LK PARASITISME ET L'ÉCOULEMENT GOMMEUX CHEZ LES AMYGDALÉES
M. W. BEIJEBINCK et A. BANT.
11 y a déjà longtemps qu'on a reconnu *) qu'un hyphomycète, vivant en parasita dans lYcorce des Amygdalées, appelé Coryneutn heijef'mchii par M. OuDEMANS [Hedwigia, 5 sept. 1883, n*^. 8), mais probablement identique à Clasferosporium arnygdalearum Sacc. (= Helmiulhosporium carpophilum (Lev.) Adkrh.), donne lieu à un écoulement de gomme abondant et persistant, quand on l'inocule dans le cambium de ces arbres.
Au commencement, on a émis de divers côtes des doutes sur l'exactitude de cette observation, qui a été confirmée d'autre part. Actuellement il ne saurait plus régner de l'incertitude à ce sujet; la preuve en a été fournie au moyen des cultures pures ^) du champignon eu question. Ce sont particulièrement les recherches détaillées de M. Adbrhold') qui ont étendu à plus d'un point de vue notre connaissance du phénomène de la gommose parasitaire.
*) M. W. Beijerinck, Maladie de la gomme chez les plantes; ces Archives^ 19, 1886.
') Les caltures pures sont d'une préparation bien plus difficile qu'on ne Tattendrait d^nn champignon, dont la croissance est aussi vigoureuse. 11 est recommandable de se servir d'une décoction de feuilles de pêcher dans de Tagar à peptone, ou de l'agar à moût dilué, et on obtient alors, soit une forme très virulente, très sporulante, ou une forme peu virulente, avec peu de spores, ou même un mycélium stérile, qui se comporte comme saprophyte, ou du moins comme un faible parasite. Depuis 1886 j'ai fait de nombreuses expériences avec de pareilles cultures pures.
*) Ueber Clasterosporium carpophilum (Lév.) ÀDERH.unddessenBeziehuDgen zum Gummifluss. Arbeiten dey Biolog, AbleiL des Gesundheitsamtes ^ Bd. II. 1902, Heft 5. p. 515.
ÉCOULEMENT GOIfMEUX CHEZ LES AMYGDALEES. 185
Mais, dans toutes les recherches antérieures, on n'a pas assez fait attention an rapport qui existe entre Tëcoulement gommeux et l'excitation produite par une blessure, ni à celui entre cette excitation et le parasitisme; voilà comment il se fait qu'une théorie satisfaisante du processus manque encore complètement. Les nouvelles expériences, que j'ai entreprises avec le concours de M. A. Rant, dans le but de faire la lumière sur ce côté de la question, ont permis de se faire une meilleure idée de la relation entre ces phénomènes, dont les pages suivantes donnent un aperçu préliminaire, et qui sera traitée plus en détail à une autre occasion.
Comme objets d'expérience nous nous sommes surtout servis du pêcher et du pêcher-amandier '), parce que ces espèces sont très sensibles à des lésions et y réîigisseut aisément par un écoulement de gomme. Le cerisier, le prunier et l'abricotier ne donnent pas aussi facilement de la gomme quand on les blesse, mais présentent d'ailleurs des phénomènes identiques.
Nous communiquerons d'abord les observations faites sur des tiges très jeunes, encore vertes, puis celles sur des tiges plus âgées, présentant un ou plusieurs anneaux totalement lignifiés.