C. H. D. BÜYS'BALLOT. SUR LA SIGNIFICATION
des différentes parties du ciel ou celle des questions particulières . Ces travaux devraient être exécutés d’après un même plan général , fixé d’avance , afin de pouvoir être comparés l’un avec l’autre et considérés tous ensemble. C’est pour cette espèce de publication qu’une forme commune est une condition de rigueur.
Je signalerai enfin l'importante proposition du général Myer, qui a été adoptée par le Congrès , et qui est même déjà entrée dans la période d’application, grâce à l’activité de son auteur. Il s’agit de réunir des observations faites au même instant de temps absolu , savoir, à 7 h. 35 m. du matin pour l’Amérique, et à 1 h. 4 m. de l’après-midi, temps d’Utrecht, pour l’Europe. C’est là une excellente mesure, qui exercera certainement une influence favorable sur le concours à établir entre tous les observateurs. Sans doute , il n’y a pas à en attendre une utilité pratique immédiate , surtout à cause des grandes lacunes qui existent encore dans le réseau météorologique ; mais ce n’en est pas moins le seul moyen qui puisse nous conduire un jour à la connaissance des états simultanés sur toute la surface terrestre, et par conséquent aussi à celle de leur mode de propagation. A ce titre , je vois dans la mesure en question un commencement de réalisation du vœu que j’exprimais en 1850, savoir, que le ton donné par la Néerlande pût trouver de l’écho dans le monde. entier ^).
Le côté pratique, celui des applications dont la science météorologique est susceptible, n’a pas non plus été oublié par le Congrès. Déjà à Leipzig , l’année précédente , une sous-commission , composée de MM. Scott, Neumayer et Buys-Ballot, avait été chargée de faire un rapport sur la question de savoir s’il existait des raisons suffisantes pour attendre , d’après des états connus de
*) ,,Car la Météorologie deviendra une science par l’association et par le télégraphe électrique Xa vraie méthode , celle des déviations , est maintenant
mise en lumière par des exemples. Elle portera plus de fruits à mesure que l’observation embrassera un terrain plus étendu , etc.” ( Uitkomsten der waarnemingen te JJtrecht gedaan in 1849 en 1850.) Principalement la préface du Jaarboekde e,iPog g. Annalen, Ergânzungsband IV, p. 559. Aulforderung der Beobachter das Sammeln am vielen Orten zu erleichtern.
l’atmosphère et surtout d’après les hauteurs barométriques observées simultanément en des points différents, l’arrivée prochaine des tempêtes , et si l’on était assez avancé pour porter ces prévisions , par des signaux , à la connaissance du public. La sous-commission s’est acquittée de cette tâche , en s’aidant des nombreuses infor mations reçues , et son rapport , approuvé par le Congrès de Vienne , verra le jour sous peu. Dans l’entretemps, un appareil télégraphique pour le service de campagne a été imaginé par M. Kromhout, major du genie hollandais, et cet appareil, déjà adopté pour sa destination spéciale, a aussi été approprié à la transmission des signaux relatifs au temps. Il permet de donner 54 signaux différents, qui sont distinctement visibles à de grandes distances, et qui satisferont par conséquent mieux que ceux de l’aéroclinoscope , aujourd’hui en usage chez nous.
Le Congrès a apprécié tout particulièrement les recherches de M. le professeur Mohn , à Christiania , de M. Clement Ley , en Angleterre, et du capitaine Hofmeyer, directeur de l’Institut météorologique de Copenhague. Ce dernier présenta de magnifiques cartes, ayant rapport à .la formation et â la marche progressive de différentes tempêtes. Chacun s’empresse d’exprimer le voeu que ce beau travail pût être publié.
On a encore reconnu l’opportunité de réunir bientôt une Conférence maritime , qui aura à s’occuper des observations qu’il convient de faire exécuter à bord des navires , et de la méthode à suivre pour déduire de ces observations les routes maritimes les plus rapides et les plus sûres. Le travail préparatoire à la réunion de cette Conférence a été confié à une Commission , dont les membres sont: MM. Scott, Neumayer, Mohn, Mouchez et Buys-Ballot. Il est clair que les observations systématiques qu’on a en vue donneront aussi une puissante impulsion à notre connaissance des phénomènes qui se passent au sein de l’Océan ou au-dessus de sa surface.
Archives Néerlandaises, T. IX.
SUR