Acte premier
Vers la Bête...
Avec enthousiasme :
Il la vaincra dans l'aurore!
Et poussant l'airain du vantail sonore Il paraîtra vêtu du jeune jour qui luit Et du sang frais du Minotaure!
Azec un brusque effroi :
Mais si, soudain, dressé de toute sa hauteur, L'homme-taureau, l'affreux monstre dévorateur?...
Tout à coup, comme en prière lyrique, douce, passionnée, rituelle cependant
Chère Cypris, Cypris compatissante, O vierge d'or que chantèrent premiers.
Quand tu naquis de la mer blanchissante. Les tendres ramiers!
Miel des langueurs et flamme de la lièvre. Réveil toujours des désirs apaisés.
Cœur de l'hymen universel, et lèvre De tous les baisers!
Reine attendrie aux plaintes amoureuses, Toi qui pleuras sur tes jours infinis Lorsque tu vis dans les fleurs douloureuses Saigner Adonis!
Clémente aux lits, qui détestes la tombe. Ne permets pas qu'au rôdeur odieux Né d'un infâme accouplement, succombe Le Roi fils des Dieux!
Si la Moire ordonne qu'à l'heure
Où la fleur du jour va s'ouvrir
Une came ici se fane et meure, O des déesses la plus belle et la meilleure, Fais-moi seule soutVrir! fais-moi seule mourir...
Chère Cypris, Cypris compatissante, O vierge d'or que chantèrent premiers, Quand tu naquis de la mer blanchissante. Les tendres ramiers!
Reine attendrie aui: plaintes amoureuses, Toi qui pleuras sur tes jours iritinis Lorsque tu vis dans les fleurs douloureuses Saigner Adonis!
Elle demeure comme padue dans l'extase vers Cypris, de souffrir amoureusement. Des torches, depuis un instant, courent dans le morne paysage du fond. Ça et là des f ormes s'ébauchent. Une voix qui ressemble d celle des oiseaux nocturnes appelle : a Ariane! Ariane! Ariane! » Enfin apparat t un groupe de robustes filles. Elles vont plus loin, mais Phèdre demeure^ fiére et belle, vêtue comme une chasseresse en armes. Elle a vu Ariane.
PHÈDRE
Enfin, c'est elle!
Elle s'approche en courant.
Phèdre!
P :^ È D R E En étreignant sa soeur avec une tendre émotion très sincère
Ariane chérie!
Un bruit me réveilla. J ai vu ton lit désert.