‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 127 sur 242 · Nuées, 299 et suiv · texte numérisé non relu

Nuées, 299 et suiv

nements, des gaietés de paysans endimanchés. Ailleurs, les devins débitent leurs oracles, les charlatans vendent leurs remèdes, les prêtres de Gybèle et de Sabazios mendient, suivis par les thiases couronnés de fenouil et de peuplier, qui promènent dans les rues le serpent sacré, et poussent des invocations. On entend le roulement des tambours, le tintamarre des cymbales et le sifflement de la syrinx à sept tuyaux. On adorait les dieux sur la place publique, comme on y discutait les affaires de l'État.

Telles étaient les apparences; il faudrait voir ce qui se passait au fond des âmes. Dans la masse populaire, il y avait peu de foi, si l'on donne à ce mot sa signification profonde et spirituelle; il y avait plutôt des habitudes et <les superstitions. A mesure qne la religion s'éloignait de ses origines, elle était moins comprise. Les gens du peuple n'éprouvaient plus ce sentiment d'adoration craintive pour les forces de la nature qui donnait aux pratiques barbares des héros homériques un véritable caractère de grandeur religieuse. L'idée panthéiste qui avait inspiré le naturalisme païen s'était peu à peu effacée ; il ne restait plus que la crainte irraisonnée de puissances supérieures dont on avait oublié la signification primitive, et l'attachement aux objets matériels qui les représentaient. Les statues, au lieu d'être l'image des dieux, en étaient la réalité, de sorte que les dieux étaient moins vivants qu'au temps où ils étaient moins déterminés. Aussi la religion consistait moins dans une foi que dans l'observation de certaines pratiques; l'esprit y tenait

beaucoup moins de place que la lettre. Il s'agissait de prendre des gages contre des forces hostiles, que Ton voulait apaiser. Les dieux étaient les créanciers de rhomme, créanciers exigeants, qui voulaient être payés à heure fixe. 11 ne fallait pas laisser protester sa dette. L'important n'était pas d'aimer ou d'adorer, mais de débourser. La bible de la religion antique est un livre de comptes où chaque divinité est inscrite aux chapitres doit et avoir. Quand on déterre de notre temps les constructions d'un sanctuaire célèbre comme celui de Délos, et qu'on en déchiffre les inscriptions, qu'y découvre-t-on? Des listes d'offrandes et des additions de sommes versées.

Conséquemment, il n y avait pas de dogmes, pas de clergé chargé d'interpréter et de maintenir le Credo, point de doctrine arrêtée et codifiée, mais des croyances mobiles soumises à des coutumes invariables. Les pratiques religieuses étant la seule garantie du bonheur de chacun et du salut de la cité, on demandait rarement compte aux personnes de leurs opinions, mais on exigeait de tout le monde les actes conformes a l'usage. La pensée paraissait donc affranchie, mais comme la conduite ne rétait pas, les obligations de la pratique du culte conduisaient à la suppression de la liberté de penser. On pouvait craindre, en effet, que la hardiesse des opinions n'encourageât les défaillances dans la célébration des rites et n'offensât les dieux. L'hérésie était une sorte de refus de concours; le philosophe indépendant pouvait être puni comme un réfraclaire; on ne lui laissait qu'une liberté précaire et conditionnelle, La démocratie était, à ce point de vue. aussi résolument conservatrice que l'aristocratie; elle considérait sa propre domination comme intéressée au maintien du

culte. Entre elle et les dieux, il y avait un pacte d'alliance; elle leur assurait les hommages auxquels ils avaient droit, et ils la protégeaient contre les tyrans. Dans une époque troublée comme celle de la guerre du Péloponnèse, il ne faut pas s'étonner de voir les tribunaux populaires s'ériger parfois en tribunaux d'inquisition, et la persécution succéder par soubresauts à la tolérance. Le peuple croyait se défendre lui-même en défendant sa religion. Il supportait pendant des années, sans y prendre garde, la propagande sceptique des sophistes et l'enseignement antipaïen des philosophes; sa sécurité endormait sa justice; puis, sous le coup d'une émotion subite, d'un revers imprévu, la crainte d'avoir contre soi les dieux exaspérait jusqu'à la cruauté ces âmes mobiles, et pour sauver la démocratie, ils proscrivaient Anaxagore, ils mettaient à prix la tête de Diagoras, ils faisaient boire la ciguë à Socrate. Le crime d'impiété comptait parmi ceux qui relevaient des tribunaux, et le vague môme de la formule permettait d'atteindre, comme des sacrilèges manifestes, les paroles, les opinions, les tendances môme de ceux qu'on voulait perdre.

Tel était l'état d'esprit de la foule. Mais, en dehors et au-dessus de la foule, les esprits éclairés ne se contentaient pas d'accepter la religion comme une collection de recettes contre le sort, ou comme un calendrier des réjouissances publiques; ils cliercbaient à en pénétrer le sens et à en dégager la leçon, lis arrivaient à des conclusions différentes, selon leur éducation et leur humeur. Les uns, plus dociles, désireux de croire, préoccupés de trouver dans la religion une règle des mœurs, tâchaient de l'élever jusqu'^à eux, et y réussissaient, c'étaient généralement les poètes. D'ailleurs, toute religion est inorale, en ce sens que l'idée de ce qui est permis et de

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ce qui est défendu, suggérée en réalité par les besoins sociaux, s'associe dans l'esprit des fidèles avec l'idée des dieux et s'incarne en eux. On ne peut concevoir des âmes empreintes d'un profond sentiment moral et soumises à une religion qui ne le serait pas. Aussi, parmi les hommes éminents d'Athènes, ceux qui obéissaient surtout à leur imagination, interprétaient les mythes d'après les idées les plus élevées de leur temps, et s'efforçaient de transfigurer les dieux à leur image. Cet effort est sensible dans l'histoire de la poésie, depuis l'épopée jusqu'au drame. Homère, Pindare, Eschyle, et enfin Sophocle, sont les plus illustres représentants d'une foi raisonnée, où entre de plus en plus la préoccupation de la morale et de la justice. La souplesse des mythes se prêtait aisément à cette supercherie involontaire: les dieux s'étaient civilisés en même temps que les hommes; on adorait en eux les pensées et les vertus qu'on leur avait données.

A côté de ces croyants, d'autres esprits, peu nomlireux, plus réfléchis, d'une portée plus haute, renonçant volontairement à toute illusion poétique, ne voyaient dans la Fable que ce qu'elle était réellement, le produit de l'imagination enfantine des premiers âges, et cherchaient dans des conceptions d'un tout autre ordre la règle de la vie humaine. Anaxagore, Périclôs, Thucydide sont de ce nombre. Thucydide raconte la guerre du I^éloponnèse et en analyse les causes et la suite, sans {)resque jamais nommer les dieux, sans jamais les faire intervenir. Son silence laisse assez entrevoir ce qu'il en pense. Puisque l'hislorien n'a pas besoin d'eux pour j rendre compte des faits, c'est comme s'ils n'existaient ' pas. Néanmoins, ces faits ne se succèdent pas au hasard; s'il n'y a point de caprices divins, il y a des lois natu-

relies et nécessaires qui gouvernent les choses et dont l'homme peut se rendre maître en les observant. Le rôle que la foi prêtait à Zeus en faisant de lui l'interprète et le serviteur d'une destinée immuable, Thucydide le rend pour ainsi dire à l'homme. L'intelligence de l'homme peut prévoir les événements, sa volonté peut les prévenir; il n'y a donc pas d'autre dieu que l'intelligence. Ainsi, la philosophie de Thucydide ne se borne pas à une incrédulité purement négative; il croit à l'ordre régulier des choses et à la puissance de l'intelligence humaine qui les domine parce qu'elle les explique.

Enfîn les sophistes allaient plus loin encore; ils ne se contentaient pas de se passer des dieux; ils soutenaient que la mythologie n'était qu'un tissu de contes puérils et mensongers, dont ils s'efforçaient de démontrer le ridicule et l'immoralité. C'était la critique voltairienne appliquée au paganisme. Mais, sur les ruines de la morale religieuse, ils ne s'inquiétaient pas d'édifier une morale plus solide ayant sa source dans la conscience. Ils prétendaient, au contraire, qu'il n'y avait point de lois ni de principes absolus, que tout était incertain et relatif, que la science était vaine, que la vérité avait pour unique mesure l'intelligence humaine, elle-même changeante et sujette à Terreur, que les hommes supérieurs, convaincus de l'inanité de la spéculation pure, devaient seulement chercher dans la science un moyen pratique d'action, et, dans la conduite de la vie, le pouvoir et le succès. Ainsi, dans les questions religieuses, on rencontrait à Athènes toutes les formes d'opinion et de sentiments, depuis la soumission machinale jusqu'à la négation catégorique, depuis l'attachement ferme et grave jusqu'à l'indifférence légère et frondeuse.

Ces différences se reproduisaient dans le public qui

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remplissait le théâtre, bien que, sans doute, lé petit nombre des sceptiques fût noyé dans la foule. Le poète comique avait dû subir ces influences diverses; il est donc intéressant de chercher comment il a tr»ité la religion, les dieux, les prêtres, les coutumes.

La comédie était essentiellement la représentation du laid, de même que la tragédie était celle du beau. Et comme la religion antique comprenait indifféremment toute la nature, sans distinction de bien et de mal, la comédie était elle-même au service de la religion. La religion était la divinisation de toutes les forces créatrices. Tout ce qui sert à perpétuer la vie dans le monde étant considéré comme divin, les organes de la reproduction avaient droit à un culte; il y avait les dieux de la fécondité lubrique aussi bien que ceux de la pureté virginale. La comédie restait donc religieuse tout en étant burlesque et obscène. Elle était la glorification des appétits bestiaux, l'étalage de ce qui reste ordinairement secret, le triomphe des sens débridés. Les puissances de la génération agissent chez les dieux non moins que chez les hommes; les plus éthérés leur sont soumis autant que les plus agrestes. La sève ardente de la vie parcourt, remue, dompte tous les êtres divins, depuis le chèvrepieds qui hante les bois sauvages, jusqu'à Zeus qui trône dans l'empyrée. La comédie peut donc montrer sans offense les dieux en proie à des besoins qui ne les avilissent pas, parce que ces besoins viennent de la nature qui, sans eux, ne vivrait pas. Elle est à la fois innocente et impure, comme les dieux et les hommes

qu'elle représente. Un Grec n'était pas plus étonné de voir sur la scène Zeus adultère, Aphrodite impudique, Héraclès glouton, que d'entendre louer la pensée de l'un, la grâce de l'autre, la force héroïque du troisième : et de même que ces contrastes étaient dans la nature des hommes et dans celle des dieux, ils devaient aussi se produire dans l'art, représentation de la vie. Les genres nobles, épique, lyrique, tragique, avaient été inventés pour répondre aux aspirations élevées de Tâme, à son besoin de règle, de foi, de sa^criflce. Pareillement, la comédie répondait au besoin de liberté, de raillerie, de jouissance. Voyons donc en elle la fantaisie en opposition avec la discipline, l'exubérance en contraste avec la sobriété, l'assouvissement joyeux des désirs en regard de la passion contrariée et douloureuse. Les sentiments héroïques de l'homme avaient trouvé leur expression dernière dans la tragédie; puisque la comédie en était l'antithèse, elle n'avait qu'à prendre le contrepied du ton et des inventions tragiques. La comédie était donc une parodie, et pour rester fidèle à son caractère, elle ne devait rien épargner de ce que la tragédie exaltait.

Le poète se conformait à l'esprit de la comédie en raillant les divinités, quelles qu'elles fussent, leurs cérémonies et leurs prêtres. Mais si l'esprit de la comédie était bien à l'origine tel que nous venons de le dire, il est évident qu'il dut se modifier peu à peu. D'un côté, les spectateurs, devenus plus délicats et plus sceptiques, méconnaissant de plus en plus le caractère religieux et naturaliste de la comédie, en goûtèrent moins les hardiesses; de l'autre, le poète en usa avec d'autres intentions : inspirées d'abord par le pur esprit de Dionysos, par le désir de faire rire innocemment aux dépens de l'honnêteté, il est impossible que ces satires ne se

soient pas converties un jour en armes de guerre. Ce changement eut lieu quand le sentiment religieux eut ù lutter avec la philosophie, c'est-à-dire au moment de la guerre du Péloponnèse. Plus tard, la lutte finie, ces satires persistèrent, comme un reste de la tradition, inais sans éveiller le même intérêt qu'auparavant. C'est ulors que la comédie de mœurs remplaça la comédie ancienne. Voilà comment les choses ont dû se passer, bien, qu'à vrai dire, il soit fort difficile de juger dans quelle mesure l'écrivain, en attaquant tel ou tel dieu, telle ou telle pratique religieuse, obéit à la coutume ou à un secret désir de polémique. Le rire comique couvre toutes les intentions du poète, et les absout.

Au temps d'Aristophane, entre les Acharniens et le Plutmy la comédie n'a pas encore perdu complètement son caractère primitif, bien qu'on en sente, d'une pièce à l'autre, la transformation visible; mais le public n'est plus le même. A côté de la grande majorité des spectateurs, gens du peuple, sur qui la religion, bien que mal comprise, a le même empire, il y a une minorité de libertins. Est-il possible que le poète ne fasse rien pour elle, ou, qu'à son insu, il n'ait pas subi la contagion? Présenter Aristophane comme un libre penseur serait une sottise, mais, vouloir qu'il n'ait jamais mis aucune malice dans ses irrévérences, en serait peut-être une autre. Malheureusement, c'est une tâche fort délicate que de chercher dans les pièces des comiques la trace des sentiments divers qui animaient alors les Athéniens, et, plus délicate encore, celle d'y chercher le reflet de leurs sentiments personnels dans les questions religieuses. La liberté de la comédie arrête et défie presque notre analyse. Comme elle admet tout, on ne sait jamais si c'est à elle ou au poète qu'il faut imputer ses audaces. L'ironie

antireligieuse d'Euripide prouve son incrédulité; le sens de l'ironie d'Aristophane nous échappe. Essayons cependant, sinon de découvrir ses opinions, au moins d'établir, en faisant la revue de ses épigrammes contre les dieux et les choses divines, des distinctions aussi précises que possible. Peut-être serons-nous sur le chemin de la découverte.

Les pièces qui nous auraient fourni le plus de renseignements sur le sujet qui nous occupe sont précisément celles dont il ne reste rien, bien qu'elles fussent les plus nombreuses. Sur les cent soixante -dix-sept titres de comédies anciennes qui nous sont parvenus, soixante-dixneuf se rapportent à des sujets mythologiques. Les poètes tragiques et les dieux faisaient les frais de ces divertissements, oiîi les divinités se montraient aux hommes dans le costume et dans les attitudes les moins propres à inspirer le respect. On empruntait à leurs légendes tous les récits qui se prêtaient à une transposition comique, et on les mettait en scène, sans égard pour le sérieux de la religion. Les événements de la vie des dieux qui s'accommodaient le mieux de ces travestissements étaient leur naissance et leur mariage; on comprend pourquoi. 11 suffisait de se méprendre, volontairement ou non, sur le sens mythique des unions et des enfantements divins, pour y trouver un texte inépuisable d'allusions ordurières. Presque tous les poètes comiques, y compris Aristophane, ont travaillé dans ce genre facile. Il y avait des comédies sur la naissance d'Athéna, sur celle d'Aphrodite, de Pan, de Zeus, des Muscs, de

Dionysos, d'Arôs, d'Héraclès; tout rOlympe y a passé. De même pour les mariages : Épicharme avait donné le premier modèle dans les noces d'IIébé; les poètes de la comédie ancienne l'imitèrent et écrivirent le Sînriafje sacré, parodie des noces de Zeus et liera, le Mariage d'Héraclès, Les dieux et les héros de l'épopée et de la tragédie traversent tous la scène comique, en travesti, avec des membres difformes, des faces grimaçantes, un accoutrement ridicule et des poses lubriques. Pour avoir une idée exacte de cette antithèse, il faudrait, dans un musée d'antiques, en face des statues de héros ou de divinités, disposer les bonshommes grotesques en terre cuite, qui en sont une sorte de réduction spirituellement défigurée.

Nous ne pouvons nous faire de ces comédies mythologiques qu'une idée très imparfaite; il est utile néanmoins de montrer par quelques exemples jusqu'où elles pouvaient descendre. Bien qu'irrespectueux à l'égard de tous les dieux, comme ils en avaient le droit, les poètes savaient pourtant choisir ; leurs plaisanteries changeaient de ton selon la divinité qui en était l'objet. Avec les unes on se permettait tout; on était plus réservé avec quelques autres. Il en est deux surtout qui ont été moins épargnées, Dionysos et Héraclès, l'un parce qu'il est le créateur et l'inspirateur de la comédie, l'autre parce qu'il se rapproche le plus de l'humanité^

Dionysos était en même temps le dieu de la tragédie et de la comédie. Le génie instinctif des premiers âges semble avoir voulu marquer par là que les deux genres, bien que l'un fût la parodie de l'autre, provenaient de la même source. La nature de Dionysos est double et son action produit des effets très différents. Son culte est le culte de l'enthousiasme et de la passion en même temps

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que du plaisir et de la gaîté. Ainsi l'ivresse exalte et abat, attriste ou réjouit, donne des ailes à la joie ou des larmes à la douleur. L'excitation de la sensibilité peut conduire à l'héroïsme ou à la bestialité. Cette admirable conception de Dionysos explique mieux que toutes les considérations historiques ou esthétiques la pensée profonde d'où la tragédie et la comédie sont nées ; elle rend compte de leur parenté comme de leurs contrastes. Le dieu terrible et beau, dépeint par Euripide, qui a parcouru la terre en triomphateur, le dieu dompteur de lions et de panthères, qui fait trembler le sol et renverse à son gré les palais des rois, le dieu qui dirige et lance sur les sacrilèges sa troupe de ménades, le dieu des fureurs irrésistibles et des passions sanglantes*, est aussi le dieu que nous voyons dans Aristophane, juché sur un âne, laid et ventru, tremblant sous la peau de lion dont il s'est affublé, plus poltron encore et plus vulgaire que Tesclave dont il est suivi*. C'est le dieu de la comédie; la niature étale en lui l'effronterie de ses concupiscences et sa crainte de la mort, comme elle déploie dans Tautre sa divine énergie.

Le type du Dionysos comique, bavard, poltron, sensuel, épris d'art et de poésie, bien qu'il n'y entende pas grand'chose, vivante caricature du bourgeois d'Athènes, se retrouve dans plusieurs comédies. Tel était sans doute son portrait dans le Dionysalexandros de Cratinus, et surtout dans les Taxiarqîies d'Eupolis. Le poète, dans cette dernière pièce, avait mis en présence un rude homme de guerre, Phormion, un Athénien de vieille roche, honnête, dévoué, dur à lui-même et aux autres, et, sous le nom de Dionysos, l'Athénien moderne, pares-

i. Euripide, Baeehantei, passim.

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