COURANTS DANS LK SYSTEME STELLAIRE. XXXIX
Ou remarque sur la figure nue autre particularité encore, qui peut servir de contrôle à Texactitude de notre interprétation de la divergence comme simple effet de perspective. C'est celle-ci:
Aux points P et Q nous ne remarquons aucun déplacement. A faible distance de ces points les mouvements sont vus fortement raccourcis.
Cr Chien ^'^^ï^ ^ — >xl^^^^^^^^^ \ Apex Hercule
Fijç. 4.
A mesure qu'on s'en éloigne davantage, les mouvements semblent de plus en plus forts, et aux points G et //, placés à égale distance de P et Q, nous les voyons aussi grands que possible; et pourtant nous admettons ^ — et la figure est construite dans cette hypothèse, — que les flèches qui représentent les mouvements sont toutes égales et sont toutes situées à la même distance de 0 \
') Chaque flèche représente la résultante d'an très grand nombre de mouve-
XL J. C. KAPTEYN.
Or cette particularité est neiUnuint accusée dans les mouvementa stellaires réellement observés.
Nous avons donc certainement le droit de tirer cette Concluêion: Les mouvements propres des étoiles manifestent une préférence pour la direction allant de la constellation d'Hercule à notre œil, ou, ce qui revient au même, de notre œil vers la constellation du Grand Chien.
U reste cependant la question que voici : par rapport à quoi les mouvements sont-ils tels que nous les avons trouvés? Nous ne connaissons en eflFet que des mouvements relatifs. Un mouvement absolu, nous pourrions le déterminer si nous connaissions quelque corps, ou quelque point, dont nous savons qu'il est absolument en repos.
Mais nous ne connaissons ni un pareil corps, ni un pareil point.
Si nous disons donc que les étoiles se déplacent de préférence dans une certaine direction, nous entendons par là qu'elles se meuvent pour la plupart dans une direction déterminée par rapport à Vu7i ou F autre corps que nous supposons être en repos.
Et quel est ce corps dans notre cas, voilà ce qui ne fait pas le moindre doute.
Cest le point 0, c. à d, l'observateur, c. à d. la terre. C'est là pourtant un corps dont il serait difficile d'admettre qu'il est eu repos; nous savons au contraire qu'tV ne Vest pas, mais circule autour du soleil.
Aussi faisons-nous mieux de dire que ce mouvement est un mouvement par rapport au soleil, car, dans les cas très rares oà les mouvements stellaires se montrent sensiblement différents, vus de la terre et du soleil, on rapporte toujours au soleil le mouvement observé. Cela se fait sans aucune difficulté.
11 nous est donc permis de dire que le point 0 de la fig. 4 représente le soleil, considéré comme immobile. Les mouvements privilégiés des étoiles sont alors représentés par les flèches AB, CD, EF
Mais si Ton vient maintenant à demander: le soleil est-il réellement en repos ? notre réponse sera : nous n'en savons rien aoec certitude et nous ne le saurons jamais, à moins que l'espoir ne se réalise de ces
ments stellaires. Notre supposition revient donc à admettre qne dans toutes les directions la distance moyenne des étoiles à notre système solaire est la même, et que la vitesse moyenne de leurs déplacements est la même aussi.