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COURANTS DANS LE SYSTEME STELLAIRB. XXXIII

qu'elles étaient clouées à une même sphère. Pour expliquer le lever et le coucher des astres, ils admettaient que cette sphère toute entière faisait, en 24 heures, une révolution complète autour d'uu axe incliné sur rhorizon.

On ne connaissait alors aucun phénomène qui était en contradiction avec cette idée. Ce n est qu'au commencement du 18" siècle que Ton reconnut que quelques-unes de ces étoiles, tenues pour^;r^*, avaient un mouvement propre; et depuis cette époque le perfectionnement continuel des méthodes d'observation nous a appris qu'un tel mouvement est la règle.

Mais ces mouvements, il est à peine besoin que je le dise, sont excessivement faibles. Ou plutôt, ils ne le sont pas en réalité, — car nous savons depuis quelques années que la vitesse moyenne des étoiles fixes est à peu près 100 fois plus grande que celle du son, — mais elles nous semblent aussi petites parce que la distance qui nous sépare des étoiles fixes est énorméinent grande.

Cette lenteur apparente des mouvements que nous observons fait que les détails, p. ex. la variatmi de la vitesse en grandeur et en direction^ nous en échappent encore complètement.

Et pourtant c'est la connaissance de ces détails qui nous permettrait d'approfondir les causes de ces mouvements. Combien de siècles d'observations minutieuses faudra-t-il encore pour (lue nous en soyons-là? Je ne saurais vous le dire, mais il en faudra certainement beaucoup.

Cependant vous comprenez bien que les astronomes sont des hommes comme les autres, et que comme tels ils ne sont pas assez désintéressés pour borner volontairement leur tâche à un travail, dont profitera exclusivement une postérité éloignée. Il va de soi que, déjà dès maintenant, ils tâchent de profiter des matériaux qu'ils ont réunis, quelque défectueux qu'ils soient, pour trouver une régularité, une loi dans les mouvements stellaires.

La carte que vous voyez ici ') donne un aperçu de la nature des données dont nous disposons en ce moment; on y trouve tous les mouvements stellaires connus, ce qu'on appelle les mouvements propres ^ du moins ceux qui sont relativement considérables. Comme elle est un peu

*) Cette carte a été dressée par M. Gavin J. Burns; mais, comme elle n'a pas encore été publiée, je ne suis pas libre de l'ajouter à cette conférence.

J. C. KAPTEYN.

trop confuse pour qu'on y puisse bien voir les détails à quelque distance, j'en ai agrandi une petite partie (fig. 1). Cette figure comprend la petite constellation du Triangle, et des portions des constellations voisines : le Bélier, Andromède et les Poissons.

Les tirets qui partent des étoiles représentent leur déplacement pendant 35000 ans. Dans 35000 ans Tétoile a sera arrivée en h, c en d et ainsi de suite.

Remarquez bien que les mouvements de la plupart des étoiles nous apparaissent en raccourci. Nous voyons ces mouvements (voir fig. 4,

^"'«îows

Fig. 1.

p. XXXIX) en quelque sorte projetés sur une sphère, la sphère céleste. Pour éviter toute confusion possible, je qualifierai à! astronomique \e mouvement ab (fig. 4), tel que nous le voyons, c. à d. projeté, tandis que je nommerai mouvement dans V espace le mouvement réel {AB).

Pour la grande masse des étoiles le mouvement est beaucoup plus faible; pour ne pas nuire à la netteté de l'aperçu, j'ai omis ici ces faibles déplacements, mais vous comprenez bien que dans les recherches que Ton a faites on en a tenu compte. Pour ma conférence les mouvements que j'ai représentés suffiront.

Tl s'agit maintenant de découvrir quelque ordre dans les mouvements ainsi observés sur toute l'étendue du globe céleste. A première vue on n'en aperçoit guère. Et pourtant, en examinant notre figure 1 de plus

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