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Lésion du cambinm de branches jpJns âgées

Quand on coupe aux mois de février et mars des branches, âgées d'un an ou plus âgées encore, d'un pêcher, d'un pêcher-amandier, d'un abricotier, d'un cerisier ou d'un prunier, et qu'on les place avec leurs bases dans l'eau dans une chambre chauffée, on observe au bout de 5 à 10 jours que toutes les branches saines et vigoureuses, sans exception, laissent suinter de la gomme par l'anneau cambial de la section. Des coupures que l'on pratique à cette époque dans de pareils rameaux, traversant récorce et pénétrant jusque dans le cambium, présentent le même écoulement, qui est surtout sensible quand la section est oblique ou transversale, tandis qu'il l'est moins quand la plaie est longitudinale.

Des blessures analogues, faites à l'air libre dans cette saison, ne donnent pas lieu à un écoulement gommeux, sans doute parce que la température est trop basse pour rendre possible les processus biochimiques nécessaires au phénomène. D'autre part, ces mêmes branches, quand on les blesse de la même façon en été, ne réagissent pas par un écoulement de gomme, pas plus quand on les conserve dans Feau dans une chambre que quand on les laisse sur l'arbre. Il en résulte clairement que c'est surtout de Tétat particulier du cambium au printemps que dépend la formation de la gomme. Mais il n'en est plus ainsi quand la plaie est infectée par Cvri/neum, qui excite toujours à une production de gomme abondante.

188 M. W. BKIJEKINCK ET A. KANT.

Quand on examine au mois de février Tanneau cambial au voisinage d'une section d'où coule la gomme, on observe ce qui suit:

On constate en premier lieu qu'en cette saison le „cambium" se compose de plusieurs couches et non d'une couche unique de cellules. Dans tous les cas, le contraste entre l'écorce et le bois n'est pas fort marque dans ce tissu cellulaire, et il est impossible d'indiquer où s'établira la limite entre les deux. Mais ce qui est particulièrement intéressant, c'est la formation de canaux gummifères dans ce manteau cambial, composé de pluî^ieurs (4 à 6) couches de cellules, dans le voisinage, et même jusqu'à une distance considérable des portions lésées, d'une façon qui est tout à fait la même que nous l'avons décrit tantôt pour les jeunes rameaux verts. Il est vrai que, vu le manque de différenciation dans le cambium, et l'inactivité de la croissance en épaisseur, leur origine dans la partie qui correspond à l'aubier, et non à Técorce secondaire, est difficile à établir, et -îxige un examen minutieux et poursuivi du développement du bois. Mais on arrive à la conclusion certaine, que la gomme se forme, dans ce cas aussi, aux dépens du bois embryonnaire.

Dans cette épreuve en chambre avec des branches âgées, l'extension et la disposition des canaux gummifères sont plus nettes et d'un examen plus facile que pour les jeunes rameaux. C'est au milieu de leur longueur que ces canaux ont la plus grande largeur, et leurs extrémités sont étroites; les canaux du milieu, c. àd. ceux qui sont les plus rapprochés de la blessure, sont les plus volumineux. Ici aussi les canaux aboutissent à l'intérieur d'une ellipse, dont la plaie occupe à peu près le foyer inférieur. On reconnaît donc facilement que l'excitation se propage plus loin dans le sens du sommet que vers la base de la pousse; une circonstance que Ton pourrait expliquer en admettant que l'excitation se propage dans le xylème avec la ^s^ève ascendante." L'observation de M. Adekholu, que rinfection par Ourijutum de blessures faites au-dessus d'un „anneau" sans écorce, dans un rameau annelé par incision , donne lieu à un écoulement gommeux beaucoup plus fort qu'audessous de l'anneau, n'est pas en désaccord avec cette supposition, puisque la „sève descendante" apporte au-dessus de Tanneau les aliments, dont Cort/ueum a besoin pour se développer et qui manquent bientôt au-dessous de Tanneau.

Des deux côtés d'une blessure latérale, les canaux s'étendent d'autant pins loin que la lésion est plus profonde et plus étendue; il est donc pos-

ÊCOCLEMEN'T GuMlOSCX CHBX UtS AlfYGDALÉi:S. 1S9

sible de transformer en on système de canaux gammifères^ par des incisions profondes^ i'annean cambial presque toat entier, tout comme pour les sections transversales. Ici comme pour des rameaux verts ^ le cambium des rayons médullaires produit bien plus di£Bcilement de la gomme que les portions interradiales, qui produisent plus tard le vrai bois. Pourtant^ quand Texcitation traumatique est très énergique, le cambium des rayons médullaires se liquéfie également^ et les canaux communiquent alors latéralement en donnant naissance à des cavités plates.

En r^umé , nous arrivons pour les branches âgées aux mêmes concl usions que pour les jeunes pousses: Técoulement gommeux est dû à une liquéfaction de Taubier embryonnaire, produite par excitation traumatique.

Le fait bien connu ^ que Ton observe souvent (mais pas toujours) chez les Amygdalées, dans le bois de tout âge, des cavités et des canaux gununifères, s'accorde parfaitement avec ce qui précède, quand on admet que les canaux du vieux bois, éloigna du cambium , se sont formés il y a longtemps déjà, quand la région dévastée était encore à Tétat embryonnaire. Le boiê cot/iplèlemetit formé ne se Uquéjie jamais. Il résulte encore de ce qui précède, que le cambium n'est pas détruit par le processus, car, en dehors des cavités à gomme, il a formé régulièrement les anneaux ligneux annuels.

Quelle est la dimension que peut atteindre un canal gummifère, et comment il se fait que la même couche de cambium forme alternativement du bois et de la gomme, sous Tinfluence d'une excitation traumatique persistante, comme dans le cas d'infection par Corjfueumy voilà des questions non encore résolues.

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