‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 119 sur 242 · Assemblée des femmes, 838 et suiv · texte numérisé non relu

Assemblée des femmes, 838 et suiv

munauté des femmes, on devine le parti qu'Aristopûane en a tiré. C'était un trop beau sujet pour qu'il le négligeât. Une jeune vierge et deux vieilles femmes se disputent, dans sa pièce, les faveurs d'un jeune homme qui, avant de s'unir à celle qu il désire, est obligé de subir les deux autres. C'est l'application rigoureuse de ia loi nouvelle imaginée par Praxagora; c'est aussi le iriomphe de l'obscénité.

Tel est donc le résultat de toutes les discussions des sophistes sur la nature et le but de la justice, sur l'inégalité des conditions, sur la meilleure forme de gouvernement! La philosophie, en quête de réformes sociales, aboutit à cette création qui semble l'œuvre d'une imagination lubrique. L'idée du communisme, grossie et défigurée par Aristophane, apparaît comme une monstruosité. Elle avait cependant ses partisans, non des plus méprisables. On discutait la question de la propriété dans des traités en forme; Phaléas de Chalcédon imaginait une république où toutes les fortunes fassent égales * ; Hippodamos de Milet en créait une dont Platon s'est inspiré '. Ces philosophes partaient d'une idée spécieuse, après tout, qui avait sa source dans le sentiment de la justice, et qui surprend beaucoup moins, si l'on se place au point de vue antique. Là où l'individu n'existait pas, où l'État était tout, il ne semblait pas extraordinaire et impie de fortifier encore TÉtat au détriment de l'individu, ou plutôt d'absorber et de fondre la personne dans la cite'. Toutes les chimères que le poète comique a si joyeusement et si vigoureusement fustigées, se retrouvent clans la République de Platon, partage des biens, suppression de toute propriété, repas en commun, unie »

i. Aristote, Politique, II, 5.

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