V. s. M. VAN DER WILLIGEN. SUR LA FAUSSETÉ
des corps qui y sont plongés , et doué de la propriété additionnelle admise par Fresnel, nous tire donc facilement d’affaire quant à l’influence du mouvement du prisme sur la direction du rayon; mais, si l’on se rapporte à ce qui a été dit plus haut^ il rend plus compliquée l’étude de la transmission de la vibration entre la source en mouvement et le milieu ambiant. Néanmoins, avec ce point de départ du milieu en repos, on arrive encore sans trop de peine , comme on le verra plus loin , à la conclusion que le mouvement de la source est également sans influence sur la réfraction. Cela n’implique pas, toutefois, que, si au contraire l’étber ambiant était bien entraîné dans le mouvement , la direction du rayon réfracté devrait être aussitôt regardée comme dépendant à la fois du déplacement du prisme et de celui de la source. Quant au prisme , du moins si lui et le milieu ambiant se meuvent avec des vitesses parfaitement égales, il ne saurait être question d’une altération apportée par ce mouvement à la direction du rayon réfracté. Et pour ce qui concerne la source, M. Petzval a très bien reconnu, dans les Mémoires dont nous parlerons plus loin, que l’entraînement complet du milieu ambiant par la source devait donner le coup de mort à toute théorie qui là, près de la source, exigeait une modification de la durée de vibratiofl ou de la longueur d’onde de la vibration propagée.
D’ailleurs, quand même les corps en mouvement entraîneraient entièrement l’éther ambiant, il y aurait bien, sur la distance immense qui sépare par exemple la terre du soleil, quelque point intermédiaire où cet éther, tout à fait insensible aux deux mouvements, resterait en repos complet; et ainsi, dans l’hypothèse de l’entraînement, la question serait au fond transportée à un autre point de l’espace, où sa solution présenterait, il est vrai, d’après ce que nous pouvons maintenant pressentir, de plus grandes difficultés', mais sans être pour cela absolument désespérée.
Dans l’état actuel de la science, toutefois, le passage de la vibration d’une source en mouvement à un éther en repos, ou d’un éther en repos dans une matière réfringente en mouvement, est encore la seule question à l’ordre du jour.
Le point de vue auquel je considère Tinfluence du mouvement de la source lumineuse et du prisme sur la direction du rayon réfracté se trouve maintenant, je pense, assez bien caractérisé. Je laisse de côté la conception ^secondaire d’onde, et beaucoup plus encore celle de poussée de Tonde ; je m’en tiens à la notion fondamentale de vibration courante , qui seule possède de la réalité dans la nature des choses, et dont Tonde ou la poussée de Tonde ne sont qu’un résultat.
Si, dans ce qui va suivre, je montre quelque sévérité pour les observations de savants distingués, je n’y suis poussé que par l’intérêt de la science, et par la pleine conviction qu’il faut chercher dans ces observations elles-mêmes la cause des déplacements trouvés dans le spectre. Je crois être, d’ailleurs, d’autant mieux justifié sous ce rapport, que jamais non plus je n’ai épargné mes propres observations.
, 6. En 1842, Chr. Doppler *) avança sommairement que, par le mouvement relatif de la source vibratoire primaire et de Tobservateur, la couleur de la lumière observée ou la hauteur du son perçu est modifiée suivant une loi très simple. Il prend le rayon lumineux ou sonore qui coïncide avec la direction du mouvement et il le distrait de la sphère entière à laquelle il appartient, sans tenir compte de la relation nécessaire qui existe entre ce rayon et le nombre infini des autres rayons qui partent avec lui du même point dans toutes les directions. Ce rayon , le seul qu’il considère, est pour lui une ligne droite , suivant laquelle le son ou la lumière se propagent en autant d’ondes ou de poussées jusqu’à l’observateur, lui-même en mouvement (se figurer un navire qui fend une eau onduleuse); et parce que la source vibratoire ou l’observateur se meuvent maintenant juste dans la direction de ce rayon , la vitesse avec laquelle les ondes courent vers l’observateur est augmentée ou diminuée de la vitesse relative de celui-ci par rapport à la source.
’) Dus farhige Licht der Dopj)elsterne , Prag, 1842.