C. H. D. BUYS-BALLOT. SUR LA SIGNIFICATION
rentes; du moins, tant qu’on ne peut pas 'encore se résondre à sacrifier un peu de son amour propre, afin d’économiser des heures de travail et tarir une abondante source d’erreurs. La méthode adoptée en Néerlande supprime bien en grande partie les difficultés pratiques, mais ce n’est pas précisément tendre à l’uniformité, ce grand but du Congrès, que de continuer à se perdre dans la dualité et la pluralité.
Il fut soutenu par un assez grand nombre de membres qu’il n’est pas nécessaire de faire imprimer tout ce qu’on observe , qu’on imprime déjà beaucoup trop, qu’il vaudrait mieux se demander mutuellement des renseignements, d’autant plus que, malgré l’étendue des publications , il n’en reste pas moins impossible d’y faire entrer tout ce qui pourrait être raisonnablement désiré dans quelques cas, par exemple, pour certaines, recherches sur le magnétisme terrestre, qui exigent la connaissance des éléments magnétiques pour tous les instants du temps. — Mais, si l’on ne publie pas toutes les observations , il faut pourtant qu’il en existe des copies , et qu’on sache où ces copies sont conservées. C’est là, à mon avis, un point essentiel: être sobre en fait de publication d’observations locales, et donner plutôt quelques certaines de francs pour faire copier une série en détail , qu’en dépenser autant de milliers pour des recueils imprimés, qui n’en restent pas moins incomplets, et dont une grande partie ne sera jamais consultée. Mieux vaudrait , à coup sûr, consacrer cet argent à l’entretien d’observatoires dans les parties lointaines de la surface terrestre.
Telle a été l’opinion du Congrès en général , bien qu’il n’en ait pas encore fait l’objet d’une recommandation formelle, comme je l’eusse souhaité. L’examen ultérieur de cette question, ainsi que d’autres points d’une nature générale, a été confié à un Comité permanent, élu par ’ le Congrès. Ce Comité, composé de MM. Wild, Scott, Mohn, Jelinek, Cantoni, Bruhns et Buys-Ballot, fonctionnera pendant deux années, s’assemblera à Utrecht au mois de Septembre prochain, préparera la réunion du Congrès futur, et en attendant se mettra en correspondance avec les Directeurs des Institutions centrales des divers pays. En réponse
à sa première circulaire, très libéralement répandue, le Comité a déjà recueilli de différents côtés des assurances précieuses de concours. N’est-il pas, en effet, du plus haut intérêt qu’il puisse établir un échange d’idées avec les principaux représentants de la science météorologique dans chaque pays, recevoir d’eux des éclaircissements au sujet des particularités ou des besoins locaux , et apprendre quelles sont , aux yeux de la majorité des observateurs , les mesures les plus utiles ? Que tous ceux qui partageraient cette manière de voir , et qui n’auraient pas reçu la circulaire du Comité, veuillent bien m’en faire la demande et ensuite la propager autant que possible. ' A défaut de lettre , l’envoi d’une simple adresse imprimée suffira pour faire connaître au Comité qu’on désire entrer et rester en relations avec lui. Les ouvrages qu’on voudra bien m’adresser, ouvrages qui seront présentés au Comité réuni, et qu’il conviendrait, à mon avis, de conserver dans une Bibliotèque générale , seront aussi considérés comme la preuve qu’on souhaite être tenu au courant de ce que le Comitéj fait ou propose.
Ainsi pourra être accompli le projet formulé et chaleureusement développé devant le Congrès par M. Fradesso da Silveira, Conseiller du Roi de Portugal et météorologue éminent, et par M. Plantamour, de Genève, tenu par tous en si haute estime comme astronome, physicien et météorologue. Ce projet tendait à la publication d’un ouvrage universel , dans lequel serait représenté l’état du monde entier au même instant. M. Plantamour cita les Annuaires météorologiques néerlandais comme réalisant en partie cette idée , quoique leur champ s’étende peu au-delà de l’Europe, et que toutes ‘les parties de cette partie du monde n’aient pu y être traitées, à beaucoup près, d’une manière uniforme, vu que l’auteur ne put utiliser les lieux qu’il eût choisis mais qu’il dût prendre ceux desquels on lui envoyât les observations. Il est permis d’espérer que le Comité pourra obtenir un travail analogue , sur une région déterminée, de chacun des Directeurs d’institut, qui ainsi se partageraient l’étude météorologique de la surface du globe, de la même manière que les astronomes distribuent entre eux l’étude