Assemblée des ftnmes, 590 et suiv
fiance chimérique de rinventeur de systèmes, Blepyros ,, répond par les objections du bon sens. Ces objections n'arrêtent nullement Praxagora qui les réfute avec l'assurance de la foi. La chose pour elle est bien simple et sera faite en un tour de main. Il suffit de réunir toutes les fortunes privées, terres, argent et le reste, et d'en faire une masse qui sera ensuite distribuée à tous en nourriture, vêtements, etc *. En vain, dira-ton que s'il est à la rigueur possible de saisir la fortune immobilière, les valeurs mobilières échapperont aux prises de TÉtat'; Praxagora répond que chacun, après avoir juré qu'il a remis au trésor toute sa fortune, sera lié par son serment. Pourquoi s'exposerait-on à un parjure dont on ne tirerait aucun profit, puisque l'État donnant à chacun tout ce qui lui est nécessaire, la fortune privée devient inutile'? Quant au travail de la terre, il sera laissé aux esclaves * ; les femmes seules tisseront des vêtements ^ ; aucun citoyen ne travaillera plus; leur unique souci sera de se parfumer à rheure des repas. L'âge d'or sera enfin réalisé. Athènes sera comme cette table servie à souhait dont nous parlions tout à l'heure; les convives, après avoir mangé et bu, se lèveront appesantis par l'ivresse, la tête couronnée de fleurs et une torche à la main. L'orgie lascive et bruyante, complément ordinaire de toutes les fêtes, conclusion de presque toutes les comédies, rêve de tous les meurt-de-faim, sera le régime de la multitude athénienne. Le génie de Périclôs avait donné aux Athéniens la liberté, la puissance et la gloire; celui de Praxagora leur assure
i. Assemblée des femmes, 597 et suiv