C. K. HOFFMANN. SUR l'aNATOMIE DES ASTERIDES
Quand on injecte en un point quelconque T anneau vasculaire dorsal, non-seulement les 10 vaisseaux des glandes sexuelles se remplissent , mais le liquide pénètre aussi dans le canal sacciforme qui, partant de tout le contour de la plaque madréporique, enveloppe le canal pierreux, avec lequel il est en partie intimement soudé, et s’abouche inférieurement avec l’anneau sanguin oral. Ce canal sacciforme, que Tiedemann a nommé le „cœur”, n’enveloppe pas seulement le canal pierreux , dont l’origine ne correspond qu’à une petite partie de la surface de la plaque madréporique, mais aussi un corps d’apparence glanduleuse, dont la signification, toutefois, m’est restée absolument inconnue.
En outre, au bord intérieur de la jonction entre la plaque madréporique et l’origine du canal sacciforme, on voit encore, chez Y Asteracanthion rubens, deux autres organes d’apparence glanduleuse (PI. II, fig. 21), déjà remarqués par M. GreefiT^). Ces deux organes pénétrent par leurs extrémités extérieures , qui convergent vers le canal pierreux, ^ dans le canal sacciforme, tandis que les extrémités opposées font librement saillie dans la cavité du corps.
Existe-t-il, comme le présume M. Greeff, une communication j entre ces deux organes et le corps glanduliforme dont il a été question tout à l’heure? Je n’ose rien décider à cet égard; toutefois , la chose me paraît peu probable. Quand on pousse des injections en un point de l’anneau vasculaire dorsal, le liquide coloré remplit bien les deux organes qui s’étendent librement dans la cavité du corps, mais non le corps adénoïde renfermé dans le canal sacciforme.
Du canal sacciforme, la masse colorée pénètre dans l’anneau vasculaire oral, en même temps qu’elle s’échappe au dehors par la plaque madréporique. Il y a donc une communication directe entre l’appareil circulatoire sanguin et l’eau de mer. L’eau de mer s’introduit par la plaque madréporique dans le canal pierreux du système vasculaire lymphatique, et par le canal sacciforme, qui
*) R. Greef, l. c.
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relie entre eux les anneaux vasculaires dorsal et oral, dans le système des vaisseaux sanguins. M. Greeff constate également, entre Tanneau dorsal et Tanneau oral, l’existence d’une communication , s’établissant par la dilatation en sac du canal pierreux (canal sacciforme). Il pense toutefois que la communication n’occupe pas la cavité entière de cette dilatation, mais se fait par deux vaisseaux particuliers, situés à côté du canal pierreux et enveloppés, comme lui, par le sac membfaneux commun. Mes propres recherches ne m’ont pas montré ces deux vaisseaux particuliers.
Pour arriver dans l’anneau vasculaire oral, qui est situé audessus ou , pour mieux dire , au-dessous de la membrane buccale , et par conséquent en dehors de la cavité du corps , le canal sacciforme doit traverser la membrane buccale. L’anneau oral a une forme pentagonale. De chacun des cinq angles de ce pentagone part un vaisseau , qui se rend dans le sillon ambulacraire et qu’on peut suivre jusqu’à la pointe des bras, comme Job. Millier l’avait déjà indiqué (PI. II, fig. 21). Extérieurement à l’anneau oral se trouve l’anneau vasculaire lymphatique , qui est également de forme pentagonale. L’anneau oral sanguin et l’anneau oral lymphatique sont séparés entre eux par un troisième anneau pentagonal. Celui-ci est la continuation de la lame verticale décrite à l’occasion du système nerveux, et on peut l’appeler l’anneau lamineux. La formation de cet anneau lamineux n’est toutefois pas due exclusivement à la lame verticale , mais aussi , pour une part , à la forte cloison longitudinale de tissu conjonctif, qui , dans le sillon ambulacraire , sépare entre eux le nerf et le vaisseau lymphatique radial. On pourrait aussi exprimer ces rapports én disant que l’anneau lamineux pentagonal, à chacun de ses angles, envoie dans le sillon ambulacraire un prolongement, qui s’étend jusqu’au bout du bras et qui, peu après s’étre détaché de l’anneau, se partage en deux feuillets, dont l’un forme la cloison entre le vaisseau lymphatique radial et le canal nerveux , tandis que l’autre
*) R. Greelf, /. c., No. 6, p. 96.
*) Joh. Millier, Archivy 1850, p. 1.
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constitue, à rintérieur du canal nerveux, la „lame verticale’’. L’anneau oral sanguin, l’anneau lymphatique et l’anneau lumineux sont maintenant, tous ensemble, recouverts par l’anneau pentagonal nerveux. Le fait que l’anneau sanguin oral est recouvert par le nerf, était déjà connu de Tiedemann ^), car il dit ^ „ Quand on a enlevé le vaisseau orange (le nerf), on peut reconnaître la couronne vasculaire (orale)”.
Les vaisseaux qui , naissant des angles du pentagone vasculaire oral, se prolongent dans les sillons ambulacraires, peuvent être appelés vaisseaux radiaux principaux. Chacun d’eux pénètre à l’intérieur du canal nerveux correspondant , dans celle de ses trois cavités qui occupe la ligne médiane. A peu de distance du point où il s’est détaché de l’anneau vasculaire, le vaisseau radial principal perd ses parois propres; le sang est donc en contact immédiat avec la substance nerveuse; celle-ci forme la gaîne du vaisseau sanguin.
A côté du tronc radial principal on trouve encore deux autres vaisseaux, qu’on peut nommer les troncs radiaux secondaires médians , et qui pénètrent dans les deux petites cavités du canal nerveux, symétriques l’une de l’autre. Il existe donc à chaque sillon ambulacraire, renfermés dans la cavité du nerf, trois vaisseaux sanguins radiaux. Joh. Millier avait déjà dit que l’anneau vasculaire oral envoie dans chaque rayon une branche, qui émet à son tour deux courts rameaux secondaires. Il s’agit maintenant de savoir comment se forment ces deux rameaux radiaux secondaires. On ne peut le reconnaître que sur des préparations injectées très bien réussies. De chaque tronc radial principal partent aux deux côtés autant de branches transversales qu’il y a de cirres ; ces branches ne sont pas opposées l’une à l’autre, mais, comme les cirres eux-mêmes, elles alternent entre elles. Chacune de ces branches transversales se courbe en forme de boucle autour du cirre , puis se continue , tout près de l’origine de la branche trans-
*) Tiedemann, l. c., p, 51.
*) Joh. Millier, ArcUv , 1850, p. 117.
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versale suivante , avec le tronc radial secondaire. Du sommet des inflexions en forme de boucle naissent, en grand nombre , de nouvelles ramifications transversales, qui se dirigent entre les cirres de la seconde rangée , puis se continuent également , sur les deux côtés , avec un vaisseau sanguin radial , étendu le long de la partie latérale du sillon ambulacraire. Ces deux vaisseaux sanguins peuvent être désignés sous le nom de „ troncs radiaux secondaires latéraux’’. Dans le sillon ambulacraire on trouve donc en réalité cinq troncs vasculaires radiaux, qui s’anastomosent entre eux au moyen de ramifications transversales placées entre les cirres. La description qui précède ne s’applique toutefois qu’aux Astérides à deux paires de cirres. Un examen spécial devra nous apprendre quelle est la disposition des vaisseaux sanguins dans le sillon ambulacraire chez les Astérides qui ne possèdent qu’une seule paire de cirres.
Les troncs radiaux secondaires latéraux de deux rayons voisins se recourbent et s’abouchent maintenant au-dessous de la pièce dure, odontoïde, fixée dans l’angle que ces rayons forment par leur rencontre près de la bouche. Il se forme ainsi , si l’on veut , un second anneau vasculaire oral, qu’on peut appeler l’anneau vasculaire oral latéral , et qui est également recouvert par l’anneau pentagonal nerveux , là où il se recourbe sous les pièces odontoïdes.
De cet anneau vasculaire oral (latéral) naissent cinq branches , qui, par de très petites ouvertures de l’anneau buccal calcaire, pénètrent , au-dessus des pièces odontoïdes , dans la cavité du corps, et paraissent se ramifier aux deux côtés de la membrane de connexion qui unit la peau dorsale au disque buccal (par conséquent à la face interne de la cavité du corps). La manière dont ces petits vaisseaux se comportent ultérieurement ne m’est pas complètement connue. Ils paraissent en partie se rendre aux organes sexuels, en partie former un réseau vasculaire lacuneux sur la face interne de la peau du corps. Quant à ce second point , toutefois, on ne peut se prononcer qu’avec beaucoup de circonspection, attendu qu’ici, dans le tissu conjonctif lâche, il se produit aisément des canaux vasculaires artificiels. Tiedemann ^ ) aussi