ET DE Q.UELLE MANIÈRE IL Y MIT FIN
« Vous savez, monsieur Fioissart. dit M"^'* dî Ncuvil-tie, prenant la parok-, l'illustre origine dj
ARISTIDE FnOISSART, 4]
notre race, et la figure qu'elle faisait sous l'ancienne monarciiie. Nous sommes g^^ns de qualité. Je ne dis pas cela pour vous mortifier, mais pour VOIS inviter, en vous introduisant dans notre famille, à avoir pour notre fille les égards L's plus grands et les plus légitimes. C'est un trésor que nous vous donnons. A la faveur de .son nom, quoiqu'elle portera désormais le vôtre, vous pourrez pénétrer dans un monde réservé à la naissance, dans un monde où votre fortune, quelque grande qu'elle soit, ne vous aurait jamais permis d'entrer. Vous y serez, grâce à ma fille, favorablement accueilli. Si le sort ne nous eiit pas été contraire, nous aurions eu le droit de marier notre Adeline à un gentilhomme, mais les malheurs du temps nous commandent d'être modestes et de sacrifier notre .gloire à son bonheur. Vous la rendrez heureuse, car elle a tous les droits à l'être : son instruction est aussi étendue que si nous l'eussions destinée à épouser un prince. Ces belles qualités augmenteront encore le respect que vous aurez pour elle. Vous n'oublierez jamais l'infériorité naturelle, sinon humiliante, de votre position à l'égard de la sienne, quoique vous trouverez toujours dans son affection de quoi oublier la distance tracée entre elle et vous. Ne l'obligez point, ce serait l'avilir, à descendre à des soins domestiques indignas d'elle. La tâche des serviteurs n • doit point déshonorer les mains nobles et délicates d'une fille de haute naissance. Aimezla avec vénération. Par là il arrivera que vous n'aurez point fait regretter à S-"S parents dç vous r^vcir donnée. »
M"" de Neuvilette se tut. Froissant lui fL-pondit : M Pourriez-vous me dire, madame la marquise,
si mademoiselle votre fille sait raccommoder les
chaussettes ? »
M""* de Neuvilette se leva avec fierté et sortit.