Criilinus, fr
t. Cralinus, fr. 57, 6. Eupolis, fr. 2ii.
LA RELIOION. 219
sur la terre, prépare un sacrifice, l'odeur de la viande attire Hiéroclès. Gomme les oiseaux de proie autour d'un champ de bataille, les devins rôdent autour des autels. Timidement d'abord, puis solennellement et avec force formules amphigouriques, Hiéroclès proteste contre le retour d'Eiréné ; mais comme après tout c'est là son moindre souci, il finit par réclamer une part de la victime. Trygée reconduit et le fait fustiger par son esclave, t J'en atteste... s'écrie Hiéroclès. — Et moi aussi, répond Trygée, que tu es un goinfre et un imposteur *. » Même scène, ou à peu près, dans les Oiseaitx. Le bruit de la fondation de Néphélococcygie s'est répandu aux environs. Aussitôt, corbeaux de toute espèce d'accourir, poètes, astronomes, employés des finances, marchands de décrets, sycophantes, marchands d'oracles : une ville ne se fonde pas sans musique, sans impôts, sans procès et sans oracles. Un devin, très au courant de l'avenir, récite àPisthétère les prescriptions d'un oracle burlesque; la première est de lui donner un manteau, des souliers, du vin et une part de la victime. Malheureusement pour le devin, Pisthétère, qui a de l'esprit, interprète l'oracle autrement que lui; le langage des oracles est si obscur qu'on y peut lire, sans crainte d'erreur, les choses les plus inattendues. Pisthétère lit donc que le devin menteur qui, sans être invité, viendra réclamer un morceau de la victime, devra être rossé, fût-il Lampon ou Diopithe *. Ainsi le peuple se vengeait par des chansons de la crainte que les devins lui inspiraient, c Les oracles de Loxias sont inébranlables, dit i'Oreste d'Euripide, mais je me moque de la divination des mortels '. i