Grenouilles, 6S
f74 AUlbTOPllAiNE.
mais à la condition d'en écarter les pauvres et d'y faire entrer seulement les citoyens des premières classes, f ceux qui avaient un bouclier ou un cheval » *. Persuadé qu'il était dangereux de confier les affaires publiques à la foule, il voulait établir une démocratie censitaire. Aristote le considère, sans doute à cause de la modération de ses idées, comme un des meilleurs citoyens d'Athènes; il le place à côté de Thucydide, fils de Mélésias, et de Nicias*. Théramène, après avoir contribué au succès de ]sl conspiration des Quatre-Cents, abandonna ses complices, soit qu'il eût prévu leur triste fin, soit qu'il ne voulût pas favoriser la trahison d'Antiphon, et livrer Athènes aux Lacédémoniens. Plus tard, dans le procès des stratèges des îles Arginuses, il tint une conduite équivoque. On l'accusait d'avoir chargé ses collègues, quoiqu'il eût commis la même faute qu'eux, et d'avoir cherché à sauver sa vie en les faisant condamner. La souplesse de son esprit et son habitude de se tenir sur la frontière des deux partis hostiles, lui valut d'être considéré par les uns et par les autres comme un traître. Il fut d'ailleurs victime de sa modération, et, pour avoir refusé de suivre jusqu'au bout son ami Gritias pendant la réaction des Trente, il mourut, assassiné par ceux qu'il avait aidés à prendre le pouvoir. Un mauvais renom est resté, peut-être à tort, attaché à la mémoire de Théramène; Aristophane y a contribué par ses plaisanteries. Déjà dans le Triphalès, après la conjuration des Quatre- Cents, le poète attaque Théramène*. Dans les Grenouilles, il fait allusion à l'habile versatilité du fils d'Hagnon. • C'est le propre d'un homme intelligent et avisé, qui a