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UNE SABCINE DE FERMENTATION AN AEROBIE OBLIGATOIRE

Quand on emploie beaucoup d'acide, p. ex. 10 cra^. ou plus d'acide normal pour 100 cm^. du liquide de culture, les fonctions vitales de la sarcine, telles que la rapidité de sa croissance et son pouvoir d'absorber de l'oxygène, sont diminuées, et il se développe alors certaines levures alcooliques, propres au terreau; mais leur développement peut être arrêté, et on peut les écarter, en même temps que les autres impuretés, comme les moisissures, les Miicoret les Oïdium, en empêchant Taccès de l'air, c. à. d. en opérant les cultures en flacon bouché. Mais dans ces conditions il est nécessaire de rendre la nutrition aussi avantageuse que possible pour la sarcine, et de ne pas laisser la température s'abaisser au-dessous de 37° C.

L'absence du Grafiuloùacfer sacc^arobult^ricum, cause de la fermentation butyrique, qui se produit pourtant si facilement, à l'abri de l'air, dans du bouillon au glucose et dans de l'extrait de malt, doit être attribuée au degré d'acidité d'environ 8 cm^. et davantage, qui entrave son développement.

Bien que la présence de l'acide soit donc moins désavantageuse pour la croissance de la sarcine que pour celle des bacilles lactiques et du ferment butyrique, on peut néanmoins prouver aisément que 7 cm', d'acide pour 100 sont moins avantageux que 3 à 5 cm', pour le dévelopi)ement de la sarcine même; la forte teneur en acide ne sert donc qu'à rendre possible la concurrence avec les ferments dont il vient d'être question. Si l'on dispose de véritables cultures pures, obtenues en transportant assez tôt les microbes dans de l'extrait de malt avec plus de 8 cm', d'acide phosphorique, on peut constater qu'après un nouveau transport dans un liquide nourricier absolument exempt d'acide la croissance et la fermentation sont encore énergiques, bien que l'intensité en soit moindre que pour le titre optimal ^ acide de 2, à S cm^,, c. à d. pour l'acidité produite par la sarcine elle-même. Ou voit par toutes ces considérations combien sont larges les limites des conditions vitales de la sarcine, dès que la concurrence avec tous les autres microbes est exclue.

Notre sarcine peut être desséchée sans perdre sa vitalité, ce qui explique sa présence dans tout terreau, où le veut peut apporter des germes développés ailleurs.

La découverte de cette fermentation certainement inattendue est résultée de l'examen de la question générale des organismes du sol, capables de se développer dans un liquide nourricier contenant du sucre.

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en présence d'acide et moyennant une aération imparfaite. A une température de 80° environ et plus basse encore, la levure alcoolique, Mucor racemosus et Oidium terricola sont les plus forts, mais on observe déjà quelques sarciues. Vers 40*^ C. la plupart des levures alcoolique du terreau, ainsi que Mucor et Oidium, ne peuvent plus concourir avec la sarcine, ni avec les lacto bacilles, qui remportent donc la victoire. Ce fait établi, pour arriver à la culture exclusive de la sarcine, il ne restait plus qu'à constater Tanaérobiose obligatoire de cet organisme, ainsi que sa faculté de résistance plus grande que celle des bacilles lactiques et des ferments butyriques vis à vis des acides inorganiques.

J'ai déjà fait remarquer le parfait accord qui existe entre la forme en petites cellules de la sarcine de fermentation et la description que SuRiNGAii a donnée de la sarcine de Testomac, et je présume que, partout où il s'agit de la sarcine de Testomac non cultivable, dont parle p. ex. DE Baiiy '), on doit réellement songer à la sarcine de la fermentation. C'est ce que semblent prouver nombre de remarques faites dans la bibliographie ancienne, citée par Suuingar. Mais notre expérience d'accumulation, qui prouve que les conditions vitales de la sarcine de fermentation sont précisément de telle nature, que la vie de cet organisme ne serait pas impossible dans notre estomac, constitue une preuve bien plus convaincante.

Il sera aisé de tranclier cette question eu répétant mon expérience, non avec du terreau comme matière d'infection, mais en prenant le contenu stomacal dans un ])areil cas de sarcine gastrique. 11 est possible que le „non cultivable" de dk Baiiy ait la même signification que „anaérobie", car on sait combien il est difficile de cultiver des organismes auaérobies, aussi longtemps que l'on ne connaît pas exactement leurs conditions vitales.

11 importe de faire observer que des expériences d'accumulation et d'inoculation avec le contenu stomacal ne pourront donner un résultat décisif, que quand on disposera de matières encore en voie de fermentation; des matières conservées, ne développant plus de gaz, ne seront d'aucun usage 2).

*) Vorlesungen iiber Bactérien, lo Aufl. p. 96, 1887.

*) Depuis que ces lignes ont été écrites, j'ai eu roccasion de faire quelques expériences avec du contenu stomacal contenant la Sarcina ventriculi, mis à ma disposition par M. le Prof, van Leersum de Leyden. Quoique les sarcines semblassent être encore vivantes, toutes les tentatives de culture eut échoué.

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Je ne doute pas d'ailleurs de l'exactitude des observations de MM. Falkenheim [ArcJdv f, expérimenta Pathologie und Pharmacologie^ 10, 339, 1885) et Migula (System der Bactérien, II, 259, 1900), qui ont vu la sarcine de Testomac donner des colonies de microcoques aérobies. Il est vrai que je ne suis pas parvenu à confirmer cette observation à propos de la sarcine de fermentation, mais chez d'autres espèces de sarcines j'ai constaté avce certitude la transformation en microcoques. D'autre part, avec des microbes anaérobies, n'appartenant pourtant pas au genre sarcine, j'ai pu obtenir par sélection des colonies, facultativement anaérobies, qui, pour la reste, étaient identiques sous tous les rapports aux organismes anaérobies obligatoires qui avaient servi de semence. Une pareille transformation chez certains individus de la sarcine de fermentation ne semble donc pas impossible.

Les anciens observateurs cités par Suringar (I. c), comme Schloss- BERQEB (1847), Simon (1849) et Cramer (1858) avaient déjà essayé, mais en vain, de cultiver la sarcine gastrique par une espèce d'épreuve accumulatoire, dans laquelle ils ont fait usage, comme liquide de culture, de „suc gastrique artificiel" additionné de diverses substances. Ce qui camctérise bien les idées biologiques de cette époque, c'est le fait qu'ils se servaient pour leurs infections, non du contenu stomacal même, mais de levure de bière, croyant que la sarcine provenait de cellules de levure, qui présentent quelque ressemblance avec elle et que l'on trouve toujours dans Testomac à côté de la sarcine.

Delft, Laboratoire de Microbiologie de l'Université Technique.

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