‹ Aristophane et l'ancienne comédie attiqueChapitre 134 sur 242 · Plutus, i 186 et suiv · texte numérisé non relu

Plutus, i 186 et suiv

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séjour du rien, chez les Cerbériens, au diable, dans le Ténare *? » L'accumulation des questions, remploi de certains mots significatifs, intraduisibles en français, trahissent l'ironie de l'auteur. On la retrouvera plus nettement marquée dans cette apostrophe emphatique d'Eaque à Dionysos, déguisé en Héraclès : c Misérable 1 impudent! effronté! scélératl triple scélérat! archi scélérat! Toi qui as empoigné par le cou le chien Cerbère que je gardais, et t'es enfui en l'emportant. Mais je te tiens maintenant, et tu ne m'échapperas pas. Les durs rochers du sombre Styx, les pierres dégouttantes de sang de TAchéron te gardent, et les chiens rôdeurs du Cocyte, et rhydre aux cent têtes déchireront ta chair, et la murène de Tartésia s* attachera à tes poumons, et les Gorgones de Tithrasia fouilleront tes reins et tes entrailles. Je vais m' élancer à leur recherche d'un pas rapide *. » Cependant Eaque roule des yeux terribles dans son masque grotesque, en hurlant devant Dionysos ces vers remplis d'indignation tragique (ils sont parodiés d'Euripide), et ce seul cliquetis de mots sonores est une satire. L'enfer officiel n'est pour le poète qu'un lieu commun à déclamations.

Nous l'avons vu toucher successivement à la Provividence, à la justice, à la morale, aux peines de l'autre vie, c'est-à-dire aux croyances qui sont le fondement de la religion. Les sophistes ne faisaient pas autre chose. Le génie d'Aristophane est si souple, si prompt aux volteface, si abondant en palinodies, que Ton craint toujours (le se méprendre sur sa véritable pensée. Ce serait déjà trop pour la piété d'un vrai croyant, que l'on pût s'y iromper. De toutes ces scènes d'une bouffonnerie extra-

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