‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 131 sur 242 · A'a(îC5, 900 et l-ïv · texte numérisé non relu

A'a(îC5, 900 et l-ïv

LA RELIGION. 24t

plaisante ; elles viennent d'une bouche suspecte; c'est dans les deux cas un défenseur de la mauvaise cause, un représentant des sophistes qui parle, et ses blasphèmes peuvent et doivent sans doute être considérés comme une critique des hardiesses de la sophistique. Il n'en est pas moins vrai que l'attaque reste sans réponse, qu'elle entre dans l'esprit des spectateurs les plus disposés à l'accepter, et y fait son chemin. Plus tard les mêmes objections seront reprises par la critique antireligieuse. Ces quelques mots sont en définitive le résumé comique de toute une réfutation philosophique de la Providence. Aristophane a l'air d'en prendre facilement son parti; ce pieux conservateur laisse l'impiété s'épanouir à son aise; il lui suffit qu'elle soit condamnée à la fin de la pièce pour se croire quitte avec Zeus. Ordinairement, quand un croyant imagine un dialogue entre le bon Dieu et le diable, celui-ci ne produit que des arguments misérables, vite repoussés par des ripostes sans réplique. Dans Aristophane le diable est puni, mais c'est lui qui a raison; il est difficile de croire que le poète ne s'en soit pas aperçu.

Dans la même pièce et dans la même scène, ïlnjmte conseille à Phidippide de se livrer à toutes ses fantaisies, de boire, de danser, de faire l'amour à son gré. S'il est surpris en flagrant délit d'adultère, il se défendra en citant l'exemple de Zeus qui ne sut pas résister à sa passion pour les femmes, t Gomment, simple mortel, pour- > rais-tu avoir plus de puissance que Zeus * ? » Ici, ce n'est ; pas seulement la providence et la justice de Zeus qui sont ' mises en jeu; la loi morale est atteinte, qu'Aristophane l'ait voulu on non. Comme elle tire de l'autorité divine

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