Chapitre V. Artillerie : 1,551,100 francs
La réduction de 18,100 francs, proposée par la commission, est mise aux voix et adoptée. Le chapitre V rédoit est élément adopté.
Chapitre VI. Constructions hydrauliques et bâtiments dvils : 3,500,000 francs.
La parole est donnée à H. de Gatard-Terraube.
H. de Galard-Tcrraabe. Messieurii, un des orateurs qui vient de me procéder à cette tribune vous a témoigné ses regrets de ne pas voir mener de front la théorie et la pratique, et. d'après l'autorité qu'il a invoquée, on sent qu'il ne m'est pas permis ici de dire autre chose, sinon que celte opinion ne saurait être la mienne.
On vient de renouveler l'allégation que l'Ecole royale de la marine devrait dire dans un port. Il me semble. Messieurs, que j'y ai répondu victorieusement dans mon cusconrs .de Tannée dernière, et le pourrais me contenter d'y renvoyer nos adversaires. J'aurai toutefois l'honneur de leur répéter que si nous avions eu jamais la pensée de lormcr desorUcîersdti la marine loin (lela mer, et ailleurs qu'à la mer, ce serait nue absurdité monstrueuse; mais nous n'y avons jamais un instant songé. Avant d'acquérir l'instruction pratique qui convient à un officier de la marin^Ies jeunes gens qui se destinent à cette belle carrière ont besoin d'une instruction théorique assez éle> vée, et de cette éducation, commuoe a toutes les classes distinguées de la société qui comprend une foule de connaissances, telles qne histoire,
f70 [Cbanlin d» Dépotét.] SECONDE RBSTACRATIOR. |tS mai 18ST.|
géographie, dessin.. langues étrangères, physique, chimie, etc. . . Uq marin en effet aorait besoin de tout savoir, de réunir les connaissances même en apparence les plus étrangères à la marine, parce qu'il peut et doit se trouver successimeot dans toutes les positions, et avoir à développer tous les moyens. Or, ces connaîssttnces théoriques peuvent s^acquérir, cette éducation peut se donner partout ailleurs que dans un port de mer, et bous quelques rapports même, aiosi que je crois l'avoir prouvé dans mon précédent aiscours, avec plus d'avantage que dans un port de mer.
Je ne viens pas, Messieurs, défendre devant TOUS mon tout petit budget, auquel ses dimensions, si rec^treintes, assurent facilement le privilège de Vincognito] mais mon intention est précisément de ne pas le laisser passer ina^ierço & vos regards, et pour cela il faut bien que je vous en dise quelque chose. Au lieu de se récrier sur ce que nous coûtons, comme quelqu'un n'a pas craint de le faire, je suis, en dépit de mes principes d'ordre et d'économie, véritablementaffitgë et presque honteux que nous ne cotttioos pas davaoUige, et je prie instamment mes collègues et la France entière, de ne pas juger sur ce que coûte un établissement incontestablement des plus distingués et des plus précieux de la monarchie, un de ceux qui a le plus de droits à la confiance des familles, et je ne craindrai pas d'ajouter, un de ceux ausei qui leur en inspire davantage. S'il est dis positions, Messieurs, où t'es* joirde faire, obscurément et modestement quelque bien, est la plus douce des consolations de 1 honnête homme et du sujet fidèle, il faut biin dans quelques autres, sinon se vanter, du moins se rendre un feu justice, et moins encore à soimême qu'à ceux qui nous secondent de tous leurs moyens.
Oui, Messieurs, si vous voulez vous donner la peine de coosullcr la page 130 du budget qui vous occupe en ce moment, vous y verrez que le i dtre, relui de l'Ecole militaire, qui jusqu'à ce jour avait été la lépinière unique de notre marine royale, s'élève à 60,300 francs, et il ne vous aura pas échappé, 6 la page 202 du budget général, qu'en volant le budget du ministère de la guerre, vous venez de voter environ 800,000 francs pour les écoles militaires de La Flèche et de Saint-Cyr, et 300,000 francs pour l'école de cavalerie établie à Saumur, laquelle coûte 258,000 francs dans la pré- Eenie année 1827, et dont l'objet se borne a la formation de quelques sous-ol liciers pour la seule arme de la cavalerie. Je suis loin ici de rien contester ou attaquer en aucune manière; mais je ne Eaurais m'empécber de faire sur nous un retour no peu pénible. On serait presque tenté de se demander Ei c'est au même roi qu'appartiennent les
armées de terre et de mer Oh oui, sans doute,
c'est très heureusement le même! Personne ne s'en félicite plus sincèrement que moi et ne sait mieux combun sa marine lui est chère; mes souveoirs encef^enre ont quaraute-cinq ans de date; en 1782, époque où cet excellent prince passa une journée presque entière & bord d'un vaisseau sur lequel rétais embarqué, et fut bientôt après témoin d'un spectacle militaire maritime fort remarquable. Le roi a bien voulu n'en oublier aucune circonstance.
On ne conçoit pas trop, en effet. Messieurs, comment, daus un ministère tel que celui de la marine, qui, de sa nature, est obligé de consacrer d'énormes sommes à la fois pour presque tous ses travaux et les diverses parties de son ma- '
tériei, approvisionnements, constracttoni, rt fontes, radoubs, bassins, etc., on pourrait arrêté par quelques légères dépenses pour us «è jet tont autrement Important et décisif, la foru tioD de son personnel.
Quoi, ainsi que j'avais l'faonnear de ledirede nièrcment au ministre qni a bien voalaaccadlï avec intérêt mes observations motivées-, Iwsqa^ malheureux vaisseau, qu'an rocher oa le fnii ciel peuvent en un instant détruire, qa'oBeia
Srudence peut rendre si aisément la prtHe an ammes, qu'une étincelle peut faire saaitrs l'air, et qui, en lui supposant la carrière k paisible, n'a que douze années à vivre! . . . qssd dis-je. un seul vaissean, qui n'est (tta*an un atôme, dans les forces matérielles de itk coûte près d<! deux millions, et autant d'eotroe annuel que le budget tout entier de la pépinih unique jusqu'à ce jour, desofBciers de fa marsi royale, pourrait-on bien refuser ou ne se dteminer qu'à regretà consacrer quelques mille fraKde plus au premier besoin de la marioe, an hn de ses esbérances et de ses plos précieases cbuto d'avenir!
Au reste, sans en rechercher ici les causes, s sont d'anciens errements, difficiles h expliqR sans doute, mais que le ministre a trouves tublis*, et comme son investigation éclairée et s pirée par l'amour du bien se porte 8acce3si1^ ment sur toutes les diverses branches de sa me administration , j'ose espérer qu'il voodn iài adopter diverses dispositions, que fai en toufrtcemment l'honneur de lui soumettre, parce gs je les crois toutes convenables et justes.
J'ai été bien aise, en conséquence, de pré^ret mes honorables collègues, quels qu'ils soient éléments fnturs de la commission aa buà^tx àe l'année prochaine, aux différences qu'i\& teouve^ ront, j'espère, à l'article qui nous concernera dais le prochain budget de la marine. Ces augmentatiens, si le ministre veut bien les adopter, serœi de très peu d'ioiportance, et comme elles mi le fruit d'une expérience qui, en pareil cu,ie peut appartenir au même d^t^ qu'à rhoniBG» la chose, je prends dès ce moment, avec meso» lègues, l'engagement de les justifier toutes à liF yeux de la manière la plus satisfaisante; j'ajn terai même, en finissant, que jamais sommespii minimes et pins insignifiantes n'auront sern atteindre un résultat plus désirable et plus an tageux pour le service du roi, parconséquentpe \v. bien du pays.
(Le chapitre VI est mis aux voix et adopté.)