LES LARMES LOURDES
Celui qui sourdement a vécu dans l'exil
Où nul cœur ne comprend le chant du cœur subtil,
Celui qui traîne dans sa jeunesse fanée
Une fière douleur que nul n'a soupçonnée,
Une douleur qui ne peut pas avoir d'échos
Et le sait et renferme en elle ses sanglots,
Celui-là porte un faix plus lourd sous l'aube blonde
Qu'Atlas à qui les dieux faisaient porter un monde.
Quand on doit les garder captives au désert
Ardent, profond et clos du cœur jamais ouvert.
Les larmes pèsent plus que le bronze et le fer.