‹ Archives néerlandaises des sciences exactes et naturelles (volume 5)Chapitre 6 sur 171 · V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ · texte numérisé non relu

V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ

changement de l’amplitude, mais très certainement sans altération de la période.

On le voit: d’après cette manière de considérer les choses, il n’y a pas place ici pour la transmission de la vibration primaire avec une période raccourcie ou allongée suivant l’une ou l’autre règle; et cela pour la raison très simple que, lorsque le mouvement relatif de la source est trop grand par rapport à ses dimensions ou au rayon de sa sphère d’action directe , elle cesse aussi de pouvoir imposer une période assignable d’avance aux vibrations spontanées qui pourraient naître des pulsations ou déplacements différentiels successifs.

Plus clairement encore: pour avoir un raccourcissement ou un allongement de la période, qui fût d’accord avec les idées émises , comme nous allons le voir, concernant une accélération ou un retard de la poussée de l’onde, il faudrait pouvoir admettre que chaque pulsation élémentaire émanée de la source vibratoire déplacée, en tant qu’elle se rapporte à ce point de départ et y retourne, cherche maintenant comme par instinct à se diriger, non vers le point de départ effectif, mais vers un autre point dans lequel la source primaire se trouve transportée au moment où elle émet l’impulsion suivante; or ceci serait par trop arbitraire. En conséquence , si la vibration de la source primaire ne peut être transmise au milieu ambiant d’une manière intégrale, avec sa période propre, elle ne peut pas être transmise du tout ; elle se dissipera alors probablement en vibrations courantes, dont le résultat final échappe complètement au pouvoir de l’analyse, au moins dans son état actuel.

4. Les considérations qui précèdent seront acceptées, je crois, par tous ceux qui chercheront à se faire une idée nette de la manière dont s’opère la transmission d’une vibration fixe au milieu ambiant; aussi longtemps que ce milieu reste homogène et indéfini, il n’y a, ce me semble, rien à en rabattre. J’ai jugé utile d’appeler l’attention sur ce point de vue, qui est peut-être propre

à épargner des déceptions et à empêcher la science de s’engager dans une voie fausse.

En ce qui concerne l’influence du mouvement du prisme sur la direction du rayon réfriicté , je puis me borner à rappeler qu’Arago a démontré par l’expérience , il y a longtemps, qu’un effet de ce genre n’existe pas , et que Fresnel ^ ) a donné l’explication théorique de ce résultat négatif, en montrant que l’influence du mouvement sur la direction du rayon réfracté est compensée par un changement de la valeur de l’aberration. Personne, jusqu’ici, n’a fourni la preuve expérimentale que cette résultante du changement de la réfraction et du changement de l’aberration n’est pas égale à zéro. Par contre, M. Fizeau a fait voir que dans le mouvement de l’eau , tel qu’il l’a soumis à ses éxpériences, l’hypothèse d’où Fresnel était parti se vérifie également; et d’un autre côté, on sait que la supposition de l’éther laissé en repos dans l’espace est seule en état, jusqu’à présent, de donner une explication satisfaisante , dans la théorie des ondulations , du phénomène de l’aberration des étoiles. On peut conclure de là , réciproquement , que ce serait une recherche mal fondée de vouloir déterminer l’influence du mouvement du prisme sur la direction du rayon lumineux, et que ce serait une tentative encore beaucoup moins motivée, et même un véritable recul de la science, d’admettre aujourd’hui une pareille influence pour l’explication partielle d’un déplacement des raies du spectre.

L’hypothèse de Fresnel, dont la fécondité a été constatée, indique donc aussi à quel point de vue doit être considérée l’influence du mouvement de la source lumineuse sur la réfraction. Suivant cette hypothèse bien connue , l’éther qui propage les vibra^ tiens lumineuses est en repos dans l’espace illimité; les corps matériels n’entraînent dans leur mouvement que la partie de l’éther inclus qui forme l’excès de densité de cet éther sur celui de l’espace.

5. Un milieu indéfini, restant en repos malgré le déplacement

Annales de Chimie et de Physique, t. IX, p. 56 et 286. 1818. *) Comptes rendus, t. XXXIIl , p. 319. 1851.

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