‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 109 sur 242 · Théognis, lllT · texte numérisé non relu

Théognis, lllT

LA QUESTION SOCIALE. i20

€ Ah 1 lâche pauvreté, s'écrie-t-il, pourquoi, appesantie sur mes épaules, déshonores-tu mon corps et mon âme? Tu m'enseignes à commettre malgré moi des actes honteux que je réprouve, moi qui ai appris des hommes beaucoup de choses bonnes et belles M » « Pour échapper à la pauvreté, il faut se jeter dans la mer poissonneuse, du haut des roches escarpées*. » Mieux vaut mourir que d'être pauvre ! Voilà le cri suprême du désespoir arraché par la défaite aux nobles vaincus, dépouillés de leurs prérogatives, et réduits à servir à leur tour ceux qu'ils avaient asservis.

Même préoccupation, mais à un tout autre point de vue, dans les élégies de Solon. A Athènes, c'est la démocratie affranchie de la poursuite âpre des créanciers, de l'esclavage et de l'exil, qui pousse un cri de délivrance et de victoire. L'ennemi pour elle, c'est le riche qui écrase le pauvre du poids de son insolence ; aussi faut-il mépriser la richesse ; le vrai bien de l'homme, c'est la vertu et la pauvreté; la véritable marque de la noblesse, c'est d'être pauvre, t Les hommes ne savent point de limite tracée à la richesse ; ceux de nous qui ont le plus en abondance les moyens de vivre, cherchent à en avoir le double. Qui donc pourrait tous les rassasier ? L'argent devient pour les mortels une cause de démence d'où naît Até. Et lorsque Zeus envoie Até aux hommes pour les punir, elle les frappe les uns d'une manière les autres d'une autre *. » De même que tout à l'heure Théognis n'avait pas assez de dédain pour la canaille populaire, envieuse, vicieuse ot cruelle, de même le peuple athénien attribue tous les

i. Théognis, 331 et suiv.

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