‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 122 sur 242 · Platon, République, IV, p · texte numérisé non relu

Platon, République, IV, p

214 ARlSTOPnANE.

vit en épargnant, en travaillant ; il n'a rien de superflu, mais rien ne lui manque *■ >. Socrate, dans Platon^ dit à peu près de même : c S. Vois si ce n'est pas là ce qui perd les autres artisans au point de les rendre mauvais.

— A. Q'est-ce? — S. L'opulence et la pauvreté. — A. Gomment? — S. Voici. Crois-tu que le potier devenu riche voudra encore s'occuper de son métier? —A. Non.

— S. N'en deviendra-t-il pas paresseux et négligent, plus qu'il ne l'a jamais été? — A. D'une manière sensible.

— S. Ne deviendrait-il donc pas aussi plus mauvais potier? — A. Oui, et d'une manière très sensible. — S. D'un autre côté, si la pauvreté lui ôte les moyens de se procurer les outils et tout ce qui est nécessaire à son art, son travail n'en soufîrira-t-il pas? Les enfants et les autres ouvriers qu'il forme n'en deviendront-ils pas%ioins habiles? — A. Est- il possible qu'il en soit autrement?

— S. Ainsi la pauvreté et l'opulence perdent les arts et ceux qui les exercent '. » Si Ton entend ici, comme cela est nécessaire, le mot pauvreté dans le sens de misère, on arrive aux mêmes conclusions qu'Aristophane. Socrate semble reprendre et développer le discours de la Pauvreté dans le Plutus. Ni opulence ni misère, tel serait le terme moyen auquel se serait arrêtée la sagesse hellénique.

Elle est cependant allée plus loin, dans tous les sens. Elle a compris tout ce que la misère contient de souffrances morales et d'abaissement, les obstacles qu'elle met à tous les désirs, même les plus nobles, l'existence asservie au besoin, le travail devenu supplice parce qu'il est une chaîne, l'angoisse de se sentir fait pour la vie et de trouver la vie, ainsi réduite, impuissante et douloureuse, encore pire que la mort. Ce n'est pas seulement

\. Plutus, 552 et suiv.

Page 1