Lésion du cambium déjeunes rameaux verts
Quand en plein été on blesse jusque dans le cambium et le bois secondaire déjeunes pousses du pêcher ou du pêcher-amandier, on constate qu'en moins d'une semaine, parfois même en 4 jours, des gouttelettes de gomme apparaissent sur quelques blessures. Près du sommet de la pousse Fécoulement gommeux est faible; puis vient une zone, longue de 1 à 2 décimètres, où le phénomène est le plus intense ; plus bas encore il diminue de nouveau, et il finit par disparaître complètement quand on s'éloigne davantage du sommet. La région la plus sensible est donc celle qui e4 située au-dessous et tout près de la zone du maximum de croissance longitudinale, mais ce n'est pas cette zone ellemême. La raison pour laquelle elle ne se confond pas avec cette zone, c'est sans doute que récoulement gommeux est en rapport avec la crois-
*j Amygdalus amygdalo-persica; Duhamel Dumonceal, Arbres fruitiers, Tab. 4; Grenikr et Godron, Flore de France, T. I, 1848, p. 512.
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sauce en épaisseur cambiale, aussi bien celle du cambium que celle du procambium ; or, dans les ])arties qui s'allongent encore cette croissance est faible, et les autres tissus parenchjmateux sont incapables de se transformer en gomme. Cette circonstance est d'une importance capitale pour l'explication du phénomène.
Il importe aussi de remarquer le fait que, quand on fait Texpc^rience sous la forme considérée ici, les portions du rameau déjà recouvertes d'une couche subéreuse ne présentent pas non plus d'écoulement gommeux, quand en été on les blesse au cambium. Mais je montrerai tantôt qu'il n'en est pas ainsi en toutes circonstances, et que cela dépend notamment de la saison ; on doit donc conclure que c'est l'état physiologique dans lequel se trouve le tissu qui détermine la possibilité ou l'impossibilité de la formation de la gomme.
L'examen microscopique des blessures où se forme de la gomme a appris, que cette substance sort de fins canaux qui se trouvent à l'intérieur de l'anneau de cambium, qu'ils touchent directement par la face extérieure. Au point de vue anatomique cette gomme correspond donc à l'aubier secondaire, qui s'est arrêté dans son développement et est devenu fluide quand il était encore à l'état cambial ou cellulaire. La formation de canaux séparés résulte du fait, que les cellules du cambium des rayons médullaires se transforment bien pins difficilement eu gomme que le jeune bois entre ces rayons. Cependant la gommose peut finir par affecter aussi les rayons médullaires en voie de formation, et il se forme alors des cavités gummifères plates ou des canaux elliptiques larges. Les cellules et faisceaux de cellules trichomatiques, bien connues et souvent figurées, qui pénètrent dans les canaux gummifères, proviennent d'ordinaire de la transformation du jeune cambium des rayons médullaires.
La situation et l'extension des canaux gummifères sont étroitement liées à la localisation et l'importance de la blessure. Quand la lésion est faible, on ne trouve les canaux que dans son voisinage immédiat; ce n'est que quand la blessure est pénétrante et atteint la moelle des rameaux que les canaux se forment sur tout son pourtour. Les canaux atteignent une longueur de 1 à 10 mm.; leurs extrémités sont situées à peu près sur une ellipse, dont la blessure occupe le foyer inférieur (c. a. d. tourné vers la base du rameau). Ainsi donc l'excitation traumatique peut s'observer un peu plus loin vers le haut que vers le bas de la blessure, et latéralement elle s'étend encore moins loin que dans
ÉCOULEMENT GOMMECX CHEZ LES AMYODALEES. 1S7
le sens longitudinal. Quand la lésion oflTre peu d'étendue, p. ex. quand on a pratiqué une petite incision transversale ou simplement une piqûre, on observe, d'accord avec ce qui précède, que les canaux les plus larges sont au centre et que latéralement ils deviennent d'autant plus étroits qu'ils sont plus t^oignés de la blessure.
Résumant ce qui précède, nous arrivons à cette conclusion, que la gomme traumatique, qui se forme en été dans les jeunes rameaux verts, sous rinfluence d'une excitation s'étendant elliptiquement autour de la blessure, se forme aux dépens de l'aubier en voie de dévelopj)emeut, tandis que tous les autres tissus , dont le développement est plus avancé ou achevé, quelles que soient leur nature et leur situation, ne sont pas affectés par Técoulement gommeux. En un mot, le phénomène repose sur une transformation pathologique du tissu ligneux embryonnaire, causé par une excitation traumatique.