Platon, République, IV, p. i^U
Théognis,enuntemps de luttes et de révolutions sociales, quiajeté un cri de découragement en face de la pauvreté, cette autre forme delà fatalité; on trouve à ce propos des expressions d'un pessimisme amer dans toute la littérature grecque, jusque dans Tépigramme et dans la comédie: « Celui qui, le premier, inventa les métiers d'où les misérables tirent leur subsistance, a fait beaucoup de malheureux ; pour celui qui ne peut vivre sans se donner de mal, il était plus simple d'être mort*. » Cette phrase est d'un successeur d'Aristophane, de Ménandre.
La sagesse hellénique a connu aussi la grandeur, la joie de la pauvreté, l'orgueil divin de ne dépendre ni de ses désirs ni de ses besoins. Si la pauvreté est servitude, elle est aussi affranchissement. Pour l'absolu désintéressement, une seule chose importe, la perfection morale, toujours possible, plus possible encore avec la pauvreté, puisque celle-ci supprime pour ainsi dire la terre entre nous et Dieu. Pour le sage, c'est sous la forme de la richesse que se montre aux hommes la fatalité, t N'avoir besoin de rien est un état divin, et ce qui approche le plus de cet état divin, c'est d'avoir besoin du moins de choses possibles'. » Ainsi parle Socrate, quand il s'agit, non plus de déterminer comme tout à l'heure les conditions les plus favorables au maintien de la société, mais celles qui conviennent le mieux au perfectionnement de l'âme.
Aristophane n'est point monté jusque-là; le public ne l'y aurait pas suivi. Lui-môme n'avait l'esprit ni si philosophique, ni si élevé. Ses comédies, quand il n'obéit pas à la passion poHtique, sont inspirées par le bon sens; il