C. K. HOFFMANN. SUR l’ ANATOMIE UES ASTËRIDES
vues de nombreux prolongements et ressemblant tout à fait , sous le rapport histologique , aux éléments figurés qu’on trouve dans le liquide qui circule à l’intérieur du corps et dans le système ambulacraire (fig. 26). On est donc naturellement conduit à regarder ces petits corps glanduliformes comme les centres de production des éléments celluleux que renferme le système lymphatique. Ce sont peut-être des organes homologues au cœur lymphatique des Oursins et des Spatangues, lequel, d’après ses caractères histologiques, doit aussi très probablement être considéré comme le foyer où se forment les éléments celluleux qui circulent dans le réseau des vaisseaux lymphatiques ^). M. Semper^), qui les a trouvés très grands chez le Pteraster des Philippines, dit à leur sujet : „Sie sind eine in einzelne Theile zerfallene Schlundkrause , denn ihre Verbindung mit dcm Blut-und Wassergefassystem ist hier genau die gleiche, wie ich sie oben flir die Holothurien angegeben habe. Durch Injectionen des Herzens bei jenem Seestern gelang es mir leicht , einmal den Gef assring und von ihm aus ein dichtes Gefassnetz in jenem braunen, drüsigen Korperchen Tiedemann’s-zu füllen. J. Müller hat ihre Homologie erkannt. Er nennt sie traubige Anhange, aber er sagt, meines Wissens, nirgends etwas über ihre Verbindung mit dem Blutgefasssystem.”
Les 5 canaux lymphatiques radiaux qui, naissant de l’anneau lymphatique, suivent le fond du sillon ambulacraire jusqu’au bout des bras , où ils paraissent se terminer en cul-de-sac , sont séparés du nerf sous-jacent par la forte cloison longitudinale formée de tissu conjonctif. Leurs parois consistent en un lacis dense de faisceaux conjonctifs, tapissé intérieurement d’une membrane homogène extrêmement délicate.
Les vésicules ambulacraires sont formées , de dehors en dedans , 1® d’une couche longitudinale et 2® d’une couche transversale de
i) C. K. Hoffmann, Zur Anatomie cler Echinen und Spatangeen, N ederl .
Achiv f. Zool., t. I, 1871, p. 85.
*) C. Semper, Reise im Archigel der Philippinen, t. II. Wissenschaftl, Reisen , t. Bd. Holothurien, p. 118.
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tissu conjonctif, 3® d^une couche de fibres musculaires , et 4® d’une membrane homogène mince. Il est très difficile de suivre les fibres musculaires dans leur trajet ; pourtant il m’a paru qu’elles affectent principalement une direction circulaire. Les vésicules de Poli offrent la même structure histologique que les vésicules ambulacraires. Les unes et les autres sont d’ailleurs, encore recouvertes à l’extérieur d’une membrane vibra tile. Les cirres ambulacraires montrent , de dehors en dedans , la constitution suivante : 1 ® une couche nerveuse, continuation du tronc nerveux radial étendu au fond du sillon ambulacraire , laquelle enveloppe tout le cirre et aussi la ventouse ; viennent ensuite , comme dans les vésicules ambulacraires, 2® une couche longitudinale et 3® une couche transversale de tissu conjonctif; 4® une forte couche de fibres musculaires longitudinales, 5® de nouveau une couche solide de tissu conjonctif , à fibres principalement radiales, et 6® une couche cellulaire dessinant à l’intérieur de la cavité une ligne onduleuse , et sur laquelle est étendu l’épithélium vibratile.
La couche nerveuse forme une membrane dont l’épaisseur varie , suivant le volume des cirres, de 0,06 à 0,014 mm., et dont la structure histologique est une répétition exacte de celle des feuillets nerveux. A l’extérieur on y trouve une cuticule épaisse de 0,002 — 0,003 mm., qui est couverte de cils vibratiles, et ensuite viennent les éléments nerveux proprement dits , plongés dans une substance fondamentale très finement granuleuse. Ces éléments nerveux (fig. 27, 28, 29) consistent, comme dans les feuillets nerveux , en cellules et en fibres. Les premières sont ordinairement plus petites, les secondes plus courtes que celles des troncs nerveux, auxquelles elles ressemblent d’ailleurs entièrement par la structure. Pour l’étude de la couche nerveuse c’est de nouveau la solution d’acide osmique qui convient le mieux. Après la macération dans des solutions faibles d’acide chromique ou de bichromate de -potasse , la couche nerveuse entière se laisse quelquefois détacher des cirres. Les fibres musculaires des cirres ambulacraires, de même que celles des vésicules ambulacraires, ne diffèrent pas, en structure histologique , de celles de la peau extérieure du corps.