A. W. M. VAN HASSELT. SECONDE COMMUNICATION
M. Fraser lui-même décrit les fruits qu’il a reçus {follicles) * ) comme ayant une longueur de 9 à 12 pouces anglais, une largeur ou épaisseur maximum d’environ 1 pouce, et un poids de 130 à 330 grains. Ces fruits renferment de 100 à 200 petites graines, pesant chacune environ J- grain, et pourvues d’un stylet fragile, à appendice chevelu très élégant.
• En comparant ces descriptions avec les indications antérieures données par Clapperton et M. Griffon, et citées dans mon Mémoire, on trouvera entre les unes et les autres, quant aux points essentiels, un accord très satisfaisant ; il n’y a de divergence un peu notable que pour la longueur attribuée aux follicules, mais celle-ci, de même que dans d’autres fruits, peut facilement être sujette à quelques variations individuelles.
En tenant compte de ces données, ainsi que d’autres encore, et surtout en s’appuyant sur l’examen ultérieur des fleurs communiquées, M. le prof. Oliver, de Kew, a reconnu que la plante mère du poison à flèche Komhé appartient à la famille des ApocynéeSj et il l’a rapportée au genre Strophanthus de De Candolle. Quant à la détermination spécifique, il avait d’abord identifié la plante avec le Str. hispidus D. C. , mais , à la suite d’une nouvelle étude , il a rejeté ce nom, et a maintenant décrit définitivement la plante, dans les Icônes Plantarurrij No. 4, sous le nom nouveau de 5/r.
Ma diagnose se trouve donc confirmée dans sa partie essentielle , c’est-à-dire, en ce qu’elle rapportait la plante à l’ordre des ilpocynaceae d’Endlicher, sous ordre des tJuapocyneaej tYihix des Echiteae'^ mais , au lieu d’appartenir au genre Echites , la plante forme une espèce nouvelle d’un autre genre de cette tribu, le genre Slrophanthus; ce résultat légitime le doute qu’avait déjà émis, au sujet du genre EcliileSj M. C. A. J. A. Oudemans.
2°. Action physiologique.
Voici comment je m’étais exprimé à cet égard dans mes Conclusions ■ (n^ 6) :
„Les expériences de M. Pelikan et les nôtres paraissent
Bien que cela ne soit pas mentionné, on peut inférer de la description originale que ces fruits et les autres parties de la plante possédaient les mêmes caractères, soit qu'ils eussent été obtenus de l’Afrique orientale ou de l’Afrique occidentale.
*) Je dois rappeler ici que toutes mes expériences à ce sujet ont été faites avec le concours de mon ami le prof. Kooyker.
SUR LES POISONS à FLECHE AFRICAINS.
mettre hors de doute que ces poisons à flèche appartiennent tous les deux aux poisons du cœur de l’école toxico-physiologique.”
Si dans cet énoncé ^ de même que dans les Conclusions précédentes , j’ai parlé des deux poisons à flèche les plus connus de l’Afrique , je dois maintenant faire remarquer que c’est seulement sur l’origine du poison à flèche Kombé Fraser (riz mon poison à flèche de la Guinée) que les recherches récentes ont jeté un nouveau jour ; quant au poison à flèche du Cap, faute de renseignements botaniques , nous en sommes enpore réduits à la simple conjecture , — fondée sur l’analogie d’action, — qu’il est identique au précédent ^).
En ce qui concerne le mode d’action du poison à flèche Kombé, les belles recherches de M. Fraser ne laissent plus place au doute. Il a opéré, en effet, non-seulement avec ce poison lui-même , mais aussi et surtout avec un extrait alcoolique retiré des graines du SlrophanthuH , et fes expériences entièrement semblables , exécutées avec ces deux matières, n’ont pas porté exclusivement, comme les miennes, sur des grenouilles, mais aussi sur des lapins, des chiens, des chats et des pigeons ^). Il a pu établir ainsi, d’une façon tout à fait certaine , et indépendante des recherches antérieures, la vérité du résultat provisoire énoncé par M. Pelikaü pour le poison à flèche du Gabon (très probablement identique avec celui de Kombé) , savoir , que ce poison , de même que sa plante mère, doit être rangé parmi les poisons du cœur de Kolliker, Pelikan et autres. L’extrait dont M. Fraser s’est servi dans ses expériences fut préparé en traitant les graines de Slrophanthus par
*) A propos de ce poison à flèche du Cap, je ne puis m’empêcher de marquer ma surprise de ce que M. Praser, dans son second Mémoire, par conséquent avec connaissance de cause, l’ait passé entièrement sous silence. Il cite mon travail une seule fois, à la page 141, pour dire — pas une lettre de plus — / que le poison à flèche Kombé „se rencontre également en Guinée.” Il ne fait même aucune mention des titres de M. Pelikan à la première découverte (1865) de l’action que le poison à flèche Kombé exerce sur le cœur. Cette réserve s’explique d’autant moins que , dans une Note (p. 154), se trouvent rappelées, par contre, quelques expériences non publiées , què M. le prof. Sharpey aurait faites sur ce même poison dès l’année 1862. Pourquoi soulever ici de nouveau une question de priorité ?
-) Chez ces animaux, toutefois, l’action paralysante sur le cœur ne peut être constatée, à beaucoup près, avec le même degré d’évidence et de certitude que chez les grenouilles.