‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 126 sur 242 · Lymtrata, 633 et suiv · texte numérisé non relu

Lymtrata, 633 et suiv

et de groupes pittoresques, en même temps qu'un fonds très at3ondant d'observations morales. Comme il y avait une quantité de dieux très difTérents les uns des autres, il y avait une quantité de cérémonies et de pratiques de tout genre. Ce n'étaient pas seulement les grandes fêtes revenant à longs intervalles ou tous les ans, majestueuses comme les Elousinies et les Panathénées, joyeuses comme les Lénéennes et les Dyonisies; il y avait aussi les fêtes moins solennelles, où la foule se réunissait dans des pique-nique familiers et s'enivrait de cris et de vin; il y avait les cérémonies particulières à chaque dieu, à chaque quartier, à chaque famille; il y avait enfin, audessous de tous les cultes reconnus par l'État, les cultes étrangers, qu'on célébrait dès l'époque de la guerre du Péloponnèse, dans toutes les parties de la ville, et plus spécialement dans les rues du Pirée et dans les carrefours de la prostitution. De la hauteur où elles planent au-dessus d'Athènes, lesiVi*^^^ ne voient que des temples, des pompes, des sacrifices, des danses, n'entendent que les festins retentissants, les chœurs religieux et les flûtes sonores *. Voilà bien le tableau d'Athènes, à vol d'oiseau, mais embelli et débarrassé de toute dissonance. En réalité, dans ce tableau, dans cette harmonie, on rencontrait tous les contrastes, toutes les disparates. Les belles pompes rythmées et lentes côtoient les courses capricieuses de cortèges criards; la même foule qui regarde avec recueillement passer la procession des initiés dont la longue file se déroule vers le chemin d'Eleusis, se précipite, avinée, pour la fête populaire des Marmites, dans le temple de Limné. Ici ce sont des attitudes nobles, des chants mélodieux; là des cris, des jurons, des trépi-

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