‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 117 sur 242 · Assemblée des femmes, Coi · texte numérisé non relu

Assemblée des femmes, Coi

LA QUESTION SOGIÂLC. 203

• en outre la bonne chère et le plaisir. Mais de cette bonne chère et de ces plaisirs chacun n'a que sa part; chaque gamelle est numérotée *.

C'est peu encore; la fête ne serait pas complète si des désirs d'un autre genre rencontraient quelque obstacle. Dans tout communisme bien entendu, ce ne sont pas seulement les biens que Ton met en commun; ce sont aussi les femmes. Dans la cité idéale les unions seront libres. S'aimera ((ni voudra. « J'entends, dit Praxagora, en son langage hardi/ que lés femmes soient communes à tous, et couchent, et fassent des enfants avec ceux qui voudront '. » Il y aura pourtant une restriction à cette absolue liberté de l'amour. Pour que les femmes laides ou vieilles ne soient pas sacrifiées aux autres, elles auront, de par la loi, un droit de prélibation. L'égalité étant le principe de la cité nouvelle, cette conséquence s'en déduit logiquement. Quant aux relations de parenté, elles seront plus nombreuses que jamais, car les jeunes gens verront leur père dans chaque citoyen assez âgé pour jouer ce rôle. Aristophane ne dit pas comme le poète moderne t ceux qui voudront leur père chercheront ». Il n'y aura pas de recherche de la paternité, parce que tous les hommes d'un certain âge auront à l'égard de tous les enfants les droits et les obligations de père, qu'ils le soient ou non '. La cité ne sera qu'une famille.

Aristophane n'a pas pris la peine — et il a eu raison — de réfuter longuement ces imaginations enfantines et perverses; la manière même dont il les expose est une réfutation. Les objections de Blepyros ont seulement pour but d'animer la scène et de pousser Praxagora.

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