L'AURORE UNIVERSELLE EN TOI
Va, soulève pourtant ton front vers l'avenir !
Ne maudis pas l'azur, et ne blasphème pas l'aurore !
Tu es l'aurore,
Toi le foyer sensible où ses rayons viennent s'unir,
Ses chauds rayons sonores,
Tout pleins des univers qu'ils sont allés épanouir.
Pleins des germes qu'ils ont ouverts et fait fleurir.
Pleins du feu des yeux bleus, paradis qui fondent en âmes.
Et des yeux noirs, brûlant comme des enfers qui se pâment
Et, gouffres d'amour, nous réclament.
Et pleins des baumes, des fontaines, des rameaux,
Des airs que leurs baisers ont appris aux oiseaux,
De l'intime frisson de nos chairs qu'ils caressent.
Des fronts nimbés, des auréoles et des tresses.
Et pleins des souffles, pleins de l'infini flottant
Parmi les floraisons et la jeunesse du printemps,
Et pleins des vols altiers, pleins des foules couleur de fête,
Pleins de toute la vie, où la mort même éclate en chants,
Pleins de tout ce qui doit composer un poète.
Tout cela, pour former et projeter vers l'avenir
Un rythme aux voix d'ardeur qu'on entendra bondir.
Vient en rayons dans toi se condenser et resplendir.
Tu es elle où tout vibre et se transfigure en beauté, L'Aurore ! Et sous son poids le singe pourrait l'aplatir ! Et des gueules pourraient la happer, la brouter Comme un rosier de mai, jusqu'au fond de ton cœur hanté !