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LA RELTaiON. 235
€ Pardieu, s'écrie ITéraclès, voilà une partie plus belle KQue celle des jeux Isthmiques* ! » Et après cet admirable trait de parodie, où THéraclès de l'épopée est si cruellement raillé par celui de la comédie, Platon nous montre ce dernier sortant, dépouillé de tout, du bouge où il a été jouer sa gloire.
Nous pouvons descendre plus bas et rencontrer au dernier degré de la farce lubrique une divinité encore moins respectée qu'Héraclès ou Dionysos ; c'est Cypris Aphrodite. Voici comment le même Platon Ta traitée, dans sa comédie intitulée Phaon. Ce Phaon était un batelier qui transportait les passagers de Lesbos sur le continent. Cypris déguisée en vieille femme lui demanda un jour de la faire passer gratis; il y consentit. La déesse, pour le récompenser, lui donna un parfum aphrodisiaque avec lequel il attirait à lui toutes les femmes prises de désir. On devine quelle pièce un poète comique pouvait tirer d'une pareille légende. Athénée nous en a conservé un long passage. Aphrodite, transformée en pourvoyeuse de prostituées, protège son amant de cœur Phaon contre l'assaut des femmes qui voudraient forcer la porte der- . riôre laquelle il se tient caché. La déesse leur déclare qu'elle ne livrera Phaon à leurs ardeurs que si elles promettent de lui faire les sacrifices qu'elle énumère longuement. L'énuméralion de ces sacrifices et des divinités, attributs divinisés de Cypris, auxquelles ils seraient offerts, n'est qu'un infâme bouquet de jeux de mots malpropres 2. La langue de Marot, de Rabelais et de Régnier ne suffirait pas encore à traduire ces vers; il faudrait y ajouter le langage des bouges où ces prupos étaient tenus par les matelots du Pirée.