ÉCOULEMENT GOMMEUX CHEZ LES AMYODALEES
dant de gomme chez toutes les Amygdalées examinées; au point de vue anatomique, on observe alors les mêmes phénomènes que Ton obtient par un simple blessure ou par empoisonnement par le sublimé, mais à un degré beaucoup plus fort, et c'est encore une fois la formation, dans la région cambiale, de canaux gummifères que Ton retrouve plus tard dans le bois secondaire^ qui est ce qu'il y a de plus frappant.
5. Comparaison de V écoulement gommeux avec F écoulement de gomme-résine.
L'écoulement de gomme chez les Amygdalées, comme conséquence d'une excitation par traumatisme, n'est pas du tout un phénomène isolé; au contraire, jusque dans les détails anatomiques, il est identique à des cas bien étudiés d'écoulement de gomme-résine chez les Dicotylées, où Ton a même observé avec certitude un mycélium parasitaire, que l'on n'a toutefois pas exactement interprêté. Pour l'écoulement de gomme-résine on a deux cas à considérer. Ou bien il n'y a pas de canaux résinifères dans la plante saine, et ces canaux ne prennent naissance que par suite d'une excitation traumatique [Styrax benzoin), tout corame chez les Amygdalées, ou bien la plante normale contient déjà de pareils canaux (Canarium, Shorrea, Toluifera), Mais M. Svendsen ') a clairement démontré pour ce dernier cas que les canaux normaux n'ont rien à voir dans la formation de la gomme-résine pathologique, qui découle de nouveaux canaux, formés, par suite de la lésion, dans la région cambiale, d'accord avec ce qui s'observe chez Styrax benzoin aussi bien que chez les Amygdalées.
Ce mode de formation des canaux gommeux n'est d'ailleurs pas seulement la règle pour la gomme et la gomme-résine, mais encore pour la résine traumatique elle-même, comme l'a démontré M. Tsirch ^).
11 résulte des descriptions anatomiques de ces auteurs, que le produit pathologique dérive partout de la liquéfaction du jeune bois secondaire embryonnaire, de sorte que la gommose aussi bien que l'écoulement de gomme-résine et de résine proprement dite doivent être considérés inva-
') Svendsen, Harzfluss bel den Dikotylen {Archiv for Matheniatik og Naturvidenshab a^HELLAND, Sars, Torup, 26, 1, 1905). Dans ce travail sont décrites les préparations faites par M. le Prof. Treub à Buitenzorg. On y tronve au8si la bibliographie.
*) Ueber den Harzfluss. Flora Bd. 93, p. 180, 1904.
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riablemeut comme des troubles pathologiques dans le processus de la lignification.
La comparaison est rendue encore remarquable par le fait que, dans tous les cas, le parasitisme semble jouer le même rôle, c. à d. qu'en prolongeant une excitation traumatique il active Técoulement de résine et de gomme-résine de la même manière que la gommose.
L'exactitude de cette assertion a déjà été établie expérimentalement pour la gomme damar, de Tîle d'Obi près de Célèbes, ce qui résulte d'un rapport sur cette substance, soumis au Gouvernement Hollandais par le forestier en chef M. S. P. Ham, et dont l'auteur a eu Tobligeance de me procurer une copie. M. Ham a constaté que cette gomme-résine, produite par une Diptérocarpée (suivant Boerlage une espèce de Eopea non encore décrite), coule beaucoup plus abondamment et régulièrement quand on infecte au préalable les blessures par des morceaux de la même gomme.
Les échantillons employés pour Tinfection contenaient, sans aucun doute, le mycélium ou des spores d'un parasite, et il est évident qu'il s'ouvre ici pour la botanique pratique un vaste champ d'étude des moyens pour obtenir, d'une façon plus rationnelle et en plus grande quantité, les substances précieuses considérées ici. Dans ces recherches il s'agira en premier lieu d'obtenir en cultures pures les parasites actifs, et ensuite on devra examiner quelle est la meilleure méthode pour infecter, au moyen de ces organismes, des blessures artificielles. Avec Coryneuyn on obtient fort simplement une infection générale de plusieurs blessures, en arrosant les branches lésées, ou même les arbres entiers, d'une eau contenant les spores. L'eau et les spores pénètrent aisément par capillarité dans les piqûres et les incisions, que dans ce procédé on ne peut rendre ni trop fortes, ni trop nombreuses, parce que le résultat est certain et qu'autrement le parasitisme pourrait prendre un développement tel, qu'il entraînerait la mort de parties végétales, dans lesquelles un parasitisme plus modéré aurait donné lieu, pendant, longtemps, à une excrétion abondante.
Delft, Laboratoire de Microbiologie de l'Université Technique.
UNE SARaNE DE FERMENTATION ANAÉROBIE OBLIGATOIRE
PAR
M. W. BEIJEBINCK.
L'expérience suivante, faite à Delft en diverses saisons , en coUaboratioa avec M. le Dr. N. Goslixgs, et répétée par M. Goslings à * Wageningue et par M. le Prof. Moll an jardin botanique de Groningue, donne lieu à une fermentation active, produite par une sarcine, à coté de laquelle on ne reconnaît au microscope aucune autre bactérie; cette fermentation peut fournir, quand elle est bien conduite, une culture presque parfaitement pure de la sarcine. La simplicité de Texpérience a été obtenue à la suite de nombreux tâtonnements préliminaires, qui nous avaient appris petit à petit les conditions vitales du microbe examiné.
On prend du bouillon avec 3 à 10 % de glucose, ou de l'extrait de malt, acidifiés au moyen d'acide phosphorique au titre de 6 à 8 ou 1 0 cm^. d'acide normal sur 100 cm.^ de liquide de culture; ou introduit le liquide dans un flacon que Ton remplit ou dans un ballon ouvert. L'infection est obtenue par une grande quantité *) de terreau, dont on a éliminé au préalable les portions les plus lourdes et les plus grossières, mais où il est resté néanmoins assez de matières fixes, pour se déposer dans le liquide de culture en une couche de 5 à 7 mm. d'épaisseur et même davantage. La culture s'opère dans un thermostat de 87° C. Au bout de 12 heures déjà le liquide fermente énergiquement; la fermentation, qui dure de £4 à 36 heures, est accompagnée de la formation d'une grosse écume à la surface, formée par des bulles de gaz s' élevant du fond. Taudis que le liquide lui-même reste privé de microbes, Timage microscoj|ique du dépôt laisse voir une culture pure, magnifique et exubérante, djpauâ sarcine, dont les cellules élémentaires mesurent la plupart environ 3,5 /x; de
') Quand on emploie peu de terreau Téprenve est incertaine.
ARCHIVES NÉSBLANDAISBS, SÉBIE U. TOME IX. 14
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sorte que Tespèce appartient aux formes les plus grosses que Ton connaît, et que les paquets de sarcines multicellulaires sont même visibles à Toeil nu. Ces paquets sont incolores pour la plupart et transparents, et présentent des faces irrégulières. Cà et là, bien que d'une façon beaucoup moins générale, on voit une forme brunâtre, transparente, formant des paquets plus régulièrement cubiques, dont les cellules mesurent 2 à '2,5 ^.
y écume qui surnage sur le liquide en fermentation consiste en un mucus qui emprisonne les gaz pendant quelque temps. Ce mucus est produit par la face externe des cellules des sarcines, et peut donc être appelé „ mucus végétal." En outre les parois sont formées de cellulose, qui se colore en bleu-violet par le chlorure de zinc iodé. Cette réaction a été découverte en 1865 chez la sarcine de Testomac par Suringar '), qui se basa sur cette propriété pour défendre la nature végétale de cet organisme, sans doute identique à la forme en petites cellules de notre sarcine de fermentation. La forme à grandes cellules ressemble plutôt aux figures que M. Lindner ^) donne de sa Sarcina ^naximay trouvée dans ce qu'il appelle „Butter8auremaischen", c à. d. du moût présentant une fermentation butyrique spontanée. Je ne suis pourtant pas convaincu que les deux formes appartiennent réellement à deux sarcines différentes, car c'est un fait bien connu que, chez des microbes de ce genre, on peut rencontrer chez une même espèce de grandes différences morphologiques.
Le gaz résultant de fermentations pures ou brutes est toujours un mélange d'environ 75% d'anhydride carbonique avec £5 % d'hydrogène, où Ton ne trouve pas de méthane. Dans les cultures brutes dans le moût se forme ordinairement une quantité assez grande d'acide lactique, dont le titre, p. ex. dans un liquide nourricier d'un titre initial de 6 cm^ pour 100, peut s'élever jusqu'à 20 cm\ Cette formation abondante d'acide lactique doit être attribuée à la présence d'un LaciohacilluSy identique ou presque identique au ferment lactique de l'industrie. La culture pure de notre sarcine au contraire ne produit que des traces d'acide, le titre s'élevant à 2 ou 3 cm^. dans le moût neutralisé.
^) W. F. R. SuRiNGAR, Dd Sarcine {Sarcina ventriculi Goodsir), p. 7, Leeuwarden 1865. On y trouve de très bonnes figures.
-) Mikroskopische BetriebscontroUe in den Gàrungsgewerben 3e Aufl. p. 432, 1901.
UNE SARCINE DE FERMENTATION ANABROBIE OBLIGATOIRE. 201
Quand on se sert d'une quantité de terreau suffisamment grande, c. à d. quand on part d'un nombre relativement grand de germes, (jui ont par là, dans la concurrence, Tavantage sur tous les autres microbes, et que le terreau empêche le libre accès de Pair, on trouve que Texpérience réussit entre des limites très larges. Dans ce cas on obtient la sarcine tout aussi bien dans un ballon ouvert que dans un Jlacon fermée ce qui prouve que notre sarcine peut supporter certainement une petite quantité d'oxygène, conformément à la théorie générale, d'après laquelle des traces d'oxygène libre sont même indispensables pour les anaérobies obligatoires. Pourtant il va sans dire que la culture sous la pression ordinaire de Tatmosplière est impossible. La teneur en acide peut varier entre 3 et 11 cm^ d'acide phospliorique normal pour 100 cm', de liquide de culture. L'acide phosphorique peut être remplacé par de Tacide lactique, et même par de Tacide chlorhydrique, pourvu que le titre de ce dernier ne dépasse pas 6 à 7 cra^ pour 100 cm'., mais non par de l'acide nitrique.
Au lieu de glucose on peut se servir de sucre de canne, mais l'expérience ne réussit pas avec du sucre de lait ou de la mannite. La seule source d'azote dont on puisse se servir est la peptoue, telle qu'on la trouve dans uu extrait de malt ou dans du bouillon; des sources d'azote plus simples, comme l'asparagine, l'urée, l'ammoniaque et le salpêtre ne conviennent pas comme nourriture azotée pour la sarcine de fermentîition. Les limites de la température sont larges; elle peut varier entre 28° C. et 4P C.
Bien qu'il soit donc permis de modifier Texpérience sous plusieurs rapports, le procédé décrit au commencement est le plus recomipandable, parce qu'il se ra])proche le plus de Toptimum des conditions vitales; mais l'usage d'un ballon ouvert au lieu d'un flacon fermé a souvent été reconnu avantageux peur les cultures brutes de la sarcine du terreau.
Une propriété particulièrement apparente, et très importante sous plusieurs rapports, est la facilité avec laquelle la fonction fermentatrice, qui se manifeste par la faculté de mettre un gaz en liberté, disparaît sous l'influence d'un produit d'excrétion, ])robablement Tacide engendré par les Lactobacillus , ce qui fait que des transports de matériaux âgés et infectés sont infructueux. Pour assurer le succès des expériences avec notre sarcine, il est donc indispensable d'inoculer les liquides de cultures nouvelles avec des matériaux où la fermentation est encore en train.
Les fermentations les plus énergiques s'obtiennent quand on laisse le
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processus s'opérer dans un flacon fermé avec tube abducteur du gaz , en faisant usage du dépôt obtenu dans un ballon ouvert, tandis que le renouvellement répété du liquide de culture au-dessus du dépôt formé dans un flacon bouché conduit à un affaiblissement, ou même à l'arrêt complet de la fermentation; ce qui ne se laisse expliquer qu'en acceptant qu'une aération bien modérée augmente Facti vite vitale de cet organisme anaérobie.
Quand on veut poursuivre la culture par transport de petif^s quantités des matériaux d'une fermentation brute, on doit prendre deux précautions. En premier lieu, le transport doit se faire dans un liquide privé d'air par ébuUition, avec lequel on a rempli complètement, avant le refroidissement, un petit flacon, afin que pendant ce refroidissement l'air ne puisse se dissoudre. En second lieu, on doit élever le taux de l'acide à 8 ou 10cm^, un taux inférieur à 7 étant maintenant insuffisant; quand le degré d'acidité est trop faible, les ferments lactiques peuvent l'emporter sur la sarcine et la refouler.
La nécessité d'écarter complètement l'air prouve que la sarcine de fermentation est analogue, sans aucun doute, aux organismes anaérobies ordinaires. On ne s'y serait pas attendu, peut-être, à cause du succès de Texpérience d'accumulation brute dans un ballon ouvert. Mais on constate le même fait chez le ferment butyrique, pourtant universellement reconnu comme anaérobie obligatoire, de sorte qu'à propos de la respiration de la sarcine on doit parler, comme chez le dernier ferment, de microaérophilie.
Dans des éprouvettes profondes contenant de Tagar avec de l'extrait de malt, on obtient à 37° C. aisément des cultures pures, où Ton reconnaît la sarcine à la grosseur frappante et au développement particulièrement rapide de ses colonies. Quoique la sarcine ne se développe pas du tout sur des plaques d'agar exposées à l'air libre, il est évident que ses paquets sont visibles sur ces plaques, même à un faible grossissement, et qu'on peut les en enlever à l'état pur. Quand on se sert de trop peu d'acide pour l'accumulation brute, il se développe sur les plaques d'agar à moût à l'air libre des colonies de ferments lactiques, appartenant au genre physiologique Lactobacilltis y et qui se développent tout aussi bien en présence de l'air qu'à l'abri de ce dernier, mais dont les conditions vitales sont pour le reste à peu près identiques à celles de la sarcine. Dans ce cas l'expérience nous apprend donc en même temps, qu'il existe dans tout terreau de véritables ferments lactiques, un fait dont la preuve était encore à fournir.