Pluius
iC3 AIUSTOPIIANE.
envisager la question de la richesse. Mais il n*cst pas sans intérêt d'examiner de plus près leurs idées sur ce point. La première qui se présentait à eux était celle de l'excellence de la richesse. La comédie de tous les temps vit de quelques lieux communs; l'éloge de la richesse est un de ceux qui s* y rencontrent le plus souvent; c'est pour bien des gens le point de départ et le postulat de tout débat sur la question sociale. Si la richesse est bonne et désirable en elle-même, ceux qui la possèdent sont heureux, malheureux au contraire ceux qui en sont privés. A cet égard, le sentiment populaire n*a jamais varié, et on le trouve exprimé avec un luxe de développements dans beaucoup de comédies grecques. La richesse est la source de toute science, de toute jouissance, de toute puissance, c Tous les arts et toutes les inventions viennent de toi, dit Chrémyle à Plutus... Est-ce que tout ne se fait pas à cause de toi? Tu es la seule et unique cause de tout, sache-le bien *. i Ces affirmations catégoriques ne suffisent pas à Chrémyle; il énumère en détail tous les avantages de la richesse avec des plaisanteries où se devine, il est vrai, le rire railleur d'Aristophane, moins convaincu que son héros. Tel est donc le principe d'où le reste découlera.
Parmi tous les biens que l'on doit à la richesse, chaque homme désire ceux qui conviennent le mieux à sa nature. Les gens du peuple, les pauvres, qui se donnent tant de mal pour se procurer le manger et le boire, ne révent pas de bonheur plus divin que de manger et de boire tout leur saoul sans rien faire. Leur imagination ne va guère au delà ; c'est là leur âge d'or, et c'est pour cela qu'ils ont inventé la fable des plantes et et des arbres qui pous-