi , fait voir comment, au-dessus du noyau de la tache, quelques raies d’absorption étaient élargies à droite et à gauche; la fig. 170, empruntée à M. Young, représente la même dilatation des raies obscures du sodium , ou raies D , avec un noyau brillant , noyau qui est attribué à des vapeurs incandescentes de sodium flottantes au-dessus de la tache. Si les noyaux des taches sont, spectroscopiquement parlant, des ponts obscurs, le spectre que nous voyons devant la tache doit bien être formé par de la lumière partie de droite et de gauche, d’en haut et d’en bas, et sortant du spectromètre dans la même direction que si elle venait de la tache ; la dilatation de quelques raies d’absorption aux deux côtés n’aurait alors, comme je l’ai montré ci-dessus, rien d’extraordinaire ; quant au noyau brillant des raies , il peut très bien provenir de vapeurs incandescentes de sodium, qui, elles, se trouveraient précisément au-dessus de la tache. Si cette explication est admissible ici , elle s’applique avec le même droit aux ponts brillants de M. Vogel. La seconde figure diffère toutefois notablement de la représentation de M. Vogel ^), dont j’ai parlé ci-dessus, ainsi que du dessin de M. Lockyer ^), pris au-dessus et au voisinage d’une protubérance.

Pour ce dernier, il vaut donc mieux s’en tenir à l’explication qui s’offre le plus naturellement. L’hydrogène en voie de refroidissement, je me le figure s’écoulant du côté du rouge, où il finit par être suffisamment refroidi pour exercer de nouveau une action absorbante sur la lumière émise derrière lui. Par ce déplacement de la source d’où provient la raie d’absorption F, cette raie sera elle-même déplacée vers le rouge. La forme et la mobilité des protubérances rendent un pareil écoulement très admissible. Le dessin où M. Lockyer représente des raies brillantes déplacées se concilie parfaitement avec cette manière de voir ; ici , c’est l’hy-

ï) Beobachtungen zu Bothkamp, p. 40.

*) Schellen, fig. 158. Roscoe, fig. 76. 3) Roscoe, fig. 77.

drogène encore lumineux , là, Thydrogène déjà absorbant qui s’est écoulé. Il me semble que cette explication n’a rien que de plausible ‘ ).

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