‹ Ariel esclaveChapitre 6 sur 82 · LES LARMES LOURDES · texte numérisé non relu

LES LARMES LOURDES

Celui qui sourdement a vécu dans l'exil

Où nul cœur ne comprend le chant du cœur subtil,

Celui qui traîne dans sa jeunesse fanée

Une fière douleur que nul n'a soupçonnée,

Une douleur qui ne peut pas avoir d'échos

Et le sait et renferme en elle ses sanglots,

Celui-là porte un faix plus lourd sous l'aube blonde

Qu'Atlas à qui les dieux faisaient porter un monde.

Quand on doit les garder captives au désert

Ardent, profond et clos du cœur jamais ouvert.

Les larmes pèsent plus que le bronze et le fer.

Page 1