‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 105 sur 242 · Aristophane, fr. iOO; cf. Plutarque Vie de Nicias · texte numérisé non relu

Aristophane, fr. iOO; cf. Plutarque Vie de Nicias

Nicias... Il remportait de beaucoup sur Nicias par le nombre de ses expéditions et par l'habileté *. » De môme, dans les Oiseaur, Evelpide, plein d'admiration pour le génie inventif de Pisthétère, lui dit : t Tu es joliment habile; voilà qui est bien trouvé, etstratégiqueniont; tu l'emportes de beaucoup sur Nicias par tes machines*.» Dans un autre passage de la même pièce, Aristophane traduit par un verbe de son invention l'idée de la temporisation ; ce verbe est composé du mot tarder et du nom de Nicias. t Ce n'est pas le moment de tarder comme Nicias*. » Toutes ces plaisanteries sont assez in offensives, et elles ne méritent d'être relevées que pour montrer jusqu'où pouvait aller l'esprit de parti dans les poètes comiques. Nicias était un constitutionnel; il était coupable d'avoir donné l'exemple de se soumettre au gouvernement de son pays.

L'homme qui ressemblait le moins à Nicîas était certainement Âlcibiade; il avait les qualités qui manquaient à Nicias, avec tous les vices que Nicias n'avait pas. Si les poètes comiques étaient sincèrement soucieux de défendre les vieilles mœurs et les institutions d'autrefois, personne ne pouvait leur déplaire plus qu' Alcibiade, car personne ne représentait avec plus d'éclat que lui l'esprit nouveau. Son éducation sophistique, son mépris affiché pour les pratiques religieuses, l'étalage de son luxe, l'insolence de ses débauches, tout en lui, jusqu'à son

i. Phrynichus, fr. 22. CD.

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